Cameroun- Approvisionnement en Eau et énergie : Gaston Eloundou Essomba fait le bilan

Cameroun- Approvisionnement en Eau et énergie : Gaston Eloundou Essomba fait le bilan
Lors de son passage, ce lundi, devant le parlement camerounais, le ministre de l’eau et de l’énergie Gaston Eloundou, a indiqué que pour résorber l’insuffisance en eau portable dans les localités du pays, le gouvernement de la République a entrepris au cours de la première phase du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut), 900 forages et 19 systèmes d’adductions d’eau potable, tant en zone rurale qu’en milieu urbain ou périurbain.
Le 25 novembre 2020, le Premier ministre chef du gouvernement a fait des prospectives lors de la présentation du Programme économique, financier, social et culturel de l’exercice budgétaire 2021. L’une des priorités du secteur de l’eau et de l’électricité sera d’achever la construction de plusieurs infrastructures afin de transporter l’énergie produite à partir des barrages hydroélectriques. Selon les chiffres du Programme économique, financier, social et culturel de l’exercice budgétaire 2021, le nombre de forages construits au cours de la première phase du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut) est de 900, pour 19 adductions d’eau potable. Pour la seconde phase du Planut, le Cameroun à travers le ministère de l’Eau et de l’énergie (Minee) doit encore construire 3 000 forages. Lors de son passage devant la chambre basse du parlement, le ministre Gaston Eloundou Essomba, a promis construire Dans le cadre de ma mise en œuvre du Plan d’urgence triennal, 900 forages et 19 systèmes d’adduction d’eau potable sur l’ensemble du territoire. Le taux de réalisation de ce projet titanesque est de l’ordre de 97%. D’après le ministre Gaston Eloundou Essomba, ce projet va desservir à ce jour, 210000 âmes. « La phase II qui vise la construction de 3000 forages dans le septentrion a démarré par une première tranche de 588 forages. Ladite tranche a un taux d’exécution actuel de plus de 75%, ce qui permet de contribuer à la desserte en eau potable de 110250 âmes supplémentaires », ajoute-t-il. Selon lui, « une deuxième tranche est déjà en cours d’exécution et prévoit la construction de 469 forages supplémentaires. Elle affiche déjà un taux d’exécution de 50% qui permet d’améliorer la desserte en eau d’une population additionnelle de 5 8750 âmes ».
350 stations Camwater reparties dans huit des dix régions
Dans l’optique de la mise en place d’un programme optimal d’investissement en milieu rural, un projet d’études et de préparation d’un programme d’Approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural (projet d’études-Mru), couvrant les dix régions est en cours de mise en œuvre. Financé par la Banque Africaine de developpement (BAD), ce projet a pour objet, la réalisation des études techniques d’avant –projet sommaire de 350 et d’avant-projet détaillé de 300 mini- systèmes d’Aef en milieu rural. La mise sur pied de ce programme permettra à moyen terme, d’avoir des projets matures pour la réalisation des ouvrages d’eau potable dans 350 localités reparties sur toute l’étendue du territoire national. De plus, les 350 stations Camwater reparties dans huit des dix régions du triangle national feront l’objet d’un programme de réhabilitation. Les études de faisabilité sont en cours de mise en œuvre, avec le concours de la société China National Machinery Industry Corparation. Il convient de rappeler que ces stations avaient été réalisées sur l’ensemble du territoire national dans les années 1980, sur le financement Danois, pour alimenter des villages hors du périmètre de la Camwater faute d’entretien et de moyens adéquats pour leur ravitaillement en carburant, ces importantes infrastructures avaient cessé de fonctionner, ont été laissées à l’abandon et vandalisées. Il n’est pas inutile de rappeler ici que chaque année, des provisions budgétaires sont prévues pour la réalisation des forages équipés de pompes à motricité humaine et des mini-adductions à travers les 360 arrondissements du pays, par le biais des ressources transférées aux communes.
La capacité totale de stockage d’eau est passée de 201 698 m3 en 1 998 à 26 8532 m3, en décembre 2020.
La comparaison des données issues des deux dernières décennies permet d’établir une certaine progression des indicateurs. Il ressort de ces indicateurs que la Camwater est passée de 99 à 116 centres équipés sur les 213 qui lui ont été concédés. De plus, elle dispose désormais d’une capacité installée de 82 4484m3/ jour, soit une progression d’environ 46%. La capacité totale de stockage quant à elle est passée de 20 1698 m3 en 1 998 à 268 532 m3, en décembre 2020. La Longeur du réseau est désormais de 7 372 km, pour un taux d’accroissement de 51% et le nombre total d’abonnés atteint est de 476 181 soit une progression de plus de 50%, en vingt-deux ans. Le rendement de production qui demeure dans de bonnes proportions est passé de 90% en 1998 à 93,5%, en décembre 2020. Ce que dans le périmètre urbain et périurbain concédé à la Camwater, plusieurs projets ont été réalisés, notamment dans les grandes métropoles et centres secondaires.
Ainsi, en vue de l’amélioration de la desserte en eau portable dans la ville de Douala, il a été question de la construction de la station de production de Yato 2, avec une production supplémentaire de 100 000 m3/jour, mise en exploitation, le 26 novembre 2014 ; la mise en service de la canalisation de transport d’eau traité reliant Yato 2 à Deïdo et du tuyau sur le fleuve Wouri qui a permis le transit de la production de Yato vers la ville, la construction de trois nouveaux châteaux (Logbessou 3000m3 , Nyalla 3000m3 , Koumassi 1000m3) améliorant ainsi la qualité de service des zones desservies. La construction de plus de 40 000 mètres linéaires de canalisation, la construction de 11 forages d’exploitation, dont la production cumulée permet d’injecter dans le réseau 30 000 m3 / jour. Pour la ville de Yaoundé, l’essentiel des travaux de renforcement de la desserte en eau concernait l’extension de la capacité de production de la station d’Akomnyada, de 85000 m3 /jour supplémentaires soit une augmentation de 70% ; la réalisation de la station de la Mefou d’une capacité de 50 000m3 /jour ; la construction du réseau de distribution de la ville de Yaoundé sur un linéaire de 120 400 mètres. Les dits travaux ont permis de réduire considérablement le déficit d’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé. Et afin de résorber définitivement à l’horizon 2035, le gouvernement a mis en place le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs, à partir du fleuve Sanaga (Paypys) dont les travaux sont actuellement en cours.
Ce projet, qui affiche actuellement un taux d’exécution global de 75% et dont l’achèvement des travaux est prévu pour fin 2022 apportera une production supplémentaire de 300 000 à 400 000 m3/ jour l’alimentation de la ville de Yaoundé et ses environs (Batchenga, Obala, Nkometou, Soa, Ntui…). Au Cameroun, l’approvisionnement en eau potable des populations est assuré à travers des ouvrages de production et des systèmes de distribution qui peuvent varier suivant la zone couverte. Les problèmes se posent donc différemment, selon que l’on se trouve en milieu urbain et périurbain ou en zone rurale.
Le milieu urbain et péri-urbain est constitué de 213 centres confiés à la Camwater par un contrat qui la lie à l’Etat du Cameroun. A ce jour, elle gère 116 centres équipés et fonctionnels, 98 stations de traitement et 32 stations de reprise. Elle dispose d’une capacité installée de 82 4484m3/ jour, d’une capacité totale de stockage de 268532 m3 et affiche est de 7 372 km et le nombre total d’abonnés atteint 474 181. En milieu urbain, l’accroissement continu des populations entraine, du même coup irréversiblement l’accroissement des besoins en eau. Malheureusement le rythme des investissements ne suit pas toujours cette tendance du fait des ressources limitées. Actuellement, Camwater fait face à des problèmes d’ordre structurel, technique et financier qui affectent la qualité du service. Au plan structurel, il convient de noter qu’en milieu urbain, l’offre reste inférieure à la demande, avec un taux de couverture nationale d’environ 55% et un taux de desserte qui oscille autour de 45%. Ces chiffres traduisent à suffisance, un besoin significatif en infrastructures de production et de distribution de l’eau portable.
Au cours de ce même passage, le Minee est aussi revenu sur les questions de fourniture en énergie électrique.
Dans les segments production, transport et distribution, les problèmes de fourniture l’énergie électrique se posent différemment sur l’ensemble du territoire, selon que l’on se trouve dans le Réseau Interconnecté Nord (RIN), dans le Réseau Interconnecté Est (RIE) ou dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS).
Le Réseau Interconnecté Nord (RIN) couvre les trois Régions septentrionales (l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord) dont le faible taux d’accès à l’électricité, préoccupe le Gouvernement.
D’un linéaire de 3.432 km, le RIN est constitué d’un parc de 68.640 en supports en bois. Compte tenu de leur âge, ces poteaux méritent d’être remplacés.
Dans l’ensemble, les populations de ces Régions subissent des rationnements quotidiens qui se sont accentués depuis octobre 2020, à cause de la baisse de l’hydrologie observée au barrage hydroélectrique de Lagdo, principal ouvrage de production de l’énergie électrique du RIN, appuyé par les centrales thermiques de Garoua- Djamboutou, Ngaoundéré, Maroua et Kousseri.
Le Réseau Interconnecté Est (RIE) couvre uniquement la Région de l’Est. Tout comme dans le RIN, le taux de couverture de la Région de l’Est en énergie électrique est faible.
La particularité dudit réseau est que, contrairement aux RIS et au RIN qui abritent des ouvrages hydroélectriques, la Région de l’Est est, pour l’instant, entièrement alimentée par des centrales thermiques, soit six (06) centrales thermiques gérées par le concessionnaire ENEO à Bertoua, Garoua-boulai, Betaré-oya, Yokadouma, Moloundou et Lomié et quatorze (14) autres gérées par les Communes.
La principale source de production dudit réseau est la centrale thermique de Bertoua, d’une puissance installée de 17,6MW et une disponibilité de 13MW mais qui, depuis le mois de mars se situe entre 8 MW et 12MW. Elle couvre seulement 11 communes sur 33 que compte la Région de l’Est dont Bertoua et certaines villes environnantes (Abong-Mbang, Batouri, Belabo-Minta, et Diang).
Les cinq (05) autres centrales thermiques (Garoua-Boulai, Betaré-oya, Yokadouma, Moloundou et Lomie) fonctionnent en mode iloté, c’est-à-dire de manière isolée.
Le Réseau Interconnecté Sud (RIS) est constitué de six Régions Méridionales à savoir le Centre, le Littoral, l’Ouest, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud. Ce réseau a l’avantage de disposer d’un énorme potentiel en matière d’hydroélectricité, de loin la principale source de production d’électricité au Cameroun, l’essentiel de ce potentiel se trouvant dans le bassin versant de la Sanaga. C’est pourquoi de grands projets hydroélectriques ont été réalisés ou en cours dans cette partie du pays.



