Cameroun: Le maire de Kribi sur les traces de Tsimi Evouna

Depuis sa prise de fonction technique le 4 Mars dernier, le nouveau maire de la grande ville de Kribi, Guy Emmanuel Sabikanda, casse tout sur son passage. Du marché à la gestion du personnel de la mairie, il met son écharpe en jeu, pour remettre de l’ordre dans la ville.
Si on le sait ténébreux dans le verbe, du faite de sa langue qu’il n’a pas dans sa poche, et réservé, tempéré par habitude, c’est une nouvelle face, de l’homme que l’on découvre depuis son entrée à la mairie de la ville le 4 Mars dernier. Guy Emmanuel Sabikanda, ne va pas d’une main molle, pour aller en guerre contre l’incivisme dans la cité touristique du Cameroun.
Et c’est au grand marché de la ville, que le magistrat municipal entame son combat. Accompagné de son mentor, le sénateur Grégoire MBA MBA « Guyzo » comme aime à l’appeler certains proche, frappe dans un lieu sensible, se mettant à dos les commerçants redoutés par certains. Avec une forte équipe des hommes de mains, il rase les entrées principaux, et voies de décernements occupés par ces derniers, et qui impactent sur la circulation à la fois dans la ville et le marché. Mêmes pas les cris, de ces hommes et femmes, dont dépendent des centaines de familles ne va faire plier l’homme. « On casse d’abord, ensuite on réfléchit après «
Cette action, peu comprise dans le contexte pour la grande majorité, se justifie selon lui. Il affirme d’ailleurs à cet effet « vous savez le marché, bien que n’étant pas là porte d’entrée de la ville, il n’en demeure pas moins, qu’au vue de sa position géographique, est l’une des vitrines de la cité et on ne peut pas laisser le désordre perdurer à cet endroit, ce serait d’abord suicidaire sur le plan sécuritaire, pour ces commerçants eux-mêmes, ensuite pour l’ensemble des populations qui y vont. » il ajoute « vous savez avec tout ce qui arrive de plus en plus dans la ville, en terme de trafic et démographique, il faut prendre des mesures dès maintenant. Enfin la vision est de remettre ce marché à sa définition première tel qu’il a été conçu, on ne peut pas vendre tout n’importe où et n’importe comment, non ! Ce marché doit être secouru par d’autres marchés environnants et c’est ce que nous allons faire. «
Et comme ci, cela ne suffisait pas, l’actualité sur la pandémie du virus corona, est encore venu, enfoncer le clou pour des commerçants déjà meurtris, par les actions de casses du maire. Ce 24 Mars, le maire comme à son habitude, surprend les commerçants en décidant de fermer systématiquement les boutiques des produits non essentiels, afin de réduire le flux de personnes dans le marché, pour prévenir les éventuels cas de propagation du virus, ceci faisant suite aux mesures gouvernementales de lutte contre la pandémie au Cameroun.
Une action forte, qui finira par une geste de coeur du maire après une longue concertation avec les principaux responsables des groupes et associations des commerçants. « Nous comprenons les doléances des commerçants, je crois que le marché s’ouvrira deux fois par semaine, pour ses groupes reccement ciblés dans les fermetures. » conclut le maire plus détendu, à notre rencontre ce matin.
Autres coins même méthode, la gestion proprement dite de la mairie. Alors que le maire vient de convoquer, le conseil municipal en session ordinaire, pour l’adoption du compte administratif et financier de 2019, Guy Emmanuel Sabikanda, là encore surprend son personnel en annonçant des mesures fortes, liées aux indemnités, qu’il juge excessif, voir fantaisiste aux vus, des recettes de la commune. La méthode consiste à maîtriser les charges fiscales de la mairie. Dans cette vaine, la réduction des effectifs n’est pas à exclure. » Nous avons constaté depuis que nous sommes là, qu’il y en a certains qui ne savent pas ce qu’ils font ici. J’en vois certain après deux à trois jours. » lancé le maire au début de ces propos à l’ouverture du conseil.
Il va d’ailleurs insister pour une comptabilité matière profonde afin d’y voir clair, avant de prescrire un audit. C’est donc sous un oeil que dorment désormais les populations de Kribi, ne sachant à quel moment monsieur le maire décidera de sortir pour frapper. En attendant certains continuent d’attendre de le voir se déployer sur d’autres fronts, tels que l’éclairage public, la fourniture en eaux des ménages au moment où les mesures sanitaires appellent les citoyens au lavage constant des mains, dans une ville qui connaît d’énormes problèmes d’eaux. Bref c’est tout le programme de la ville intelligente que l’on entend voir se déployer.



