Cameroun- Couvertures vaccinales : Les chiffres en chute libre

Cameroun- Couvertures vaccinales : Les chiffres en chute libre
Les rumeurs au sujet de la pandémie mondiale liées à Coronavirus et de surcroit la polémique autour des différents vaccins y relatif aiguisent la stigmatisation et la méfiance des camerounais. Par conséquent, le taux de couvertures vaccinales des autres maladies continue de chuter.
Depuis l’avènement de la pandémie mondiale actuelle ( Mars 2020), les camerounais peinent à se rendre à l’hôpital pour se faire soigné encore moins pour prendre un quelconque vaccin. La polémique créé par les réseaux sociaux ( vidéo, intox, fake news) a réussi à semer le doute dans l’esprit des camerounais. Ainsi, la crainte de contracter la maladie ou de servir de sujet d’expérience, rend de plus en plus méfiant. A l’observation des couvertures vaccinales au Cameroun, les chiffres ont considérablement baissés. « Chaque semaine on fait une analyse des statistiques sur le plan national. C’est grave. Les chiffres des personnes vaccinées sont relativement bas. Car dès que le Covid est arrivé, la population a commencé à présenter des signes de méfiance. Ils se disaient qu’à travers les vaccins, on va leur donné la maladie. D’autres craignaient même de se faire vaccinés de peur d’une potentielle contamination au cas où ils se rendraient dans des formations sanitaires. Aussi, l’avalanche des rumeurs à travers des vidéos publiées dans les réseaux sociaux, les fausses informations et bien d’autres ont joué un grand rôle de déstabilisation dans l’esprit des camerounais. Ce qui a conduit aujourd’hui à ce qu’on a appelé, l’hésitation vaccinale. D’où des multiples interrogations sur la qualité des différents vaccins, leur véritable rôle. », confie Amani Adidja, le sous directeur de la vaccination au Ministère de la santé publique. La dernière campagne de vaccination, tenue du 25 au 30 mars 2021, qui ciblait trois régions dont le Littoral, le Sud-Ouest et le Sud, est une flagrante illustration. c’est à peine 50% de couverture vaccinale réalisée ( soit la moitié des personnes prospectées qui s’y sont opposées). Pourtant, selon le sous directeur de la vaccination au Ministère de la santé, « D’habitude pour les campagnes de vaccination contre la maladies qui tuent comme le choléra, on est entre 80 à 90%. Donc quand on descend à 50%, il y a problème. Et puis, durant cette dernière descente, on nous a versé l’eau dessus à certains endroits. »
De ce fait, pour redresser la pente, une opération de séduction est engagée. A l’occasion de la semaine de la vaccination placée sous le thème « les vaccins nous rapprochent », une série d’activités, est organisée. Hier, 27 avril, une table ronde ayant regroupé les représentants des différentes couches sociales vient permettre de comprendre les réelles motivations de cette psychose sociale. D’où le thème de circonstance « surmonter l’hésitation vaccinale au Cameroun. ». Pour la sous directrice de la vaccination au Minsanté, « C’est vrai que le thème de la semaine mondiale et la semaine africaine de la vaccination est « les vaccins nous rapprochent », mais dans notre contexte particulier, dominé par des rumeurs, la désinformation ; on a dit qu’il faut surmonter la désinformation vaccinale. Donc, ceci est spécifique à nos réalités. »

La présence des experts à cette table ronde aura permis aux différents participants de rentrer avec une idée un peu plus convaincu de la nécessité du vaccin. Notamment, Augustin Bala, maire de la commune de Yaoundé 5.
« Maintenant, nous préparons les journées nationales de vaccination (JNV) pour la poliomyélite dans les 191 districts de santé, les 07 et 08 mai prochain. A travers cette sensibilisation, on espère qu’on aura un bon accueil au niveau des familles. », espère Amani Adidja, le sous directeur de la vaccination au Ministère de la santé publique.
A titre de rappel, plus d’un milliards de doses de vaccin contre le Covid-19 ont déjà été administrés dans le monde, En Afrique, c’est plus de 16 millions. Seulement, au Cameroun, c’est moins de 10000 doses administrées.



