Université de Ngaoundéré – Le master professionnel a 10 ans

Les étudiants de cette promotion de cette formation ouverte et à distance sont réunis depuis le 14 juin et ce jusqu’au 25 juin sur le campus principal de Ngaoundéré. Il s’agit pour ce rassemblement de les initier aux travaux pratiques pour la maitrise des outils de la géomatique.
Les institutions universitaires font face à un déficit de plus en plus important d’infrastructures pour les apprenants. Le master professionnel en géomatique, aménagement et gestion des ressources ouvert à l’Université de Ngaoundéré depuis bientôt dix ans s’inscrit dans cette logique de faire face au manque d’infrastructures. Appliquant les systèmes de cours à distance, et les regroupements pour les sessions d’initiation aux matériels de la discipline, cette formation s’inscrit dans la recherche des solutions aux problèmes de développement auxquels font face les collectivités territoriales décentralisées.
A l’heure où les institutions de ce système de gouvernance sont progressivement mises en place, la nécessité pour ces collectivités de disposer des cadres qui maîtrisent les questions de l’aménagement de leurs territoires s’impose. De plus en plus courue et sollicitée par les chefs des exécutifs communaux, la formation en géomatique est pour ces collectivités un outil d’aide à la décision. ‘’Avec cette formation, nous proposons des outils d’aide à la décision. Nous sommes dans un contexte de décentralisation, il faut des techniciens à même de gérer les ressources humaines et matérielles.’’, explique le Pr. Michel Tchotsoua, coordonnateur pédagogique et scientifique du master Gager, avant d’ajouter, « Nos produits se retrouvent partout dans l’administration. Que ce soit au PNDP, au Minepat et dans les communes. Les candidats qui viennent de soutenir présentent des thèmes orientés vers le développement. C’est une avancée importante pour la science et la collectivité ».
En contexte de la lutte contre le corona virus, cette formation du master Gager de l’Université de Ngaoundéré vient relancer les débats autour du développement de la formation à distance. A côté de la résolution de la lutte contre le covid-19, le développement de la formation à distance contribue d’une manière ou d’une autre à la maîtrise des effectifs dans les universités. La bataille pour arriver à une formation à distance repose sur l’amélioration de la qualité de l’énergie électrique et le taux de pénétration de l’accès à internet.
Interview
« Aucun étudiant qui a fait la formation complète au Gager ne chôme »
Professeur Michel Tchotsoua, Coordonnateur Pédagogique et Scientifique du Master Gager

Ça fait dix ans que vous formez les étudiants en géomatique, aménagement et gestion des ressources. En cette période de covid-19, qu’est-ce qui fait la particularité de cette promotion ?
La particularité de cette promotion c’est que les regroupements se font de façon hybride, c’est-à-dire en présentielle et à distance. Il y a certains étudiants qui n’ont pas pu faire le déplacement de Ngaoundéré parce qu’il est dit que les regroupements se font sur place ici à Ngaoundéré, ainsi que même les examens. Compte tenu du contexte sanitaire qui est vraiment critique, certains étudiants n’ont pas pu faire le déplacement mais ils se sont déplacés vers les CNF (Campus Numérique Francophone) de leur pays de résidence. Ce qui fait que actuellement nous travaillons que ce soit les travaux pratiques ou les cours théoriques. On le fait de façon hybride avec des applications pour des cours à distance, nous faisons des partages d’écran et ce qui fait que ce soit avec Zoom ou Google meet. Nous sommes en train de travailler comme si nous étions tous en présentielle et ceci c’est vraiment la particularité de cette promotion parce que travailler en hybride, c’est depuis l’année dernière. C’était un peu titubant parce que nous tous on apprenait mais maintenant étant déjà devenus des spécialistes des enseignements à distance, ça devient un peu facile à combiner, à bidouiller à la limite pour donner satisfaction à nos apprenants qui sont au nombre de 26 venant de plusieurs pays.
D’où viennent les apprenants de ce master ?
On a des étudiants qui sont originaires de la Guinée Conakry, du Sénégal, Togo, du Burundi, d’Haïti. Ils sont là, ils nous suivent, on fait tout avec eux, il y a des Camerounais bien sûr, des Tchadiens, des Centrafricains, des étudiants venant de la RDC, du Congo Brazzaville, de la Cote D’Ivoire, du Bénin. Et donc on a vraiment toute une panoplie de pays qui sont concernés par ce Master de cette année. Mais pour la sélection on avait 158 dossiers pour 24 places, ça c’est aussi la particularité parce que nous sommes placés à 26 étudiants cette année. Compte tenu du fait que c’était très serré et puis on avait des étudiants même venant du pays du Nord et compte tenu aussi de la qualité de leur dossier, n’ont pas été retenus.
Comment gérez-vous une formation qui est si exigeante en termes de ressources ?
Oui vraiment très sincèrement, l’AUF joue un très grand rôle dans la diffusion de nos appels à la candidature dans la connaissance à l’étranger de ce Master parce que nos appels à candidature sont diffusés sur la plateforme de l’agence universitaire de la francophonie, ça a un aspect vraiment très important parce que les étudiants provenant d’Haïti n’auraient jamais su que nous sommes à Ngaoundéré. Au-delà de cet aspect lié essentiellement à la médiatisation, à la diffusion de nos appels à candidature et aussi du sérieux que les enseignants accordent à cette formation, c’est ce qui fait que depuis 10 ans nous sommes toujours là, puis on a des ambitions. Il y a aussi le fait qu’au tout début, en 2014, l’AUF a constitué à la formation des formateurs c’est-à-dire tous nos enseignants qui interviennent dans ce Master, la majorité aujourd’hui avait été formée à l’enseignement à distance par l’agence universitaire de la francophonie. Vous voyez, ça c’est quelque chose qui est vraiment salutaire, parce que nous on s’engageait dans cette formation tout simplement parce qu’on disait que nous sommes une université périphérique qui a des contraintes liées à sa localisation, ce n’est pas une raison que nous allons rester croître dans le retranchement et nous avons pensé à mettre sur pied ce master qui a reçu le soutien de l’agence universitaire de la francophonie sans toutefois oublier que l’AUF depuis la création de ce master, apporte un soutien aux jeunes étudiants c’est-à-dire les étudiants qui sortent du master 1 peuvent obtenir des bourses pour continuer directement en Master Géomatique et Aménagement et Gestion des ressources. Je signale que les 4 premières années, ceux qui suivaient le cour étaient pratiquement les fonctionnaires dans leurs intégralité, des gens qui comprennent l’importance de la géomatique dans leur activité quotidienne, dans leurs services qui venaient faire cours et l’étudiant lambda n’était pas en mesure de faire directement compte tenu du coût qui est très élevé par étudiant, l’autre aspect qui est aussi important est en ce qui concerne le soutien de l’agence universitaire de la francophonie, c’est que les étudiants étrangers payent les frais dans les CNF dans le compte de l’agence universitaire de la francophonie, ce qui facilite la tâche pour les apprenants. C’est après que l’AUF vire cet argent dédié a ce master ici à l’Université de Ngaoundéré, vous voyez que tous ces élément font que le soutien de l’AUF est capitale au rayonnement de ce master étant attendu que le sérieux des enseignants que je profite de l’occasion pour les saluer permet également que les étudiants viennent malgré la diffusion. Si les enseignants n’était pas sérieux, si de bouche à oreille, on ne voyait pas que le master Gager était vraiment quelque chose qui est porteur, on n’aurait même pas des étudiants. Je vous rappelle que chaque années on a minimum 150 étudiants pour 24 places.
Quel est le feedback que vous avez de vos anciens apprenants ?
Je voudrais vous dire très sincèrement et franchement, je suis satisfait des retours, nous avons créé ce qu’on appelle Gager Alumni. Tous les anciens étudiants sont dans ce groupe là et vous voyez tout ce qui se passe comme informations en terme d’insertion professionnelle je suis au courant. Je peux vous montrer le message que j’ai reçu hier d’un Togolais qui dit qu’il vient d’être recruté par la GIZ, mais à côté de ça il y a beaucoup d’étudiants qui ont créé leur propre bureau d’études. il y a un Béninois, il faut même que je trouve les étudiants qui sont là même pour retrouver le nom de cet étudiant qui a créé son propre bureau d’études qui tourne très bien et qui m’a donné un paquet hier, j’ai reçu le paquet mais je n’ai même pas cherchait à savoir qui est l’étudiant en question. Il faut que je rentre encore voir celui qui est là pour qu’il me dise effectivement il est de quelle promotion. Vous voyez ce sont là des indicateurs qui prouvent qu’effectivement que les étudiants sont satisfaits, ils trouvent de l’emploi. Pour le moment sans vous, sans mentir aucun étudiant qui a fait la formation complète au Gager ne chôme.
Au moment où la dixième promotion s’apprête à finir sa formation, qu’en est-il de l’appel à candidatures pour la prochaine promotion ?
Je ne voudrais pas seulement dire que c’est une formation futuriste, c’est une formation hautement nécessaire pour l’Aménagement, la Gestion des ressources, pour le développement tout court. Que ce soit la commune, que ce soit le ministère, que ce soit les organisations de la société civile, chacun a besoin d’un géomaticien, la gestion de l’information à référence spatiale est la clé de l’aménagement du territoire, la clé de la gestion des ressources, la clé du développement. Donc que vous savez ça c’est ce que j’ai vu dernièrement sur internet, la géomatique est la science qui donne le plus de travail aux États-Unis maintenant à la jeunesse. À plus forte raison dans nos pays où tout est encore à faire, vous voyez, le géo-référencement, la création de couche d’informations pour pouvoir gérer par exemple une collectivité territoriale décentralisée doit connaitre ce qui se trouve dans son territoire en termes de ressources, en termes de contraintes, en termes de population, en termes de qualité de cette population. Vous voyez donc vraiment, ce Master à mon avis, j’aurais bien souhaité que beaucoup d’autres Master de ce genre se créent, pourquoi pas une école doctorale professionnelle pour cette formation, c’est la chose qu’on devrait normalement encourager. Et pour terminer, je dirais que actuellement, nous avons lancé l’appel à candidatures qui prend fin le 27 de ce mois sur la plateforme de l’agence universitaire de la francophonie, après sous la houlette de madame le recteur de l’Université de Ngaoundéré, nous allons faire la sélection qui est vraiment rigoureuse de façon transparente et basée sur la compétence des apprenants.



