Semaine de sensibilisation aux droits digitaux – Les jeunes étudiants édifiés

En prélude à la célébration de la journée mondiale des droits de l’homme du 10 Décembre 2023, l’association PROTEGE QV (Promotion des Technologies Garantes de l’Environnement et de la Qualité de Vie), avec le soutien de l’Association pour le Progrès des Communications (APC), a organisé une semaine de sensibilisation aux droits digitaux ou droits de l’homme adaptés à l’espace numérique, du 4 au 9 Décembre 2023.
C’est dans cette perspective que s’est tenu au Centre Jean XXIII de Mvolyé à Yaoundé le vendredi 08 Décembre 2023, un atelier hybride (en présentiel et en ligne), au bénéfice d’étudiants des universités, Instituts d’enseignement supérieur et élèves des grandes écoles du Cameroun.
Autour du thème ≪ protéger et promouvoir les Droits humains en ligne≫ et pendant plus de 5 heures d’horloge, la trentaine de participants a été édifiée, par le biais de nombreuses communications, sur une meilleure connaissance et compréhension des droits humains en ligne.
Ainsi, la première communication délivrée par Serge Daho, chercheur en ICT4D à PROTEGE-QV était intitulée: ≪ Quelques droits numériques et leur encadrement sur le triple plan international, régional et national.>>. De sa présentation, il est convenu de retenir que, ≪ l’internet de par les avantages qu’il confère ( coûts réduits, élimination des barrières géographiques, vitesse de communication, capacités de mobilisation…) a radicalement changé la façon dont les gens vivent et travaillent dans le monde. Mieux, il constitue aujourd’hui un moyen essentiel de la jouissance de nombreuses libertés fondamentales”.
Mais a poursuivi l’interlocuteur, l’internet n’est pas une zone de ≪ non-droit≫ et l’on assiste depuis le début des années 2000 à une tentative de régulation de cet espace par les États. Dans cette quête de régulation, les “États violent leurs engagements internationaux en matière de droits de l’homme”
Après cette première communication, la seconde, présentée par Rigobert Kenmogne, expert en droits numériques et Directeur exécutif de l’association Digital Access portait sur les << menaces numériques appliquées à l’espace civique.>>. Il convient de dire avec lui que, <<la protection contre la surveillance abusive et la censure sur internet est essentielle pour préserver un espace civique ouvert et inclusif. Renforcer la cyber sécurité des organisations de la société civile est crucial pour atténuer les risques posés par ces attaques informatiques >>.
Ensuite, M. Emmanuel Bikobo, informaticien et expert en sécurité numérique, s’est appesanti sur la problématique de << comment protéger ses données et sa réputation en ligne ?.>> De sa présentation, l’on a appris qu’une une bonne protection de sa réputation en ligne passe par la connaissance de son identifiant (nom), par la sauvegarde des données avec des mots de passe sécurisés, la sécurisation des données en utilisant des logiciels spécialisés tels que (Erase), l’utilisation des mots de passe à usage unique. Comme autres moyens de protection, « ne pas télécharger des logiciels ou applications méconnues, désactiver sa géolocalisation ou encore éviter de publier des contenus sensibles et cliquer de manière systématique sur des liens reçus sur des plateformes telles que Facebook ou WhatsApp ».
Dans la foulée, M. Arouna Mfenjou, activiste contre les Fake News et les discours haineux et dangereux en ligne, a renforcé la connaissance des participants sur la notion de << Fact- checking>>, entendez vérification des faits. De son exposé riche et interactif, l’on retient que la notion de Fact checking est née dans les rédactions américaines notamment dans les années 1923 au sein du Time magazine. Il englobe les termes de désinformation, mésinformation et la mal information. Il est important d’effectuer le fact checking pour ne pas se tromper et tromper les autres. Cela passe par la vérification des images à travers des applications fiables telles que (Yandex), qui permet de détecter une vraie ou une fausse image. Une séance pratique à d’ailleurs permis aux participants de toucher du doigt cette réalité.
La série de communications s’est achevée par celle de M. Maateuw Mbaye de l’association britannique de défense des droits humains ARTICLE 19, bureau de Dakar au Sénégal avec sa présentation axée sur l’outil interactif LEXOTA (Laws on Expression Online : Tracker and Analysis) sur la désinformation en Afrique et les réponses légales des États. L’on retiendra juste que cet outil est disponible en ligne et qu’il n’existe aucune loi au Cameroun relatif à la désinformation. Mais des actions sont entreprises par les gouvernements pour lutter contre ce phénomène et les auteurs sont passibles de sanctions comme ce fut le cas pour les journalistes Paul Chouta et Mimi Mefo. www.lexota.org
Au terme de cet atelier, les étudiants rencontrés, ont exprimé leur « satisfecit » quant à la qualité des enseignements reçus et ont promis de meilleures attitudes à l’avenir, une fois connectés sur les réseaux sociaux. Pour eux, cette initiative de PROTEGE-QV est salutaire avec le nombre sans cesse croissant de jeunes qui se rendent coupables (de manière consciente ou non) de dérives sur internet. Promesse a été faite par ces jeunes de sensibiliser à leur tour leurs proches mais aussi leurs autres camarades sur toutes les notions apprises durant cet atelier.
Myriane Djamegne



