Le maire d’Eséka exclu du PCRN pour une durée de six mois

Une sanction partisane aux conséquences électorales
Le Comité d’éthique et de surveillance du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) a prononcé une exclusion de six mois à l’encontre de Sylvain Moïse Tjock, maire de la commune d’Eséka, dans la région du Centre. Cette décision, rendue publique ce 21 janvier 2026, lui retire sa qualité de militant du parti présidé par le député Cabral Libii.
Un litige financier à l’origine de la mesure
La sanction fait suite à un litige financier opposant l’édile à un couple de la localité, M. et Mme Lingock. L’instance partisane a établi que Sylvain Moïse Tjock leur devait une somme globale de 2 037 600 francs CFA, soit 1 018 800 francs pour chacun des deux plaignants. Le comité a retenu que ces fonds étaient dus au titre de mandats de paiement irréguliers et antidatés, délivrés en connaissance de cause.
Dans sa décision, le comité a jugé que ces agissements constituaient des manquements graves au comportement attendu des cadres et militants du PCRN, en contradiction avec l’éthique défendue par la formation politique. Il a également fait référence à des infractions prévues par le Code pénal camerounais, telles que l’abus de confiance ou la concussion.
Une exclusion renouvelable et un enjeu électoral majeur
La sanction disciplinaire, d’une durée initiale de six mois, est conditionnelle. Le comité a précisé qu’elle serait automatiquement reconduite tant que la dette contestée n’aurait pas été intégralement remboursée aux plaignants. Cette temporalité revêt une importance particulière dans le calendrier politique national.
En effet, cette exclusion intervient alors que le PCRN, comme les autres formations politiques, finalise ses préparatifs pour les prochaines échéances municipales et législatives. Pour le maire d’Eséka, dont le mandat local arrive à son terme, la perte de sa carte de militant le prive de facto du droit à l’investiture de son parti pour briguer un nouveau mandat. Une situation qu’il perçoit comme une manœuvre politique liée à la période pré-électorale.
Réactions et perspectives
Interpellé sur cette décision, Sylvain Moïse Tjock a réagi sur ses canaux de communication, évoquant des « coups bas » fréquents en période électorale et affirmant sa détermination à « rester debout ». Il bénéficie du soutien public d’une partie de son équipe municipale, à l’image du conseiller Aminou Mohamadou, qui a défendu l’intégrité et la détermination de l’édile.
Le défi immédiat pour le magistrat municipal est désormais double : procéder au remboursement de la somme fixée par le comité d’éthique du PCRN et, ce faisant, ouvrir la voie à sa réintégration au sein de la formation politique, seule condition pour envisager une candidature sous sa bannière lors des futures consultations.



