Atemengue interroge la notion de citoyenneté face aux critiques du pouvoir

L’analyste politique Jean-Baptiste Atemengue a récemment soulevé une question fondamentale sur la nature de l’engagement civique au Cameroun lors d’une intervention médiatique. Développant son propos sur le plateau de l’émission « Le Club » diffusée par Bnews 1, il a déplacé le débat public au-delà de la simple critique des institutions pour interroger la responsabilité individuelle et collective.
Un questionnement sur l’essence civique
Pour l’intervenant, la facilité avec laquelle les critiques sont adressées à l’exécutif, notamment au président de la République et à son gouvernement, doit être contrebalancée par une réflexion sur la qualité du civisme. Il estime nécessaire d’examiner si les comportements observés dans l’espace public reflètent encore les attributs d’une citoyenneté active et responsable.
Atemengue a illustré son propos en évoquant le quotidien dans les centres urbains camerounais, qu’il décrit comme marqué par un certain relâchement des normes sociales et une perte des aspirations collectives. Selon lui, cette situation crée un paradoxe où les premières plaintes émanent souvent de ceux qui participent à cette dynamique.
La ville, un rêve en perdition
Pour étayer son analyse, l’analyste s’est appuyé sur une référence culturelle : la chanson « Je vais à Yaoundé » d’André-Marie Tala. Cette œuvre, selon lui, incarnait autrefois l’idéal urbain comme un territoire de rêve et de conquête pour l’étudiant, le paysan ou la jeune fille en quête d’avenir. La ville y était perçue à la fois comme un espace physique et une construction mentale porteuse d’espoir.
Le constat actuel, d’après Jean-Baptiste Atemengue, est celui d’un recul significatif de cet idéal. La question « Où est ce rêve ? » résume pour lui le problème central : l’affaiblissement d’une vision commune et mobilisatrice pour la société, un affaiblissement qui précède et nourrit, selon lui, les critiques adressées aux autorités.
Cette intervention invite ainsi à une introspection collective sur les fondements de la vie en société et sur les responsabilités partagées entre gouvernants et gouvernés dans la construction nationale.



