Politique

Cameroun : le MANIDEM récupère la dépouille de son président Anicet Ekane

Le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) a officiellement confirmé, ce mardi 24 février 2026, la remise de la dépouille de son président, Anicet Ekane, à sa famille. Cette restitution met fin à plusieurs mois de rétention du corps par les autorités.

Une longue attente pour la famille et le parti

Anicet Ekane, figure historique de l’opposition et président du MANIDEM, avait été interpellé en octobre 2025. Il est décédé peu après alors qu’il était détenu dans les locaux du secrétariat d’État à la Défense. Depuis lors, sa dépouille était restée sous contrôle des pouvoirs publics, une situation que le parti qualifiait de confiscation.

Dans un communiqué rendu public depuis Douala, la cellule de communication du mouvement, dirigée par le secrétaire national Bedimo Kouo, a pris acte de la décision des autorités de Yaoundé datée du 23 février. Le texte dénonce la durée de cette rétention, estimée à trois mois, et la présente comme un traitement contraire à la dignité humaine.

Un hommage national en préparation

Le MANIDEM a annoncé la mise en place d’un comité chargé d’organiser les obsèques de son leader. Un premier programme des hommages à rendre à ce qu’il nomme le « patriote-martyr » sera dévoilé dans les prochains jours. Le parti affirme compter sur le soutien de toutes les forces politiques et sociales engagées en faveur du progrès démocratique au Cameroun pour accompagner ce moment.

Le communiqué salue par ailleurs l’action des avocats de la famille, Maîtres Hyppolite Meli et Emmanuel Simh, ainsi que celle de tous ceux qui se sont mobilisés pour réclamer la libération du corps. Le MANIDEM réaffirme dans sa conclusion son adage selon lequel il « dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit », soulignant ainsi sa détermination à poursuivre son combat politique.

La disparition d’Anicet Ekane, qui a consacré plus de cinq décennies à la lutte pour la démocratie, marque un tournant pour ce mouvement d’opposition. La gestion post-mortem de ce dossier illustre les tensions persistantes entre le pouvoir et certaines franges de l’opposition camerounaise.

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