Mines et infrastructures : le pari industriel du Cameroun
Mines et infrastructures : le pari industriel du Cameroun

Mines et infrastructures : le pari industriel du Cameroun
Longtemps considéré comme un territoire aux immenses ressources inexploitées, le Cameroun amorce désormais un tournant historique dans son développement économique. Entre 2025 et 2026, le secteur minier connaît une transformation profonde avec une dizaine de projets structurants qui redéfinissent les bases de l’industrialisation nationale. Le pays ne se limite plus à extraire ses ressources : il s’engage résolument dans la création de chaînes de valeur intégrées.
Une stratégie structurée pour le développement du fer
La filière du fer repose désormais sur une organisation logistique en deux grands axes, pensée pour optimiser à la fois la qualité des gisements et leur accessibilité.
D’un côté, l’axe côtier, centré autour de Kribi-Lobé et Bipindi Grand-Zambi, bénéficie d’un avantage géographique déterminant grâce à sa proximité avec le port en eau profonde de Kribi. Malgré une teneur plus faible du minerai, les investissements dans les unités d’enrichissement et les infrastructures de transport ont permis un démarrage rapide de la production dès 2025. À moyen terme, les sites de Ngovayang et du Ntem viendront renforcer cette dynamique.
De l’autre côté, l’axe Mbalam-Nkout, situé dans l’Est du pays, repose sur des gisements de haute qualité. Le principal défi ici est logistique : l’éloignement impose la construction d’infrastructures majeures, notamment un corridor ferroviaire reliant les zones minières au littoral. L’exploitation débute avec des minerais directement exportables, avant une transition vers le traitement de minerais moins riches.
Bauxite : vers une intégration industrielle complète
Le projet Minim-Martap incarne l’ambition du Cameroun de maîtriser toute la chaîne de transformation de la bauxite. En 2026, les avancées logistiques sont significatives, avec l’amélioration des routes, la réhabilitation du réseau ferroviaire entre Ngaoundéré et Douala, et la mise en service de nouveaux équipements de transport.
Les premières exportations sont attendues dès août 2026. Mais l’objectif va bien au-delà : la construction d’une raffinerie d’alumine prévue pour 2027 permettra au pays de passer d’un simple exportateur de matière brute à un acteur industriel capable de produire de l’aluminium fini. Cette évolution renforce également l’attractivité du secteur métallurgique national.
Une transformation du secteur aurifère
L’exploitation de l’or connaît une mutation majeure. Le modèle artisanal, longtemps dominant, cède progressivement la place à une industrie structurée et mécanisée. Plusieurs projets industriels entrent en production, marquant une nouvelle ère basée sur la transparence et la prévisibilité.
Parallèlement, l’État impose une réorganisation du secteur artisanal, avec des règles plus strictes en matière de production et de traçabilité. Les exploitations peu performantes sont progressivement remplacées par des projets de petite mine industrielle, afin d’optimiser les retombées économiques et fiscales.
Calcaire et ciment : soutenir la croissance interne
Le développement de la filière calcaire s’inscrit dans une logique d’autosuffisance. Le projet de Bidzar est déjà opérationnel, tandis que celui de Mintom progresse rapidement. L’objectif est clair : produire localement du clinker et du ciment pour réduire la dépendance aux importations.
Cette stratégie devrait contribuer à la baisse des coûts de construction et soutenir les nombreux projets d’infrastructures en cours à travers le pays.
Anticiper les enjeux de demain
Au-delà des ressources traditionnelles, le Cameroun se positionne également sur les minerais stratégiques comme les terres rares et le complexe cobalt-nickel-manganèse. Ces ressources, essentielles pour les technologies vertes et la transition énergétique, représentent un levier de croissance futur.
Ainsi, en 2026, le secteur minier camerounais n’est plus seulement porteur de promesses : il devient un moteur concret de transformation économique, plaçant le pays sur la voie d’une industrialisation durable et structurée.



