Avenir de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables: Au cœur des échanges de la 2ème conférence du Bassin du Congo
Avenir de l'agroécologie et des systèmes alimentaires durables: Au cœur des échanges de la 2ème conférence du Bassin du Congo

Avenir de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables: Au cœur des échanges de la 2ème conférence du Bassin du Congo
Pendant trois jours, experts, membres de la société civile, associations venues de plusieurs pays d’Afrique ont engagé les réflexions y relative. La cérémonie d’ouverture était présidée, ce 25 août, à Yaoundé, par le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) Gabriel MBAIROBE, représentant du Premier ministre chef du gouvernement Camerounais. C’était en présence du Ministre des Petites et Moyennes Entreprises de l’économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) Achille BASSILEKEN III.
Comment produire davantage pour nourrir une population en forte croissance tout en préservant le deuxième massif forestier tropical de la planète ? C’est toute l’équation posée au centre de la 2ème Conférence du Bassin du Congo qui s’est ouverte ce mardi 25 août à Yaoundé. Organisée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) et ses partenaires, sur le thème : « Agroécologie pour des systèmes alimentaires inclusifs et durables, biodiversité et justice climatique dans le Bassin du Congo », cette rencontre fait suite à la réunion historique de Kinshasa en août 2023.
Ce sont quinze pays du Bassin du Congo qui ont fait le déplacement pour Yaoundé. Une mobilisation saluée par le MINADER. « Je voudrais en cette heureuse circonstance exprimer ma gratitude à toutes les délégations des quinze pays qui sont venus ici non seulement pour rehausser l’éclat de cette cérémonie mais pour témoigner la solidarité des pays membres du bassin du Congo », a déclaré Gabriel Mbairobe, le MINADER.
Le Bassin du Congo, au-delà d’un espace géographique
Dans son discours d’ouverture, le représentant du Premier Ministre, Joseph Dion Ngute, a tenu à planter le décor. Le Bassin du Congo, a-t-il rappelé,
« représente bien davantage qu’un espace géographique. Il constitue le deuxième massif forestier tropical de la planète. Un réservoir exceptionnel de biodiversité, un puits de carbone d’importance mondiale mais également un espace de vie pour plusieurs centaines de millions de femmes et d’hommes ».
Un espace aujourd’hui fragilisé. « Les effets du changement climatique deviennent chaque année plus perceptibles. Les sécheresses, les inondations, la dégradation des terres, la perte de la biodiversité, les pressions foncières et les difficultés d’accès au financement fragilisent progressivement le système alimentaire », a-t-il alerté.
Pour le Ministre, la réponse ne fait plus de doute : « L’agroécologie n’est plus une simple alternative. C’est la clé de voûte de notre souveraineté alimentaire. »
Le Cameroun affiche ses jalons
Fort de ce constat, le Cameroun a présenté sa stratégie de transition agroécologique, inscrite dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. Gabriel Mbairobe ne manque pas de citer la vision du Président de la République du Cameroun Paul Biya : « Nous devons produire davantage ce que nous consommons et transformer davantage ce que nous produisons », extrait de son adresse à la Nation du 31 décembre 2023.
Parmi les avancées concrètes, le Ministre a énumère, la signature le 29 décembre 2023 d’une convention historique entre le MINADER et l’ONG SAILD (Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement) pour vulgariser l’agroécologie sur l’ensemble du territoire ; la loi n°2025/013 du 17 juillet 2025 régissant et encourageant la production biologique au Cameroun. De plus, il compte aussi, la promotion massive des pratiques agroécologiques adaptées : agroforesterie, gestion durable des sols, compostage, semis sous couvert végétal ; l’opérationnalisation du guichet de transition agroécologique pour soutenir les producteurs et valoriser le paiement pour services environnementaux ; la professionnalisation des organisations de producteurs et l’insertion prioritaire des jeunes et des femmes.
Dépasser les déclarations d’intentions
Pour le MINADER, cette deuxième conférence ne doit pas être une rencontre de plus. « Notre responsabilité collective consiste désormais à dépasser le stade des déclarations d’intentions », a-t-il martelé. Il appelle à accélérer les investissements dans l’agriculture durable, la recherche et l’innovation, le transfert de technologies adaptées aux terroirs, le financement des exploitations familiales et la valorisation des connaissances traditionnelles et endogènes.
Pendant trois jours, les échanges porteront sur la résilience écologique, les droits fonciers, la gouvernance inclusive, la justice climatique, la mobilisation des financements et le rôle central des femmes, des jeunes et des peuples autochtones.
Un hommage appuyé a été rendu aux organisateurs, notamment à Elizabeth ATANGANA, Présidente du comité d’organisation, et à l’ensemble des partenaires techniques et financiers, dont la présence du Ministre Achille Bassileken III est venue témoigner de l’engagement transversal du gouvernement.
Un seul vœu commun est de ce fait formulé. Celui d’une Déclaration de Yaoundé constituant une référence majeure pour l’avenir de l’agroécologie et des systèmes alimentaires durables dans le Bassin du Congo.



