Chaque année, l’État camerounais débourse d’énormes sommes d’argent pour le renforcement des capacités de son personnel administratif à l’étranger. En délocalisant ses formations en Afrique Centrale, l’École nationale d’administration Publique (Enap) du Canada donne une occasion à d’aucun de réduire considérablement les dépenses.
C’est fini, les séries de voyage de certains professionnels de l’administration publique sous le fallacieux prétexte de renforcer leurs capacités professionnelles dans des écoles ou centres de formation de qualité à l’étranger. Car, ces multiples voyages tapis sous l’ombre des missions, donnaient l’occasion à certains de faire plus, du tourisme aux frais de l’État que des études à proprement dites. Billet d’avion, hébergement, nutrition et bien d’autres dépenses étaient de ce fait, extraits des caisses du trésor public. Pour pallier à cette situation un peu moins reluisante, la sous région d’Afrique Centrale bénéficie de la délocalisation de l’École Nationale d’Administration Publique du Canada au Cameroun, « Hier, ils étaient obligés de faire le déplacement jusqu’au Canada pour ces formations. Il fallait payer le transport, le séjour, la formation. C’était un peu lourd. Désormais cette formation va se faire sur place pour que nos agents publics, nos fonctionnaires et même ceux du secteur privés puissent renforcer facilement leur capacité » reconnait Joseph Lee, Ministre de la fonction publique et de la réforme administrative du Cameroun le 24 avril dernier au cours de la cérémonie de lancement du projet à Yaoundé. C’est donc à travers un partenariat avec l’Iftic-sup au Cameroun par le biais de son PCA Armand Claude Abanda, que cela est devenu une réalité. Les apprenants peuvent de ce fait, suivre les modules sans partir de leurs pays d’origine. Une nouvelle qui tombe aux yeux des décideurs Camerounais comme une opportunité à saisir. Selon Joseph Lee, Minfopra « comme vous le savez, la modernisation de l’administration camerounaise est un axe majeur de la politique du chef de l’État Paul Biya. C’est pour cela qu’une initiative comme celle-ci est fortement encouragée. Le minfopra et le Minesup ont été instruit de faire aboutir ce projet pour le bien des fonctionnaires et agents de l’État au Cameroun. »
Sur le plan diplomatique, c’est un atout de plus pour l’État camerounais en particulier et l’Afrique centrale en général. « C’est dire que le Cameroun à travers cette collaboration avec l’Enap du Quebec devient une sorte de Hop au niveau de la sous-région de l’Afrique centrale. Ceci est bon pour le rayonnement de notre pays au plan diplomatique », précise le Minfopra. Pour l’ambassadeur du Canada au Cameroun, « Ce partenariat offre une occasion comme on dit gagnant-gagnant (…) non seulement pour le Cameroun mais aussi de l’Afrique centrale. Le Canada a toujours beaucoup à apprendre de ses partenaires. Et je pense que quant les étudiants et nos professeurs travaillent ensemble, on a des échanges très enrichissant.»
C’est donc dans les locaux de l’Institut supérieur de formation aux métiers des télécommunications, de l’innovation technologique, de commerce et de gestion (Iftic-sup) à Yaoundé, que l’Enap va dispenser ses cours.



