Jusqu’au début de la rentrée scolaire 2018, le 03 septembre et après, certains parents continuent de fouiller les étales de librairies. L’espoir pour ces derniers, est de retrouver quelques livres au programme qui font la belle.
« Sur plus de 10 livres au programme que l’on demande pour la classe du cours préparatoire (CP), je n’ai pu obtenir que cinq. Ce n’est pas aujourd’hui que je prépare la rentrée de mon fils. Et jusqu’à ce jour, je ne parviens pas à faire le plein. J’ai parcouru, environ 10 librairies. Sans succès », indique un parent d’élève rencontré par votre journal dans une librairie de la ville de Yaoundé. Ce cri de désespoir, est un exemple parmi tant d’autres sur l’étendu du triangle national, qui au final, jettent l’éponge. Les parents sur le coup de la colère, au ras le bol, sortent des librairies en soulevant la poussière. De part et d’autres, tout ce dit, au sujet des libraires. Ces derniers sont lapidés, insultés et traités de tous les noms d’oiseaux. Et pourtant, la chaine de transmission subie des secousses, au risque même de se casser.
L’industrie du livre au Cameroun respecte un certain nombre de principe et les maillons de la chaine de valeur sont connus. Pour arriver sur les étales de librairies, les livres traversent une série de mains. De l’auteur, au consommateur final, il faut bien passer par l’édition, l’imprimerie, la diffusion, la distribution pour enfin atterrir dans les librairies. Sauf que, depuis la dernière reforme du livre scolaire rentrer en vigueur cette année, faisant mention du Livre unique, certains acteurs dominants de la chaine préfèrent ignorer les autres.
Les éditeurs en maître
Parmi les farouches récalcitrants, les éditions comme DOVE, AFREDIT, ASVA, ANUCAM, COSMOS ; veulent faire ombrage aux libraires. A travers ce geste, ils plombent l’image des autres éditeurs voulant faire la queue. Dans un communiqué rendu public, le 30 août 2018 à Yaoundé, le président du syndicat national des libraires et papetiers du Cameroun, Abouguina Marcelin, affirme que, ces derniers citer plus haut « veulent faire disparaitre la profession du livre. Comment comprendre qu’un éditeur s’illustre sur le terrain comme Imprimeur, éditeur, distributeur, diffuseur et libraire. »
Un danger pour le secteur
Et pourtant, on connait l’impact des librairies à l’approche des rentrées scolaires et même académiques. C’est environ 1 800 librairies prêts à être jeter en pâture. Par conséquent, 10 000 employés risquent de regagner les quartiers, 50 000 jeunes étudiants recrutés comme stagiaires dans ces librairies chaque année en voie de peiner.
Sauf…
Parmi les rebelles, une poignée s’aligne et respecte la chaine du livre. Sopecam, NMI, Cambridge, CLE, REN-ATOPIE, DsL, Bechacam, Habibi, Cicd-puy, Belin ; comptent parmi les irréprochables. Selon le représentant des du Synalipac, Abougnuina Marcelin, ces derniers font preuve d’un professionnalisme de qualité. Chose promise, chose due. Les livres de ceux-ci figurent bel et bien dans toutes les librairies.
Qu’est ce qui coince ?
Ngadehi Gisèle, directeur marketing dans la maison d’édition NMI éducation, s’exprime sur les lignes de votre journal. Pour elle, tous les maillons de la chaine sont importants.
Ngadehi Gisèle, Directeur marketing NMI éducation
Il se peut que certains libraires ne soient pas entrés en possession de tous les manuels. Il est vrai qu’il y a un amalgame entre certains libraires et certains éditeurs dû aux remises libraire. Pour s’arrimer à la politique du livre unique, les éditeurs se sont trouvés dans l’obligation de revoir la baisse des prix des manuels et certains éditeurs sont entrain de répercuter cette baisse là sur la remise du libraire. La remise du libraire qui est connue de tous est de 20%. Mais, il se peut que certains éditeurs ont revu cette remise à la baisse. Et sont entrain d’appliquer le taux de 15%. Les libraires digèrent cela très mal. Il estime qu’ils sont considérés comme le parents pauvres de la chaine. Les éditeurs justifient cette réduction suite à la baisse du coût du livre. Les prix ont considérablement été revus à la baisse. Pour certains éditeurs, sont revus à la baisse de 30 à 40%.
Au niveau de la maternelle par exemple, cette année, un parent achète tous les livres à son enfant à 2850 Fcfa ce qui n’était pas le cas dans le passé. Maintenant certain éditeurs pensent qu’il faut rattraper le manque à gagner auprès des libraires. Au Niveau de NMI éducation, nous n’avons pas réfléchi de la sorte. Lorsque nous arrêtons les prix de production, on tient compte d’un certain nombre de paramètre. Nous n’avons pas jugé bon que cela affecte la marge du libraire. Puisque les charges du libraire n’ont pas changé. A notre niveau, ce que nous avons fait, c’est de tenir compte du fait que dans l’ancien système, la Commission Nationale d’agrément du livre sélectionnait 6 à 7 voir 8 livres par classe. Chaque éditeur devait aller se battre sur le terrain pour qu’un établissement t’agréer comme éditeur. Nous connaissons ce que nous dépensions en temps, en énergie, et comme argent pour être accepter. Aussi, dans ce contexte de choix multiple, l’éditeur n’’imprimait pas en grande quantité. Vous savez qu’en matière d’édition, lorsqu’on imprime en petite quantité, ça devient extrêmement chère. Nous nous sommes dit, ici à NMI, si ce markéting là était supprimé au niveau des écoles, on ne donne plus assez de spécimen dans les établissements, et si on est dans la dynamique du livre unique, nous imprimons en quantité énorme, forcement, l’économie des chaines s’installe. Les coûts d’impression sont affectés à la baisse de façon considérable. Nous avons donc tenu compte de tous ces paramètres là pour réduire les prix et maintenir la marge du libraire. Donc nous à NMI éducation, Cambridge, nous pratiquons les 20%.
La vérité est que à la fin, c’est le parent d’élèves qui se retrouve pénaliser. Puisqu’un parent ne peut pas se déporter de maison d’édition en maison d’édition pour acheter les livres. Pourtant, le libraire, c’est ce qu’il a l’habitude de faire. Il va vers les éditeurs, collecte tous les livres au programme, pour que le parent puisse trouver toute sa liste. Cette situation assez complexe affecte déjà les parents, aussi les éditeurs.
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