Cameroun- Crise du poliovirus de type 2 : Le gouvernement maitrise la situation

Détecté le 16 mai dernier dans l’enceinte de l’hôpital de district de santé de Mada dans l’Extrême- Nord du Cameroun, le gouvernement a déclaré, le 29 mai dernier, l’état d’urgence sanitaire avec à l’appui un plan de riposte pour éviter toute propagation du virus dans la population.
Au moment où le Cameroun connaît un climat de tensions sociopolitiques, vient donc s’ajouter une crise sanitaire. Le retour de la poliomyélite. Cette fois, elle est de souche circulante du poliovirus de type 2 dérivée de vaccin CVDPV2, découvert dans les fosses septiques de l’enceinte de l’hôpital de district de santé de Mada dans l’Extrême-Nord du pays. Le ministère de la santé publique a ainsi déployé une équipe sur le terrain avec le soutien des partenaires techniques et financiers ( OMS, UNICEF) et l’IMC dans le district de santé de Mada et de Bakary pour l’investigation ( ces évènements se déroulent entre le 17 au 22 mai dernier). Ils ont mené des observations sur l’environnement de l’hôpital, passé en revue les documents des données des surveillances et effectué une enquête de couverture vaccinale et sociale au niveau communautaire selon l’initiative de l’éradication de la poliomyélite ( IMEP). Au sorti de ces investigations, il est confirmé par des experts de l’existence du poliovirus en date du 23 mai 2019.
De ce fait, les premières réunions de crise ont été de si tôt tenues entre le 23 et 24 mai, suivi de la mise en œuvre d’une nouvelle équipe d’investigation approfondie. C’est ce qui a conduit le gouvernement par l’entremise du ministère de la santé publique à déclaré l’état d’urgence sanitaire publique de portée internationale, en mettant ainsi en branle le plan de riposte suivant les normes établies. Cette nouvelle apparition vient compromettre les efforts du gouvernement dans sa détermination à éliminer la poliomyélite au Cameroun. Ces efforts qui se traduisent par l’introduction du vaccin inactivé (VPI) dans le programme élargi de vaccination ( PEV) de routine au Cameroun depuis juin 2015. On peut aussi relever le fait que depuis 2016, 15 campagnes de vaccination polio ont été réalisées sur l’étendue du territoire dont deux au mOPV2 et le reste au bOPV.
La riposte
Après une évaluation du risque de propagation de la poliomyélite par les experts commis à cet effet, le gouvernement a pris des mesures qui s’imposent. L’objectif étant de stopper dans les 90 jours la transmission du virus de polio au sein de la population sur tout le territoire camerounais et même hors de ses frontières. Ainsi donc un plan de riposte a été mis sur pied avec pour gestionnaire le secrétaire permanent du programme élargi de vaccination (PEV) Dr Armelle Ename . De concert avec toutes les parties prenantes, multiplie les téléconférences, les réunions de crise avec une équipe de veille déployé sur le site. Pour le cas, une campagne de vaccination de riposte round 0 a été préparé et des commandes de vaccins passées. Dans la même lancée aussi, les scénarii de déploiement rapide des vaccins ont été analysés.
Il est donc prévu dans les prochains jours, une campagne nationale de vaccination sur la poliomyélite sur toute l’étendue du territoire afin de barrer la route à la circulation du poliovirus. Toutefois, l’équipe éprouve des difficultés liées à la mobilisation des vaccins pour le round 0 et d’insuffisance de la chaîne de froid pour la conservation de ceux-ci.
En attendant, certaines opérations sont menées sur les lieux de l’incident à l’instar de l’investigation approfondie en cours qui comprend le profilage des patients de l’hôpital de district de Mada les 03 derniers mois et une évaluation des mouvements des populations les 03 derniers mois dans le même hôpital est effectuée. Ceci malgré un contexte marqué par l’insécurité dans la région de l’Extrême-Nord dû aux prises otages et des incursions de la secte islamique Boko- Haram . La situation est sous contrôle, vue le déploiement de l’équipe de gestion de la crise sanitaire, le risque de transmission du poliovirus est donc limité et ceci grâce à un système de surveillance épidémiologique instauré par cette équipe. Il n’ya donc pas lieu de s’en inquiété , la situation est gérée de façon satisfaisante.
En revanche, le gouvernement a appelé les populations a resté calme et à respecter les mesures d’hygiènes, notamment le lavage des mains à l’eau et au savon ( avant chaque repas, au sortir des toilettes…). Par ailleurs, les populations sont appelées à adhérer à la campagne de vaccination qui sera lancé, en accueillant favorablement les agents qui seront envoyés sur le terrain. Mais l’équipe de gestion de la crise reste vigilante et compte multiplier d’autres activités pour barrer la route à la poliomyélite.
Il y a donc lieu de croire et de garder la sérénité selon le premier rapport de la gestion de crise liée au retour de la polio dressé par l’équipe du Dr. Armelle Ename.



