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Traitement du Noma : pouvoirs publics et ONG, interpellés

Classée parmi les maladies tropicales négligées, le « Noma » s’avère sans pitié. Ses victimes y laissent parfois la vie faute de moyens. En Afrique en général et au Cameroun en particulier, un silence suspect vis-à-vis de la maladie, inquiète.

Selon le docteur Oben Sammy Orock, chirurgien plasticien, esthétique et réparateur camerounais, « pour une guérison totale d’une victime atteinte du Noma, arrivée au stade chronique, le coup de l’opération est extrêmement couteux. » En prenant, le cas d’Ita, ( le premier cas dont l’opération a réussi), il a fallu effectuer 05 interventions. Selon le docteur, « Chaque operation coute entre 1 500 000 FCFA et 2 000 000 FCFA ». Une valeur financière hors de portée pour certains. Car la plupart des victimes du Noma sont  pauvres.

docteur Oben Sammy Orock, chirurgien plasticien, esthétique et réparateur camerounais
docteur Oben Sammy Orock, chirurgien plasticien, esthétique et réparateur camerounais

En effet, si le coût de ces interventions chirurgicales est élevé, c’est en grande partie à cause du manque criard de matériel adéquat. Conséquence, certains cas jugés compliqués y passent.

C’est donc dans le soucis d’offrir un espoir à toutes ces personnes vivant avec ce mal, que la fondation Weccare ( association créée en 2012), a fait du traitement de la maladie, un challenge à relever. Malheureusement, cette dernière dispose de peu de moyens pour atteindre ses objectifs. Encore plus est, c’est sans compter sur le ministère de la santé publique, qui, privilégie certaines maladies au détriment de d’autres.

Le Noma

Issu du mot grec «  Nomein », signifiant dévorer, le Noma désigne une gangrène de la bouche et du visage. C’est une infection euro faciale qui commence avec une invasion au niveau de la bouche et qui s’étant sur tout le visage. Il attaque les enfants de 02-07 ans. Son évolution est foudroyante sans soins.

Environ 210 000 personnes vivent avec les séquelles du Noma dans le monde. Comptée parmi les maladies qui touchent les pays extrêmement pauvres, les personnes victimes, vivent plus en Afrique subsaharienne.  L’espérance de vie pour les plus résistant étant de 40 ans, il est plus que temps de se pencher sur la question.

La maladie peut être éviter

Communément appelé maladie de la saleté ou encore de la pauvreté, le Noma peut être éviter. Selon le docteur Oben Sammy Orock, si le diagnostic est fait à temps, soit encore en phase aigue, c’est facile de le soigner. Il est donc important de procéder à des campagnes de sensibilisations, d’éducations et de communication sur les règles hygiène à respecter. En effet, les facteurs prédisposant à cette maladie sont la malnutrition sévère, le mauvais état buccodentaire, la présence d’une maladie infectieuse et la faiblesse du système immunitaire.

10 ans pour en finir

A travers le projet « agir contre le Noma 2021-2030 », le comité international de pilotage et de coordination dudit projet entend intensifier la sensibilisation et la prévention en faveur de cette maladie, mais aussi la construction d’un hôpital de référence régional Afrique basé au Cameroun, ainsi que des centres d’accueil de premiers soins dans 09 pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest pour la prise en charge gratuite des enfants victimes de Noma, et plus largement pour la prise en charge des affections maxillo-faciales défigurantes.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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