Escroquerie : Quant les Compagnies agricoles trainent les riveraines dans la boue
L’invite du chef de l’Etat camerounais Paul Biya à effectuer un voyage vers un retour au pays natal semble être un obstacle pour les compagnies productrices de produits agricoles (banane plantain, Hévéa, palmier à huile etc…). Ces derniers se lancent donc dans une campagne d’intimidation sur les riverains.
Ces compagnies sont pour la plus part, productrices de produits chimiques entre autre, savon, huile de palme industrielle, le Caoutchouc et pour d’autres des grands importateurs agricoles notamment, banane, plantain. Pour mieux exercer leurs activités, ces derniers se déportent vers les zones rurales, où se trouvent de grands espaces d’exploitation agricole (forêt encore non exploité).
Et pourtant, l’activité fondamentale dans ces zones rurales est l’agriculture. Les locaux font de cet activité leur gagne pain quotidien. Cependant, pour éviter de faire obstacle au bon fonctionnement des entreprises agricoles qui s’installent, des conventions sont signées entre l’Etat et les compagnies. Ces contrats impliquant le plus souvent, les accords de bail emphytéotique, les accords de convention de cession et les avenants au bail emphytéotiques mettant à l’abri du besoin les populations.
Dans ces contrats, se trouve pour la plus part, l’assurance à l’éducation, la santé ou encore la sécurité. Et pourtant, il n’en est rien. Sur le terrain c’est une autre réalité. D’ailleurs, les activistes urbains et ruraux par le biais du réseau des acteurs du développement durable (Radd), intensifient depuis quelques temps, les luttes contre les discriminations faites aux riverains des monocultures d’arbres. Victimes de la pollution aggravée des eaux, le manque des terres pour cultiver, la vie dans ces zones est devenue un calvaire. « On a plus là où travaillé. Parfois on puise l’eau comme ils ont mis les motopompes. Quant ils pulvérisent les palmiers, c’est l’eau là qu’on boit. C’est l’eau là qu’on utilise. On n’a pas d’eau, pas d’école, pas de cases de santé, on a rien … » confie Obam Danielle, riveraine d’une usine de production agricole de palmier à huile de kéheké à Kribi dans la région du Sud Cameroun. Pour Nsongol Gertrude, riveraine d’une autre plantation agricole à Eseka, « mon véritable problème c’est l’eau. Vous savez que l’eau c’est la vie, l’eau donne la vie et l’eau tue. Ils ont promis les bornes-fontaines mais il n’y a pas. Toutes les rivières sont polluées. Donc surtout c’est le véritable problème, s’ils peuvent mettre des bornes-fontaines même après 1km on met une bornes fontaines… Ils ont promis parce qu’ils ont pris nos terres. Même les cases de santé, ils ont promis. »
Par ailleurs, la famine s’intensifie dans ces zones. Conditionnez par les accords de monoculture, les riverains ne parviennent plus à planter une autre variété de peur de subir des violences physique ou moral. A ce sujet, certaines femmes sont battues du fait qu’elles détiennent les noix ou huile de palme. Par conséquent, les mets traditionnels ne peuvent plus être confectionnés. Dès lors, au revoir, la culture culinaire de la localité. Le regard muet des autorités administratives semble trahir une certaine complicité avec les dirigeants de ces entreprises. A ce propos, Nsongol Gertrude, riveraine d’une autre plantation agricole à Eseka dénonce la morosité des autorités administratives « Ce sont les même gens. Ils marchent ensemble » confie t-elle.



