Cameroun- Traversée sur le fleuve Sanaga à Batchenga: le pont passe

Le ministre des travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi et son secrétaire d’État, chargé des routes, Armand Ndjodom, ont testé le nouveau joyau mise en service pour les populations de la Lekié et du Mbam et Kim. La cérémonie officielle de traversée à pied sec du nouveau pont, a eu lieu, le 15 novembre 2019.
Sur le pont bipoutre mixte en acier – béton de 400 mètres linéaires (ml) en cours de construction sur le fleuve Sanaga à Nachtigal, circulent des autorités administratives, politiques, religieuses et traditionnelles des deux rives du fleuve Sanaga, que sont Batchenga et Ntui. En tête de pelleton, Emmanuel Nganou Djoumessi et son secrétaire d’État, chargé des routes Armand Ndjodom. 
En effet, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, est venu toucher du doigt le niveau d’avancement des travaux de cette grande réalisation, qui siffle désormais la fin du calvaire pour les populations de ces deux importants bassins de productions agricoles du Cameroun, aussi bien dans les cultures vivrières, que celles de rentes, comme le Cacao.
Durant plusieurs décennies, les populations croupissaient sous les caprices d’un bac de fortune, régulièrement en panne, pour franchir de part et d’autres, les rives du fleuve Sanaga. Un véritable calvaire pour les planteurs de ces localités, qui avaient du mal à écouler leurs marchandises vers les grands marchés du pays. C’est véritablement au rabais que les fonctionnaires, agents de l’Etat et autres opérateurs économiques privés exerçaient dans ces conditions précaires.
C’est comme un vent nouveau qui souffle désormais d’une rive à l’autre du fleuve Sanaga, à travers l’ouverture aux piétons de ce pont mixte bipoutre en acier et béton de 400 ml à 07 travées continues, avant la livraison définitive de ces travaux, en février 2020. A en croire Sa Majesté Essoa Etoga Gabriel Sylvain, Chef supérieur Batchenga : «Nous avons, nous autres, la chance de voir enfin ce pont dressé fièrement sur ce fleuve historique, qui reste un grand symbole dans notre tradition. Nos ancêtres, de leur vivant, ont appelé ce pont de tous leurs vœux. Mais hélas, ils ne sont plus là pour vivre ça. C’est avec une très grande joie que nous accueillons cette autre grande réalisation du Président Paul Biya, en faveur des populations de Batchenga. Vivement que les autres projets suivent également et Batchenga s’ouvrira aussi à l’émergence.» C’est la même joie qui se traduit du côté de Ntui, avec Sa Majesté Bessala Bessala Henri, Chef de Canton Mvele, dans le Mbam et Kim. Surtout avec les assurances du Directeur Général de Razel Cameroun, Frank Casteleyn, qui déclare que : «C’est un ouvrage qui reste très classique, mais il est unique de par sa dimension, car il s’agit d’un record qui a été battu sur sa longueur de poussage du hourdis en béton armé qui est un brevet de Razel, dont nous n’avions jamais eu à faire un pont de plus de 200 mètre. Mais là, nous sommes à 400 mètres, c’est un record au monde avec cette technologie innovante. Même s’il faut reconnaitre qu’il y a eu des impacts financiers supplémentaires qui ont été causés par le barrage de Lom Pangar, qui a régulé un tout petit peu le débit du fleuve Sanaga, nous étions obligés de réviser les fondations du pont, tout en restant dans l’enveloppe initiale du projet. Heureusement, le pont est là et la route est entrain de s’ouvrir pour le grand bonheur des populations. Nous avons travaillé avec les populations localement, toutes les entreprises que nous employons sont locales, les ¾ de nos employés sont des villages environnant, des deux rives du fleuve, ils sont là avec nous, ces jeunes et nous travaillons ensemble sans problème. Et le résultat est là aujourd’hui.»
Un nouveau raccourcis
En plus de ces retombées sociales et économiques directs pour les populations locales, il s’agit également d’un véritable corridor de contournement rapide, reliant directement le Nord et le Sud du Cameroun, notamment la région du Centre et celles de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, avec une réduction de plus de 200 km sur le tronçon actuel. Selon le Mintp Camerounais, « Il s’agit là d’un instrument de rapprochement entre les régions septentrionales et méridionales du Cameroun, en réduisant de plus de 200 km les distances entre Yaoundé et Ngaoundéré. »



