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Cameroun- Jean Célestin WATAT « Il serait louable qu’on puisse intéresser les opérateurs économiques locaux dans le développement de Kribi »

L’homme d’affaire basé dans la cité balnéaire plonge un regard sur l’évolution de la ville de Kribi, et les enjeux de la participation des opérateurs économiques locaux, au moment où la ville voit se multiplier d’importants projets structurants. Rencontré par nos équipes il donne les raisons d’une faible implication des opérateurs économiques locaux, et propose des solutions pour y remedier.

Ange Noel MBEMAM : Jean Celestin WATAT bonjour, il y a 40 ans vous arriviez à Kribi, quel est le regard vous jetez sur l’évolution de cette ville ?

Jean Célestin WATAT : C’est un  regard assez appréciable, parce que je crois que Kribi est entrain de changer, la ville est entrain de prendre ses marques, et une grande ville se  prépare. Je peux dire qu’il y a de cela 40 ans, Kribi ne ressemblait à rien, aujourd’hui ca ressemble à quelque chose,  c’est en plein décollage et il faut l’apprécier.

A N M : Quels sont les secteurs selon vous qui portent le plus la marque de cette évolution ?

J C W : Aujourd’hui l’immobilier est entrain d’exploser, on voit des es immeubles se bâtir de part et d’autres, et quand il y a des immeubles qui se construisent ca fait que l’économie se porte bien, on a des résidences, des maisons meublées, des émergences déjà qui font que, une autre vision de Kribi est entrain de se mettre en route.

A N M : Quand on voit justement, ce tableau que vous venez de peindre on a envie de se demander quelle place occupe les opérateurs économiques que vous êtes ?

J C W : Disons que c’est un aspect curieux, parce que les opérateurs économiques ne sont pas regroupés, il n’y aucune organisation qui est mise sur pieds, il y a peut être le syndicat qui bouge quelque peu, mais au niveau structurel il n’y a pas d’organisation, chacun fait ce qu’il peut à son niveau, il n’y a aucune structure qui est mise en place pour orienter tout ca vers quelque chose; le port est arrivé, je ne sais pas si à peine on donne la parole aux opérateurs économiques, pour qu’ils puissent exprimer un besoin, surtout les opérateurs économiques locaux. On se rend compte qu’on va chercher ailleurs, pour faire tout ce qui est comme travaux au port, alors que les opérateurs locaux, sont là, ils ne font rien, c’est curieux parce qu’on en bénéficie vraiment pas. Moi ca fait 40 ans que je suis là, j’ai d’ailleurs été avec pas mal de responsables, mais depuis qu’ils sont là, ils nous ont tourné le dos, on a travaillé ensemble mais on ne voit rien, bon on apprécie que d’autres viennent faire, peut-être qu’ils trouvent que nous n’avons la hauteur pour pouvoir subvenir à leurs besoins, mais il serait louable qu’on puisse intéresser les opérateurs locaux dans le développement de Kribi.

A N M : Qu’est ce qui coince sur la mise sur pieds de la plateforme des opérateurs économiques locaux ?

J C W :   L’Etat a des structures   qui organisent les opérateurs économiques, parce que s’organiser entre eux, prêterait à équivoque, on dirait c’est un parti politique qui se crée, ca c’est délicat les gens ont peur de prendre les devant, pour organiser les opérateurs économiques, mais il serait prudent que l’Etat face l’effort, même dans l’intention pour que nous puisons suivre, pour que nous puissions suivre le pas.

A N M : Il y a pourtant les collectivités territoriales décentralisées, qui représentent d’énormes opportunités pour les opérateurs économiques, quel est votre regard sur les récentes mutations ?

J C W :  Disons cette mutation est un peu superflue on est pas allé en profondeur pour s’interroger sur  le quoi faire des opérateurs économiques, qui sont installés localement, on s’est contenté de tout ce qui tombe sous la main, faire Kribi, sans les opérateurs locaux- nous avons quand même un pouvoir économique, Kribi ne tombe pas du ciel, il y a des gens qui ont quand même été, qu’est ce qu’ils font, est ce qu’on passe à eux ? Moi je pense que politiquement le chef de l’Etat a fait pour lui, en ce qui concerne, la mise en place des institutions de la décentralisation, il revient aux autres acteurs maillons de la chaine de faire, pour eux et permettre aux opérateurs économiques, d’apporter leurs contributions à la construction de ce Cameroun.

A N M : Qu’est ce que vous, opérateurs économiques proposez justement?

J C W : Qu’est ce nous proposons concrètement ? Que je réponde à cette question tout seul aujourd’hui, ce serait égoïste de ma part, ce que Monsieur WATAT pense, n’est pas ce que tous les autres pensent, c’est pour ca que je dis, qu’il faut une plateforme, qu’on se mette ensemble, qu’on réfléchisse ensemble pour Kribi et que ce soit à l’unisson que nous allons vers l’Etat, pour que nous puissions répondre à cette question pertinente, de savoir qu’est ce que nous proposons ?

A N M : Vous la concevez comment une telle plateforme, elle est une urgence ?

J C W : Elle est une urgence, parce que organiser les opérateurs économiques revient à les stratifier,  c’est pas tous qui sont au même pieds d’égalité ; que les bayam-selame (commerçants) s’organisent, qu’on sache qu’il y a des grands bayam-selam et les petits, bref qu’on sache qui fait quoi, qu’il y est une organisation stratifiée qui permette de regrouper tout ca, pour qu’ ensemble nous puissions véritablement apporter du nôtre pour le développement de cette ville.

A N M : Quand on regarde votre secteur, on peut  apercevoir les rafles de la crise à Corona Virus et ses conséquences sur le plan économique, vous faites comment pour résister face au choc ?

J C W : Ecoutez, jusqu’ici nous nous remettons au pouvoir public, nous continuons de respecter les mesures édictées par le gouvernement, mais néanmoins le secteur touristique qui est très touché, le délégué du tourisme a fait recensement des opérateurs économiques touchés par cette crise, et je pense que quelque chose est entrain d’être fait dans ce sens, nous continuons d’attendre l’aide du gouvernement, mais en attendant, on a pas le choix nous devons continuer d’observer les mesures barrières je crois c’est d’abord la voie salutaire pour sortir.

 

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