Cameroun- Fourniture en énergie électrique: le grand déballage d’ Eloundou Essomba

Cameroun- Fourniture en énergie électrique: le grand déballage d’ Eloundou Essomba
Le ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba face à la presse, le 31 mars 2022, a tenté d’apporter des éclaircies sur l’épineuse problématique de pénurie en eau potable et celle de l’électricité.
Il ne se passe pas un jour sans que les camerounais ne fassent pas face à ces fléaux sociaux devenus viraux. L’eau et l’électricité sont de plus en plus la source de nombreux maux. Sur le plan sanitaire, l’eau se fait tellement rare dans robinets ou pompes à eau au point où les habitants sont contraints de s’en remettre aux bonnes vieilles pratiques ( puits, sources, rivières) pour s’approvisionner du précieux liquide. Conséquence directe, on est pas étonné d’assister à une croissance inquiétante de la courbe du choléra dans certaines régions du pays. Quant au déficit en énergie électrique, le panier de la ménagère, les élèves ou encore le commerçant des denrées alimentaires qui payent le lourd tribut. Pour ne citer que ces quelques illustrations, cette situation, est sur le point de conduire à l’expression du ras- le-bol des populations. Pour désamorcer la bombe en plein ébullition, le gouvernement choisit de prendre le taureau par les cornes pour faire la lumière. Il s’agissait donc pour le ministre Gaston Eloundou Essomba de poser sur la table cette crise et de présenter les mesures prises par le Gouvernement pour améliorer l’offre en eau et en électricité.
Dans ce souci de renseigner le Gouvernement et tous les acteurs sur les problèmes liés à la fourniture de l’énergie électrique et à l’approvisionnement en eau potable, le MINEE a mis sur pied deux plateformes de veille numériques. Selon le MINEE, « Grâce à ces remontées couplées aux missions sur le terrain, les informations nous sont fournies régulièrement sur l’ensemble du territoire national, concernant les localités, même les plus reculées, qui ont des soucis en matière de fourniture électrique ou en eau potable. »
Il ressort de l’exploitation des données en possession du Ministère de l’eau et de l’énergie que, les principaux points d’attention dans ces deux secteurs sont :Le déséquilibre entre l’offre et la demande ; les contraintes dans le secteur du Transport et de la Distribution.
Selon Gaston Eloundou Essomba, s’agissant du secteur public de l’électricité, qu’il me soit permis de rappeler que les difficultés auxquelles il est confronté, sont fortement corrélées aux performances de l’économie camerounaise sur la période 1990-2010. » Il justifie avec le passé, « Comme vous le savez, notre économie a connu une période de stagnation entre 1990 et 2006. Période pendant laquelle les investissements publics dans le secteur de l’électricité ont été gelés du fait de la diminution drastique des ressources budgétaires de l’Etat qui ne lui permettaient plus de s’endetter auprès d’institutions financières internationales. Cette faible capacité d’endettement durera près de 20 ans jusqu’à l’atteinte de l’initiative PPTE en 2006. Suite à l’allègement de la dette de l’Etat en 2006, le Gouvernement mettra en place un nouveau cadre des investissements dans le secteur de l’électricité à travers le DSCE (2010-2020) qui permettra à l’Etat de reprendre la dynamique des investissements publics dans le secteur de l’électricité après 20 années de stagnation en vue de rattraper la période de retard occasionnée par le gel des investissements. »
En effet, entre les années 1950 et 1990, la totalité des investissements majeurs réalisés dans le secteur de l’électricité se sont faits sur les ressources de l’Etat qui les mettaient à disposition de la société publique d’électricité. Durant cette période l’Etat, sur la base de sa trésorerie s’endettait pour le compte de la société publique de l’électricité auprès de divers bailleurs de fonds. Cette approche a permis de développer les ouvrages de production d’électricité tels que Songloulou, Edéa et Lagdo, mais aussi la structuration du réseau de transport et de distribution de l’électricité.
Mais la survenance de la crise économique en 1987, du fait de la chute des cours mondiaux des principales matières premières d’exportation, a stoppé le développement des investissements du secteur de l’électricité qui étaient exclusivement adossés sur les recettes de l’Etat.
Le dernier ouvrage majeur de production financé par l’Etat à travers la SONEL aura été l’extension de la centrale hydroélectrique de Songloulou en 1988.
Ainsi entre 1990 et 2006, aucun nouvel ouvrage de production hydroélectrique ainsi qu’aucun autre investissement majeur dans le réseau de transport ne seront exécutés. Tous les projets de production envisagés pour succéder au barrage de Songloulou à l’effet de satisfaire la demande en électricité furent suspendus à l’instar de Lom Pangar, Nachtigal, Memve’ele. Il en est de même pour les projets de transport d’électricité tels que l’augmentation des capacités de transformation et le bouclage des principales villes du pays.
Cette période de stagnation aura des conséquences majeures au début des années 2000 où pour la première fois le mot délestage sera prononcé du fait d’un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande en électricité. D’aprèsle Minee, « Ce déficit se justifie par le fait que pendant la période de gel des investissements du fait de la crise économique, la demande en électricité quant à elle augmentait du fait notamment de l’évolution de la démographie. Au cours de cette période (1990-2010) la population du Cameroun a augmenté de 54% alors que les capacités de production, de transport et de distribution n’ont pas suivi la même tendance.
A la faveur des nouvelles marges budgétaires dont Il dispose depuis les années 2010, l’Etat a réalisé divers investissements aussi bien dans la production, que dans le transport et la distribution de l’électricité. Ces investissements visent principalement à rattraper le retard et se projeter vers un avenir beaucoup plus prometteur. »
Les mesures gouvernementales
Selon le Minee, « Il y a lieu de rappeler que notre pays est configuré en trois grands réseaux ; et, en matière de fourniture l’électricité, les problèmes se posent différemment selon que l’on se trouve dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS), le Réseau Interconnecté Nord (RIN) ou le Réseau Interconnecté Est (RIE).
Le Réseau Interconnecté Sud (RIS) qui est constitué de six Régions Méridionales (le Centre, le Littoral, l’Ouest, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud), a l’avantage de disposer d’un énorme potentiel en matière d’hydroélectricité, de loin la principale source de production d’électricité au Cameroun. L’essentiel de ce potentiel se trouve dans le bassin versant de la Sanaga où de grands projets hydroélectriques ont été réalisés ou sont en cours de réalisation.
Globalement, pour l’heure, plus que le problème de l’offre de production de l’énergie électrique, ce sont davantage les difficultés liées à la surcharge des équipements de transport et de distribution qui sont à l’origine des interruptions de l’électricité.
Certains équipements de transport et de distribution sont aujourd’hui surchargés, notamment les transformateurs qui sont sollicités au-delà de leur capacité. Cette situation engendre des déclenchements des lignes, suivis des rationnements (délestages).
Des interruptions de courant interviennent également lorsqu’il y a des travaux de maintenance sur les lignes de transport.
Dans le domaine de la distribution de l’électricité, l’une des causes des délestages résulte de la chute des poteaux bois utilisés par le Concessionnaire ENEO. En effet, 60% sur un parc de 1 300 000 poteaux sont à remplacer sur l’ensemble du territoire national. Face à ce problème, le Gouvernement a décidé d’opter pour un remplacement systématique des supports en poteaux bois des lignes Moyenne Tension par des supports en poteaux béton. C’est ainsi qu’environ 31 000 poteaux béton ont été installés entre 2019 et février 2022.
Mais tout récemment juste après la CAN, nous avons assisté à une baisse de l’hydrologie du fleuve Ntem sur lequel est construit le barrage de Memve’ele ; baisse correspondant à la période d’étiage qui intervient généralement entre le 15 février et le 31 mars de chaque année sur le bassin dudit fleuve.
En effet, contrairement aux centrales hydroélectriques de Songloulou et d’Edéa, la centrale de Memve’ele ne bénéficie pas encore d’un stockage d’eau dans un barrage réservoir pour faire turbiner ses machines à plein régime en période d’étiage.
D’où, une baisse drastique de la production de Memve’ele, passée de 90 MW disponible 24h/24 pendant la CAN, à une puissance de 30 MW seulement en soirée entre 18h et 22h. Le gestionnaire du barrage EDC s’est vu obligé d’arrêter les machines en journée en vue de réaliser une économie d’eau pour garantir les 30 MW en soirée.
La conséquence immédiate de cette baisse conjoncturelle de l’hydrologie a été un déficit de 60 MW dans le RIS, déficit équivalent à 35% de la consommation d’électricité en journée de la ville de Yaoundé.
Mais il y a lieu de repréciser que ce déficit de production à Memve’ele a été occasionné par une sècheresse exceptionnelle et circonscrite dans le temps sur le fleuve Ntem. Il s’agit d’un phénomène naturel lié aux changements climatiques, difficiles à maîtriser par l’Homme.
Le Réseau Interconnecté Nord (RIN) quant à lui couvre les trois Régions septentrionales (l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord).
Le Barrage hydroélectrique de Lagdo, principal ouvrage de production de l’énergie électrique, est celui qui garantit la stabilité du système électrique dans ledit réseau. Il est appuyé par les centrales thermiques de Garoua-Djamboutou, Ngaoundéré, Maroua, Guider et Kousseri.
Dans l’ensemble, les populations des Régions septentrionales subissent des rationnements à cause de la baisse drastique de l’hydrologie dans le bassin de la Bénoué. Ainsi, l’ouvrage de 72 MW de capacité ne produit actuellement que 9 MW à peine en 2022, par manque d’eau pour faire fonctionner les turbines à plein régime. Il s’agit en effet des conséquences du changement climatique.
En d’autre terme, le déficit de production du barrage de Lagdo n’est lié, ni à un problème d’ensablement, ni à un disfonctionnement des turbines.
Le Réseau Interconnecté Est (RIE) couvre uniquement la Région de l’Est. Il ne dispose pas encore d’ouvrage hydroélectrique et est confronté à un problème de sous capacité de la centrale thermique de Bertoua qui alimente principalement la Région.
Face à tous ces problèmes conjoncturels et structurels, le gouvernement camerounais n’est donc pas resté les bras croisés. Des actions sont menées au quotidien pour améliorer le service public de l’électricité.
« Pour adresser la question de déficit structurel entre l’offre et la demande de production en électricité, la stratégie du Gouvernement a consisté à développer dans l’urgence plusieurs ouvrages importants. C’est ainsi qu’on va assister à un accroissement de l’offre de production basée principalement sur des solutions thermiques. C’est le sens de la mise en service des centrales thermiques de Limbé d’une puissance de 85 MW (pour soutenir la demande dans les Régions du Sud-Ouest, du Littoral et du Nord-Ouest), de Bamenda (20 MW), de Dibamba à Douala 86 MW, d’Ahala à Yaoundé (60 MW), de Mbalmayo (10 MW) et d’Ebolowa (10 MW) et de la centrale à gaz de Kribi (216 MW).
Cependant, conscient des coûts onéreux de la production à partir des centrales thermiques, l’Etat s’est résolu à développer une stratégie d’accroissement de l’offre de production à partir de l’hydroélectricité à travers les projets de Lom Pangar, Memve’ele (211 MW), Mekin et Nachtigal.
C’est ainsi que le barrage réservoir de Lom Pangar, qui dispose effectivement de 6 milliards de mètres cubes d’eau, joue pleinement son rôle aujourd’hui dans le système électrique, consistant à assurer la régulation du débit du fleuve Sanaga en vue de garantir une optimisation de la production des centrales hydroélectriques situées en aval.
En effet, depuis sa mise en service en 2016, le débit du fleuve Sanaga en période d’étiage est passé de 640 m 3/s à 1040 m 3/s au niveau des centrales de Songloulou et Edea. Ce qui induit une production supplémentaire de l’ordre de 170 MW pendant les périodes d’étiages. Ceci, grâce aux eaux stockées dans le barrage réservoir de Lom Pangar, et lâchées en période d’étiage.
Au-delà de cet impact direct sur Songloulou et Edéa, Lom Pangar a rendu viable le développement du barrage de Nachtigal, dans la mesure où, sans ce barrage réservoir, les débits de la Sanaga au site Nachtigal seraient très faibles pour y justifier économiquement la construction d’une centrale hydroélectrique.
Bien plus, la construction, au pied du barrage réservoir de Lom Pangar, d’une usine de production de 30 MW d’électricité et sa mise en service dans les prochains mois, permettra à court terme, d’améliorer significativement l’offre en énergie électrique dans la Région de l’Est.
Dans la dynamique de l’accroissement de l’offre de production de l’électricité, la mise en service définitive de la centrale de Memve’ele, prévue à la fin du mois de mai 2022, devra porter sa production de 90 MW actuellement à 211 MW. Pour l’instant, la limitation de la production de cet ouvrage est d’ordre conjoncturel, dans la mesure où la ligne d’évacuation d’énergie 225 kV devant relier la centrale de Memve’ele à la ville de Yaoundé est réalisée à 93%, l’essentiel des travaux restants étant le déroulage du câble avant la mise sous tension.
En perspective, et pour atténuer les impacts de la variation de l’hydrologie du fleuve Ntem, le CHEF DE L’ETAT a prescrit l’accélération de la maturation du projet de construction d’un barrage réservoir sur le fleuve Ntem, à l’instar du barrage de Lom Pangar. » confie t’il avant d’ajouter, « dans la partie septentrionale pour faire face à la crise hydrologique sans précédent dans le bassin de la Bénoué, le Gouvernement a entrepris des actions fortes consistant au transfert des unités de la centrale d’Ahala vers Garoua (Djamboutou) et Ngaoundéré et à la mise en service depuis le 23 mars 2022 d’une nouvelle capacité additionnelle de 10 MW à Guider.
Pendant la CAN, les actions entreprises ont consisté à augmenter exceptionnellement le volume d’eau turbiné au barrage de Lagdo pour atteindre une puissance de 24 MW contre une puissance de 11 MW avant la CAN.
Dans cette mouvance, le Président de la République avait également instruit le Gouvernement d’explorer très rapidement une solution d’urgence à travers le solaire.
C’est ainsi que le Gouvernement avec le partenaire ENEO est entrain d’installer en urgence deux (02) centrales solaires modulaires avec batteries de stockage d’une capacité cumulée de 30 MWc + 20MWh à Maroua et Guider.
Actuellement les travaux ont débuté pour la centrale de Guider sur une superficie de 54 hectares. Les premiers MW sont déjà injectés dans le réseau. Les travaux d’installation des modules se poursuivent. Le démarrage des travaux sur le site de Maroua quant à lui est programmé pour juin 2022.
A terme, ces deux centrales solaires permettront d’assurer une disponibilité de l’énergie en journée et de diminuer les délestages tout en réduisant la facture du combustible. Elles permettront par ailleurs une meilleure gestion des ressources en eau dans le barrage de Lagdo en ce sens que les économies d’eaux seront faites en journée induisant une plus grande production de la centrale de Lagdo en soirée.
En outre, ces centrales étant les premières connectées au réseau, elles participeront davantage à la diversification de notre mix énergétique le rendant moins vulnérable aux changements climatiques. Aussi le Gouvernement et son partenaire ENEO vont installer deux nouvelles centrales thermiques dès le mois de mai 2022 au profit du RIN, soit une de 10 MW à Maroua et une autre de 05 MW à Kousséri.
Les actions du Gouvernement ne s’arrêtent pas là pour le septentrion. Il est actuellement en négociation avec d’autres partenaires dans l’optique de développer d’autres centrales solaires dans la zone, notamment dans les villes de Ngaoundéré et Garoua.
A moyen terme, le projet réalisation à bonne fin du Projet hydroélectrique de Bini à Warack, d’une capacité de 75 MW, sera d’un apport important pour le renforcement et la stabilisation de la fourniture de l’électricité dans le Réseau Interconnecté Nord, actuellement adossé sur le barrage de Lagdo.
Pour l’instant, ce projet connaît des difficultés du fait de la suspension du financement par le partenaire financier chinois ICBC depuis novembre 2019, bien que le Gouvernement ait d’ores et déjà honoré ses conditions préalables, notamment les payements des 23 milliards au titre des conditions de mise en vigueur du prêt.
Mais, nous avons bon espoir que les travaux de ce barrage vont reprendre dans un horizon proche, étant entendu que les négociations devant aboutir à la finalisation du financement de ce projet ont repris entre le partenaire financier et l’Etat du Cameroun à travers le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Mesdames et Messieurs ; le Gouvernement a d’ores et déjà anticipé les besoins futurs en énergie électrique à travers la construction de nouveaux ouvrages de production d’électricité à l’instar du projet Nachtigal, d’une puissance installée de 420 MW dont les travaux sont en cours d’exécution pour un début de la production en Août 2023.
A moyen terme, des projets en cours de maturation seront mis en œuvre, à l’instar de la centrale thermique à gaz de Limbé (350 MW), et les barrages hydroélectriques de Grand Eweng (1000 MW), Chollet (600 MW), Kikot (500 MW), Katsina Ala (285 MW), Menchum (72 MW), etc.
Comme vous pouvez le constater, les problèmes de production d’électricité sont en train d’être résolus au vu des multiples actions que nous venons d’évoquer, l’Etat ayant consenti d’énormes moyens financiers et continuant de le faire.
Dans les domaines du transport et de la distribution d’électricité, une batterie de mesures est également en train d’être mise en œuvre pour endiguer les désagréments liés à ces domaines.
La SONATREL a justement été créée dans l’optique d’investir massivement dans la réhabilitation et la modernisation du réseau public de transport d’électricité. Elle a d’ores et déjà renforcé la capacité de transformation des postes sources de Limbé, Bafoussam, Bamenda, Kodengui et Guider.
L’augmentation des capacités de ces différents postes permet contribue à la satisfaction de la demande et à l’amélioration de la qualité de service.
En matière de transport et s’agissant de la Région de l’Est, la mise en service des ouvrages du Projet de construction de la ligne de transport 225 KV entre Yaoundé (Ahala) et Abong Mbang, et du poste de transformation 225/90 KV à Doumé – Abong Mbang, permettra de relier le Réseau Interconnecté Est (RIE) au Réseau Interconnecté Sud (RIS) dans les tout prochains jours. Cette Région pourra ainsi bénéficier et tirer profit de la production de l’électricité provenant des barrages hydroélectriques d’Edéa, Songloulou, Memve’ele, Nachtigal, et de tous les autres barrages en cours de développement dans le RIS.
Le Gouvernement, à travers la SONATREL, conduit en ce moment la mise en œuvre d’un important portefeuille de projets dont l’enveloppe est d’environ 500 milliards, parmi lesquels :
– le Projet d’interconnexion des réseaux interconnectés Sud et Est, et du renforcement du réseau de transport des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest dont le taux de réalisation se situe à 96% ;
– le Projet de renforcement et de stabilisation du réseau électrique de la ville de Yaoundé, dont le taux de réalisation est de 60% ;
– le Projet de Remise à Niveau des Réseaux de Transport d’électricité et de Réforme du Secteur, pour lequel les entreprises sont déjà recrutées;
– le Projet de renforcement et de stabilisation du réseau électrique de la ville de Douala dont l’entreprise responsable est en cours de recrutement ;
– le projet de construction d’une ligne 400 kV entre Nachtigal et Bafoussam, pour ne citer que ceux-là.
En tout état de cause, s’agissant du transport de l’électricité, le chantier prioritaire du gouvernement et son principal défi du moment consiste à faire de notre système électrique un seul réseau de l’électricité contre trois réseaux distincts aujourd’hui. Ceci sera possible à travers :
-l’interconnexion RIS-RIE d’ici la fin du mois de mai 2022 ;
-l’interconnexion RIS-RIN d’ici la fin de l’année 2025, étant donné que le financement sur les guichets de la banque mondiale est disponible.
Mesdames et Messieurs ;
Il n’est pas inutile de relever que la mise en œuvre de ces projets se fait dans un environnement où le secteur de l’électricité fait face à un certain nombre de contraintes, dont la plus notable est la question de l’équilibre financier dudit secteur.
En effet, de manière structurelle, le secteur de l’électricité exige que les opérateurs disposent d’une trésorerie conséquente afin de réaliser les investissements nécessaires et couvrir les charges d’exploitation. Rien que pour les besoins de fonctionnement des centrales thermiques en combustible, les besoins financiers du secteur sont de l’ordre de 1,6 milliard par semaine. Il y’a lieu de faire observer qu’en l’absence de cette trésorerie, la conséquence immédiate est le délestage de certaines localités.
Comme je l’ai mentionné plus haut, entre 2010 et 2021, les financements mobilisés pour les investissements dans le secteur de l’électricité représentent un peu plus de 3 500 milliards de F CFA soit 2 000 milliards en production, 1 000 milliards en transport d’électricité et 500 milliards dans la distribution de l’électricité.
Malgré ce volume très important d’investissement, le CHEF DE L’ETAT a instruit le Gouvernement de ne pas répercuter aux ménages et aux entreprises l’impact desdits investissements qui devraient se traduire par une hausse exponentielle du tarif de l’électricité.
C’est ainsi que depuis 2012, les tarifs de l’électricité sont gelés. Les subventions payées entre 2012 et 2022 par l’Etat aux opérateurs du secteur pour éviter cette hausse tarifaire s’élèvent à environ 300 milliards de F CFA. A titre d’illustration le coût de production du KWh, d’une centrale thermique à gasoil s’élève à 200 F CFA/kwh à l’exemple des centrales thermiques de Bertoua, Maroua, Banyo, Yoko etc…. Alors que les ménages dont la consommation mensuelle est inférieure à 110 KWh, ne paient que 50 F CFA le KWh, soit une subvention par l’Etat de 150 F CFA/KWh.
Il en est de même des industriels raccordés au réseau moyenne tension dont la consommation a été subventionnée à hauteur de 20 milliards F CFA pour l’exercice 2021 au titre de la compensation tarifaire. Toutes choses qui ont permis aux entreprises de contenir les coûts de production de leurs biens et services et ont contribué à contenir l’inflation…
Malgré les différentes contraintes liées à l’environnement économique, l’Etat et ses Partenaires ont déployé d’importants moyens pour le développement du secteur de l’électricité. Sur la période 2008-2022. L’offre de production est ainsi passée de 822 MW en 2008 à 1540 MW en mars 2022, soit une augmentation effective de 87,34% des capacités installées. Cette puissance sera portée en 2024 à 2 000 MW avec la mise en service du projet Nachtigal (420 MW) et des centrales solaires dans le RIN. Par ailleurs ces investissements ont également permis d’améliorer les capacités de régulation du bassin de la Sanaga et de renforcer les infrastructures de transport tout en améliorant l’accès à électricité en milieu rural.
Au cours des 5 prochaines années, les projets déjà maturés dont le démarrage sera effectif porteront sur une enveloppe globale de 2 000 milliards de F CFA.
C’est le lieu de rassurer, que les Très Hautes Instructions du Chef de l’Etat prescrivent des actions fortes pour faire face aux contingences liés aux facteurs exogènes comme les changements climatiques afin de garantir à tout moment un service de qualité aux Camerounais. Des actions en cours ou en perspectives visent la mise en œuvre de ces Très Hautes Directives. »



