Paul Biya, 93 ans, poursuit son long mandat à la tête du Cameroun

Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, fête ce jeudi 13 février 2026 son quatre-vingt-treizième anniversaire. Né en 1933 dans le village de Mvomeka’a, dans la région du Sud, le chef de l’État poursuit ainsi l’un des mandats présidentiels les plus longs du continent africain.
Un parcours académique et administratif avant l’accession au pouvoir
Issu d’une famille où son père, catéchiste, le destinait initialement à une vocation religieuse, Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo a suivi une solide formation intellectuelle. Après des études primaires en milieu catholique, il intègre le lycée Général-Leclerc de Yaoundé avant de poursuivre son cursus en France. Il y obtient une licence en droit public à la Sorbonne en 1961, après être passé par le lycée Louis-le-Grand et l’Institut d’études politiques de Paris, sans s’engager dans le militantisme étudiant.
Sa carrière administrative débute sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, où il occupe successivement des postes stratégiques au sein de l’appareil d’État. Chargé de mission à la présidence dans les années 1960, il devient ensuite directeur de cabinet civil, puis ministre secrétaire général de la présidence, consolidant ainsi son expérience des rouages du pouvoir.
Une longévité politique marquée par des transitions et des réformes
Nommé Premier ministre en 1975, Paul Biya accède à la magistrature suprême en novembre 1982, suite à la démission soudaine de son prédécesseur. Son autorité se consolide après la répression d’une tentative de putsch menée par la garde présidentielle en avril 1984.
Les années 1990 voient l’introduction, sous pression, du multipartisme au Cameroun. Réélu à plusieurs reprises, son dernier scrutin en date remonte à 2018. À 93 ans, il détient désormais le double record de chef d’État élu le plus âgé en activité et de quatrième plus ancien dirigeant en fonction à l’échelle mondiale, derrière certains monarques et le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Cette longévité exceptionnelle place la question de la gouvernance et de la succession au cœur des débats politiques camerounais, alors que le pays fait face à de multiples défis sur les plans sécuritaire, économique et social.



