Cameroun : polémique post-électorale entre le MRC et un stratège

Les suites de l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 2025 continuent d’alimenter les débats et les règlements de comptes au sein de la classe politique. Un récent échange public a mis en lumière les tensions persistantes autour des alliances et des stratégies déployées durant la campagne.
L’origine de la controverse
L’incident trouve son origine dans les déclarations du Dr Chris Manengs, ancien directeur de campagne du candidat Issa Tchiroma. Lors d’une intervention médiatique, il a évoqué des pourparlers avec le professeur Maurice Kamto, président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Selon lui, des propositions substantielles auraient été présentées à Kamto pour obtenir son soutien en faveur de Tchiroma. Il a laissé entendre que la décision du leader du MRC de s’allier avec un autre candidat, Bello Bouba Maigari, était déjà actée avant ces discussions.
Une réaction cinglante du MRC
Ces propos n’ont pas été laissés sans réponse. Mamadou Mota, premier vice-président du MRC, a répliqué avec virulence. Dans un texte publié en ligne, il a qualifié Chris Manengs de « menteur » et de « mercenaire », dénonçant ce qu’il perçoit comme une incompétence camouflée par des prétentions financières. Son argument visait à discréditer le rôle et l’efficacité réelle du stratège durant la campagne, l’accusant d’avoir privilégié ses intérêts personnels au détriment de l’action politique.
La réplique de Mamadou Mota, d’un style très incisif, a contrasté avec le ton adopté par son interlocuteur dans la réponse qui a suivi.
La défense du stratège
Le Dr Chris Manengs a répondu en invoquant la nature discrète de son métier de conseiller en communication politique, souvent qualifié de « spin doctor ». Il a affirmé que son influence s’exerçait dans les coulisses, en tant qu’intermédiaire clé pour convaincre d’autres acteurs, comme le parti l’Union pour le Changement, des mérites d’une alliance avec Bello Bouba Maigari. Sa réponse, bien que contenant des piques sur le manque d’information de son détracteur, s’est voulue plus posée. Elle s’est même conclue par des conseils et des vœux de réussite adressés à Mamadou Mota, qualifié de « jeune » et « plein de potentiel ».
Cet échange révèle moins un conflit personnel qu’un différend sur la narration des événements et la reconnaissance des rôles joués dans l’arène politique camerounaise. Il met en lumière les sensibilités qui entourent les récits post-électoraux et la difficulté à établir une version consensuelle des négociations et des stratégies ayant précédé le scrutin.



