Politique

Absence présidentielle et cacophonie gouvernementale au Cameroun

Le Cameroun traverse actuellement une période de flottement et d’incohérences dans la coordination gouvernementale. Selon plusieurs analystes politiques, cette instabilité découlerait directement de l’absence prolongée du président de la République à la tête des affaires de l’État.

Un exécutif en manque de pilotage

L’actualité récente, notamment le dossier complexe de la Société Générale de Surveillance (SGS) au Port autonome de Douala, a mis en lumière des tensions et des décisions contradictoires au sommet de l’État. Pour de nombreux observateurs, cette situation est symptomatique d’un déficit de leadership et d’arbitrage suprême, des fonctions normalement dévolues au chef de l’État.

Le consultant politique Aristide Mono, intervenant sur une chaîne de télévision nationale, a estimé que cette absence portait préjudice à la gouvernance. Il a décrit un climat où s’enchaînent décisions et contre-décisions, offrant au public le spectacle de divisions au sein du gouvernement. Une telle situation, selon lui, serait inconcevable dans le cadre d’un fonctionnement normal des institutions.

Le rôle contesté du Premier ministre

Dans ce contexte, le Premier ministre est régulièrement contraint d’intervenir pour tenter d’arbitrer les conflits entre ministres ou administrations. Cependant, son rôle de conciliateur semble systématiquement remis en cause. L’analyse révèle qu’à chaque fois que le chef du gouvernement s’est immiscé dans des dossiers épineux, ses positions ont finalement été désavouées.

Cette dynamique n’est pas nouvelle. Elle rappelle, par exemple, l’intervention infructueuse du Premier ministre dans le passé concernant les affaires de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Aujourd’hui, le conflit autour du contrat SGS au port de Douala illustre à nouveau ces tensions, avec des conséquences économiques significatives. Les estimations évoquent des pertes financières s’élevant à près d’un milliard et demi de francs CFA par jour, un manque à gagner qui pèse lourdement sur les finances publiques.

Cette période met ainsi en lumière les fragilités institutionnelles qui apparaissent lorsque la figure présidentielle, pilier du système exécutif camerounais, n’est pas physiquement présente pour trancher et imposer une ligne directrice claire. L’attente d’un retour à une direction unifiée des affaires de l’État est palpable parmi les commentateurs de la vie politique nationale.

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