Cameroun – Réduire la facture d’importation et alléger le panier de la ménagère : MAVECAM S. A mise sur la surgélation et la certification
Cameroun - Réduire la facture d’importation et alléger le panier de la ménagère : MAVECAM S. A mise sur surgélation et la certification

Cameroun – Réduire la facture d’importation et alléger le panier de la ménagère : MAVECAM S. A mise sur la surgélation et la certification
À la 2ème édition du Salon Interprofessionnel de l’aquaculture du Cameroun ( SIAC) l’entreprise aquacole camerounaise affiche sa stratégie : produire local, transformer vite, certifier pour concurrencer les importations.
Pour sa 2ème participation au SIAC, MAVECAM S. A veut changer les chiffres du poisson au Cameroun. Car derrière chaque carton de poisson surgelé importé, il y a un triple coût : pour le pays, pour le consommateur et pour l’économie locale.
Le poids des importations
selon les données MINEPIA/INS, le Cameroun importe plus de 70% du poisson consommé localement. En 2024, c’est plus de 250 milliards FCFA de devises perdues. Une dépendance qui pèse lourd sur la balance commerciale et expose le pays aux fluctuations du dollar et aux ruptures d’approvisionnement mondiales.
Résultat dans le panier de la ménagère, le prix du poisson a augmenté de 35% en 3 ans. Entre le coût FOB, le fret, les taxes portuaires, la marge de l’importateur et la chaîne du froid, le poisson importé devient un produit de luxe pour beaucoup de familles. Et pourtant, « Il faudrait que le panier de la ménagère puisse ressentir les efforts que les aquaculteurs font », s’indigne Dave ELOMBE MANIBEN, promoteur de MAVECAM S. A au SIAC 2026.
La surgélation + import substitution : l’arme de Hill Farm pour baisser les prix
Face à ce constat, Hill Farm a choisi la transformation immédiate. « Produire un poisson aujourd’hui, le lendemain, quinze minutes après le surgeler, ça permet facilement l’écoulement » confie le promoteur.
Pourquoi c’est moins cher ?
1. Zéro logistique vivant : Pas de camions oxygénés, pas de pertes en route. Le poisson est surgelé en cartons de 10, 15, 20 ou 30 kg, prêt pour poissonneries et ménages.
2. Import substitution : En transformant localement, Hill Farm remplace l’import. Chaque tonne produite et surgelée au Cameroun = devises économisées + taxes et impôts payés ici + emplois créés su place. C’est le principe de l’import substitution : substituer les produits venus de l’étranger par une production locale. Le pays gagne, le producteur gagne, le consommateur gagne.
Au-delà du surgelé, Hill Farm développe des filets et levées de filets pour la restauration et les ménages pressés. L’objectif : que le poisson camerounais redevienne compétitif face à l’importé.
La certification pour prendre la place de l’importé dans les grandes surfaces
Baisser les coûts ne suffit pas. Il faut aussi accéder aux circuits où se vend l’importé. Là encore, Hill Farm s’appuie sur l’ANOR. D’après Dave ELOMBE, « Nous avons été agréablement surpris de savoir que l’ANOR a mis sur pied un programme de certifications et normes pour l’aquaculture ».
L’enjeu est direct : sans normes ANOR, impossible d’entrer chez Carrefour, Santa Lucia, Dov. Or ce sont exactement ces enseignes qui écoulent le plus de poisson importé surgelé. Avec la certification, Hill Farm peut se mettre au même niveau de qualité exigé et proposer une alternative « Made in Cameroon » au consommateur. L’ANOR normalise toute la chaîne : de l’élevage à la surgélation. Garantie qualité + traçabilité = confiance du consommateur = parts de marché reprises à l’import.
Le SIAC 2026 : la vitrine pour prouver que le « Made in Cameroon » peut
Pourquoi revenir au SIAC ? « Le SIAC a toujours été l’occasion pour nous de faire connaître ce que nous faisons. Parce que l’aquaculture est souvent décrite comme un métier qui n’est pas très valorisant ». Le message de Hill Farm au salon : chaque kilo de poisson surgelé produit localement, c’est des devises économisées, des emplois créés, des impôts payés au Cameroun au lieu de l’étranger, et un prix plus juste dans l’assiette.
Deux ans après, MAVECAM S. A salue l’évolution du salon : « Contrairement à deux ans, votre stand cette année… ». Le SIAC devient la preuve que l’aquaculture locale monte en gamme.



