Alice Nkom s’oppose à de nouvelles élections au Cameroun

La question de la participation aux prochaines échéances électorales de 2026 au Cameroun divise la classe politique et la société civile. L’avocate et militante des droits humains, Me Alice Nkom, également porte-parole du président du Front National pour la Souveraineté du Cameroun (FNSC), a récemment exprimé une position ferme sur ce sujet.
Une souveraineté jugée bafouée
Dans une prise de position publique, Me Nkom a apporté son soutien à l’appel au boycott des élections législatives et municipales de 2026, lancé par l’homme politique Issa Tchiroma Bakary. Selon elle, le problème fondamental ne réside pas dans l’organisation d’un nouveau scrutin, mais dans le détournement présumé de l’expression populaire lors d’une consultation précédente. Elle estime que la volonté des électeurs a été confisquée, ce qui rendrait vain un nouveau vote dans les conditions actuelles.
L’avocate avance que participer à une élection sans une amélioration radicale des conditions de transparence et d’équité reviendrait à valider un système qu’elle qualifie d’injuste. Selon son analyse, cette démarche perpétuerait un déni de souveraineté du peuple camerounais.
La dignité comme argument central
Le discours de Me Alice Nkom repose sur le concept de dignité collective. Elle soutient qu’un peuple ne peut être amené à se prononcer à nouveau sur un choix fondamental déjà exprimé, lorsque ce choix initial n’a pas été respecté. Pour elle, la crédibilité d’une élection ne découle pas de sa simple répétition, mais de l’intégrité de son processus, de la campagne jusqu’au dépouillement.
Elle reconnaît néanmoins les aspirations à la stabilité et à la normalité politique d’une partie de la population, ainsi qu’une certaine lassitude face aux tensions électorales. Cependant, elle met en garde contre ce qu’elle perçoit comme une illusion démocratique : croire que la tenue régulière d’élections suffit à garantir la démocratie, indépendamment de leur sincérité.
En appelant à la cohérence et au refus de ce qu’elle nomme un « simulacre », Me Nkom considère que la dignité politique, une fois affirmée par un vote, n’est pas négociable. Elle estime qu’elle ne saurait être remise en jeu tant que la vérité des urnes n’est pas rétablie. Ce débat intervient dans un contexte où l’appel au boycott suscite des réactions contrastées parmi les Camerounais.



