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Cameroun-  Déchets digitaux : La côte d’alerte

Cameroun-  Déchets digitaux : La côte d’alerte

C’est dans un souci constant et sans relâche de sensibiliser les administrations, les institutions, les membres de la société civile, les individus que l’association Protège QV a réunis le 28 février 2023 une quinzaine d’acteurs majeurs de la gestion des déchets digitaux autour d’un atelier en ligne sur la plateforme Zoom, ceci dans le but de restituer les résultats d’une étude menée par les chercheurs de cette association, sur la gestion efficace de déchets d’équipements électriques et électroniques(DEEE).

Selon le Global Monitor e-Waste 2020, la quantité de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) produits au Cameroun en 2019 est évaluée a 24.600 tonnes. Moins de 10% de ces déchets sont traités de manière conventionnelle et traçable. Cette situation s’inscrit dans un environnement marqué par une place de plus en plus importante accordée par le gouvernement et les populations aux TIC ( Technologies de l’Informations et de la Communication) et singulièrement l’internet, manifesté notamment par plusieurs initiatives telles que : le déploiement de télé-centres communautaires polyvalents, le vaste programme d’encouragement à l’économie numérique, le programme «  Higher education vision », visant à distribuer 500 000 ordinateurs portables aux étudiants de l’enseignement supérieur etc…

De ce fait, ces différentes initiatives et mesures ont pour conséquence logique, l’acquisition massive d’équipements électroniques (ordinateurs laptops et desktops, tablettes, téléphones fixes et Smart phones) neufs ou usages, tous importés. Or, en fin de cycle de vie, certains composants de ces équipements deviennent des déchets dangereux aussi bien pour la santé humaine que pour l’environnement.

Fort de tous ces constants accablants, les chercheurs de l’association protège QV ont mené une étude sur la gestion efficace de ces DEEE. En clair, ils ont voulus au travers de leurs recherches, répondre à deux problématiques fondamentales. La première interrogation étant quelles peuvent être ; malgré l’existence d’un cadre légal, réglementaire et institutionnel riche ; les raisons du respect mitigé des dispositions encadrant la gestion des déchets digitaux ? Et la seconde, le cadre légal, réglementaire et institutionnel existant permet-il d’assurer la gestion efficace des déchets digitaux ? Sinon, quelles améliorations pourraient être proposées ?

Animé et modéré par la présidente de l’association Protège QV, Sylvie SIYAM, cet atelier virtuel a permis aux participants de suivre trois communications.  La première présentée par la présidente était centré sur « les généralités sur la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques. »  Il en ressort que, les  équipements EEE comprennent des produits très variés de circuits ou composants électriques et qui fonctionnent avec une batterie ou une alimentation électrique. Presque tous et toutes les administrations, entreprises, industries, institutions d’enseignements les utilisent dans tous les secteurs (primaires, secondaires, tertiaire). Aussi, les équipements EEE deviennent des déchets (DEEE) une fois que leur propriétaire le met au rebut et ne compte pas les réutiliser.

« Cadre légal, réglementaire et institutionnel de la gestion des déchets digitaux au Cameroun »

Tel est l’intitulé du second exposé soumis à l’appréciation  des participants à cet atelier virtuel. Présenté par Serge DAHO, l’un des chercheurs de l’association Protège QV, il en ressort que la gestion des déchets électriques et électroniques est encadré au Cameroun par les pouvoirs publics (le ministère de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, MINEPDED).  Toutefois, si le cadre légal, règlementaire et institutionnel de la gestion des déchets digitaux est consistant, des limites ont pu être relevées. Ainsi, malgré l’ampleur du problème de gestion des DEEE, il n’existe pas de loi spécifique ni de décret sur les DEEE, juste un arrêté.

« Habitudes des consommateurs et autres acteurs en matière de gestion des DEEE. »

C’est le troisième  exposé qui a été présenté aux participants par les soins de la chercheuse Lionelle Tchingoua.  Si la cible de ses recherches était les entreprises publiques et privés, les micro-entreprises et les PME, les organisations de la société civile, les individus, il en découle que les DEEE sont très peu contrôlés et connus par ces derniers. D’où la nécessité de sensibiliser d’avantage les personnes sur la dangerosité de ces déchets tant sur l’homme que sur l’environnement.Cameroun-  Déchets digitaux : La côte d’alerte 4

Recommandations formulées sur 05 axes prioritaires

Après avoir passé en revue les opportunités et les menaces de l’environnement externe, des recommandations suivantes 05 axes prioritaires ont émergé des travaux. Le premier axe concerne le renforcement du cadre légal, réglementaire et institutionnel et par exemple l’adoption d’une loi sur les DEEE, la restructuration du MINEPDED et du Mindcaf (ministère du Cadastre et des Affaires foncières). Le second axe vise à renforcer des capacités des acteurs et éducation, a l’instar des élus locaux et nationaux pour accroitre leur sensibilité à la gestion des DEEE. Le 3e axe, s’articule autour de l’information, la sensibilisation et l’éducation en introduisant notamment un module sur la gestion des DEEE dans les curricula des institutions de formation en informatique ; l’axe 4 quant à lui est porté sur les mesures incitatives économiques et sociales en réduisant les taxes sur certains équipements électriques et électroniques en vue de favoriser l’acquisition d’équipements neufs. Enfin, le 5e axe s’articule autour de l’appui-conseil aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) pour l’élaboration des plans locaux de gestion des déchets en prenant en compte les DEEE.

Myriam DJAMEN

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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