Calixthe Beyala critique l’Église catholique avant la visite papale

La perspective d’une visite du Pape Léon XIV au Cameroun suscite des réactions critiques au sein de la société civile. L’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala a exprimé publiquement ses doutes quant à la portée et à la signification d’un tel déplacement pontifical.
Un questionnement sur le rôle historique
Dans ses prises de parole, l’auteure soulève la question du rôle historique joué par l’Église catholique en Afrique. Elle rappelle les périodes de l’esclavage et de la colonisation, au cours desquelles l’institution religieuse est souvent décrite par les historiens comme ayant entretenu des relations complexes avec les pouvoirs coloniaux. Ce passé, selon elle, invite à une lecture critique de ses engagements contemporains.
Un contexte national préoccupant
La critique de Calixthe Beyala s’ancre également dans le contexte politique et social camerounais. Elle évoque la situation des droits de l’homme dans le pays, faisant référence à des allégations de détentions arbitraires de mineurs et à un climat post-électoral tendu. L’intellectuelle s’interroge ainsi sur la signification d’une visite officielle dans un environnement où, selon ses termes, des vies seraient en jeu.
Pour l’écrivaine, la valeur accordée à la vie des citoyens camerounais semble être au cœur du débat. Son intervention pose la question de la compatibilité entre les gestes diplomatiques et une attention concrète portée aux crises humanitaires et politiques locales. Cette prise de parole s’inscrit dans une tradition de vigilance intellectuelle face aux institutions, qu’elles soient religieuses ou politiques.



