Politique

Cameroun : des cadres du RDPC évoquent un nouveau report électoral

Une partie de la direction du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) évoque la possibilité de demander un nouveau report des élections législatives et municipales, initialement prévues pour 2026. Cette position, qui circule en interne, viserait à accorder au parti davantage de temps pour organiser sa campagne et faire face à plusieurs défis électoraux.

Une demande motivée par des enjeux stratégiques

Selon des informations recueillies auprès de cercles proches du parti, plusieurs cadres de haut rang estiment qu’un délai supplémentaire serait bénéfique pour préparer le scrutin. Ils invoquent notamment la nécessité de consolider la position du parti dans un contexte politique marqué par des résultats électoraux antérieurs qui, selon eux, exigent une vigilance accrue. Le score obtenu par le président sortant lors de la dernière présidentielle est présenté comme un signal encourageant, mais qui nécessite une mobilisation renforcée.

Les défis identifiés par les stratèges du RDPC incluent la reconquête d’influence dans les principales zones urbaines, dont la capitale Yaoundé, ainsi que dans les régions du Grand Nord. Une attention particulière serait également portée à la séduction de l’électorat jeune, perçu comme un enjeu déterminant pour ces échéances.

Un calendrier électoral déjà modifié

Le cadre institutionnel actuel résulte d’une prorogation des mandats en cours. Les députés et conseillers municipaux, élus en 2020, devaient initialement voir leur mandat s’achever en 2025. Une loi et un décret adoptés en 2024 ont prolongé ces mandats jusqu’au printemps 2026. Ainsi, toute nouvelle demande de report impliquerait une modification législative supplémentaire.

Alors que cette discussion anime une frange du parti au pouvoir, la préparation du scrutin suit son cours ailleurs. Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) aurait déjà engagé ses préparatifs. À l’inverse, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) n’aurait pas encore arrêté sa position officielle concernant sa participation. Cette incertitude intervient dans un climat où certains appels au boycott, lancés par des figures de l’opposition comme Issa Tchiroma Bakary, résonnent dans le débat public.

La décision finale concernant la tenue ou le report des élections relève des autorités compétentes. L’éventualité d’un nouveau report, si elle était officiellement actée, marquerait un ajustement significatif du calendrier politique camerounais.

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