Cameroun- Lutte contre les faux médicaments : tous interpellés

Cameroun- Lutte contre les faux médicaments : tous interpellés
Relativement à la journée Africaine de lutte contre les médicaments de la rue, célébrée le 12 octobre dernier, le ministre de la santé publique Manaouda Malachie a pris position face à cette gangrène qui contribue à mettre la santé des camerounais en péril. Devant la presse ce 01er novembre, le Minsanté a frappé du point sur la table.
Malgré les efforts qui sont fournis par le gouvernement en matière de lutte contre cette gangrène, elle se laisse pousser des ailes. En effet, durant ce point de presse, le ministre de la santé publique dresse le bilan des actions menées par le gouvernement pour repousser le mal vers les abîmes.
« … La surveillance du marché est effective. Il a permis d’éviter l’infiltration d’ailleurs dans les structures du CENAME d’une trentaine de lots de médicaments contrefaits entre 2020 et 2021. Le contrôle à l’importation quant à lui a permis de détecter des conteneurs entiers de produits pharmaceutiques non conforme. L’audit des sites de fabrication de produit pharmaceutique est effectif également. La répression via le comité national multisectoriel de lutte contre le faux médicament et le trafic illicite des produits pharmaceutiques fonctionne bien. Il a produit les résultats suivant: 206 saisies destruction ont été faites pour l’année 2021 avec une valeur estimée à environ 4 milliards FCFA contre une valeur de stock des médicaments détruit en 2020 qui étaient évalués à 688 milliards FCFA. 150 poursuites judiciaires en 2021 avec une dizaine de personnes qui ont eu des condamnations de 30 jours à deux ans de prison avec sursis et es amendes allant de 96000 FCFA à 2 029 340 FCFA contre 500 à ce jour. Toujours au rang des actions entreprises, il y a lieu de relever que les comités régionaux et départementaux sont en cours de redynamisation. À ce jour, cinq sont déjà créés et fonctionnels. L’inspection des établissements pharmaceutique du secteur public et privé est effective au même titre que l’inspection des formations sanitaires du secteur militaire et pénitencier des laboratoires d’analyse et de biologie médicale. Cette activité nous a permis de procéder à la fermeture de 5 pharmacies et de servir une cinquantaine de mise en demeure à d’autres. Le partenariat public privé avance avec l’intégration des officines des laboratoires d’analyses médicales dans les activités de santé publique notamment le dépistage, de la vaccination contre la covid 19, la dispensation des ARV pour ne citer que celle-là. Les fortes subventions ont également été apportées à trois structures dans cette lutte contre le faux médicament à savoir CENAME pour renforcer le stock des médicaments, le LANACOME pour l’achat des réactifs pour le contrôle qualité des échantillons et la finalisation foncière sis à MBALLA II. Et le centre national de transfusion sanguine. Des sessions de sensibilisation ont été tenues lors de la célébration de la journée Africaine de lutte contre le faux médicament à travers des points de presse, des table rondes, des séminaires sur les méfaits des médicaments d’origine douteuses et de qualité non contrôlée à l’exemple du médicament de la rue. » Malgré tout cela, selon le ministre de la santé, l’on note la complicité des populations qui contribuent à l’essor de cette pratique nocive.
« nous envisageons la mise en place de l’Agence Nationale du Médicament au Cameroun. », Annonce faite par le Ministre camerounais de la Santé publique Manaouda Malachie
Pour ce faire, il faut mettre le pied sur l’accélérateur. Après la sensibilisation, place maintenant à la répression. C’est ce qui ressort du discours du patron de la santé au Cameroun. Pour le ministre de la santé publique, tout médicament vendu ou donné en dehors du circuit légal doit être considéré comme faux. Chaque individu aperçu entrain de donner un médicament déjà utilisé à un autre patient peut-être considérer comme faussaire. De ce fait, pour accentuer, poursuivre et amplifier la répression pour protéger et préserver la santé des compatriotes des conséquences fâcheuses des faux médicaments, le gouvernement envisage d’organiser à cours terme une vaste campagne de sensibilisation de répression, une concertation avec des administrations impliquées dans la lutte contre les faux médicaments pour une meilleure contribution. La signature d’une convention de collaboration avec l’association des CVUC pour la fermeture systématique des boutiques de vente des médicaments, l’inscription dans le cahier de charge des agents responsable de lutte contre l’occupation anarchique de la voie publique d’un important volet de saisie de stock et même des poursuites de tous ces vendeurs de faux médicaments et autres produits pharmaceutiques conformément à la réglementation en vigueur. Et puis la relance du processus de signature et de la ratification de la convention medetrine qui met en exergue les aspects de crimes pharmaceutiques et les risques pour la santé s’agissant de la contrefaçon des médicaments. À moyen terme, « nous envisageons la mise en place de l’agence nationale du Médicament au Cameroun. De manière globale, le gouvernement de la République sous l’impulsion du chef de l’État a entrepris de réformer tout le secteur pharmaceutique et de procéder aux investissements nécessaires en vue de garantir la qualité des produits entrant sur son territoire » confie Manaouda Malachie dans son plan d’action.
Les adeptes du médicament de la rue n’ont désormais qu’à bien se tenir.



