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Cameroun- Violences en milieu scolaire: Les camerounais parlent

Comment en est-on arrivé jusque là ?
Le phénomène de violences faites aux enseignants en milieu scolaire est devenu préoccupant et inquiétant. Le cas le plus récent est le drame survenu au Lycée classique de Nkolbisson à Yaoundé, un élève inscrit en classe de 4ème a ôté la vie de son enseignant de Mathématique en pleine exercice de ses fonctions. Après la levée de corps très courru de l’enseignant, hier, 30 janvier, dans la rue, les avis sont divers. D’aucuns se sont exprimés au micro d’ Afrikinfo.net

Ncharé Saciou, Principal du Collège polyvalent des nations
« Les enfants ne peuvent rassembler qu’à leurs parents »
Permettez-moi déjà de souhaiter mes sincères condoléances à tout le corps enseignant du Lycée classique de Nkolbisson. Une fois que je l’ai dit, je jetterai l’anathème dans un premier temps sur notre administration, parce qu’il y a eu, à un moment, une flexibilité au niveau de la discipline dans son sens général. Aussi, les parents n’arrivent plus à respecter le corps enseignant et les élèves en font autant. Ces derniers estiment avoir la loi comme soutien. Je rappelle que l’éducation d’un enfant ne se limite pas seulement à l’instruction. Certains actes répréhensifs comme des agressions, la consommation des stupéfiants de l’alcool et du tabac découlent d’une mauvaise éducation de base. Aujourd’hui, un parent est capable de s’assoir avec son enfant pour consommer à tue-tête de l’alcool. Les enfants ne peuvent rassembler qu’à leurs parents. Un crime comme celui du Lycée classique de Nkolbisson découle de la consommation des stupéfiants. Je dis encore qu’il revient à l’administration et aux autorités de prendre des mesures coercitives, qui s’imposent pour cesser ces actes odieux sur les enseignants. De plus, il faudrait donner de la force et du soutien à ceux qui sont en charge de la discipline de mettre de l’ordre.

Patrice Siméon Mvomo
Patrice Siméon Mvomo

Patrice Siméon Mvomo, Web patriote
« A l’époque de nos parents, l’enseignant était un mythe. Aujourd’hui, ce dernier a perdu sa valeur »
Il faut d’abord savoir que la violence en milieu scolaire n’est pas un fait nouveau dans la société. Ce n’est pas seulement au Cameroun qu’on la vit. Parlant du Cameroun, il existe un laissez aller au niveau des établissements scolaires publics, où la discipline est véritablement négligée. Aussi, ce qu’il faut savoir, c’est que la violence en milieu scolaire peut être catégorisée sur plusieurs prismes. Le premier, c’est la violence entre élèves. D’aucuns réussissent à assoir leur autorité sur leurs camarades. Ensuite, la violence entre enseignants et élèves. Il est impossible aujourd’hui qu’un enseignant punisse un enfant alors qu’à l’époque de nos parents, l’enseignant était un mythe. Il avait l’aura et l’autorité. Aujourd’hui, ce dernier a perdu sa valeur. Cette histoire qu’il ne faut pas taper sur l’enfant montre que l’enseignant est dépossédé d’un certain nombre d’éléments. On peut aussi voir la violence entre enseignants et parents d’élèves. Pour un cas palpable, on a vu un sous-préfet ridiculiser un enseignant devant des élèves en le mettant à genoux. Et, ça, c’est quelque chose qu’il faudrait dénoncer. Enfin, nous avons aussi la violence entre enseignants. On les voit souvent se disputer ou bagarrer à cause de X ou Y. Bref, voilà présentés les aspects de la violence en milieu scolaire.

Cameroun- Violences en milieu scolaire: Les camerounais parlent 4Deva Lokendé, commerçant
« Un enfant qui, dès le départ, a reçu une bonne éducation de ses parents, ne saurait commettre des actes aussi infâmes »
L’acte que cet élève de 4e a commis relève de la mauvaise éducation. On ne punit pas assez. Certains parents sont souvent complices et parfois incapables de recadrer ou de réprimander leurs enfants du fait de leurs comportements intolérables. Il y a aussi le phénomène des stupéfiants qui se posent avec acuité. Ça peut aussi être que l’enfant avant d’arriver à l’école a ingurgité la drogue. Moi, par exemple, j’ai fréquenté un collège, où un élève avait poignardé son surveillant au niveau du bras. En effet, ce dernier venait de se droguer. Tout ça émane de l’éducation. Un enfant qui, dès le départ, a reçu une bonne éducation de ses parents, ne saurait commettre des actes aussi infâmes.

Propos recueillis par Rodrigue Nyada

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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