ActualitéMis en avantSociété

Cameroun-Bavure militaire: Encore Amnesty international sur le dos de l’armée

Dans un nouveau rapport produit ce jour, Amnesty international par son bureau de l’Afrique de l’Ouest et du Centre accuse l’armée camerounaise de violation des droits l’homme.

A travers des exécutions sommaires des civils sur le terrain, des opérations de la lutte contre Boko Haram à l’extrême Nord du Pays notamment dans la localité d’Achigaya, Amnesty Internationale met une fois de plus le grappin sur le gouvernement camerounais. Dans une nouvelle Vidéo publié, le 7 Octobre dernier, l’organisation de défense certifie avec l’aide des experts de l’organisation que cette vidéo est authentique.

Cameroun-Bavure militaire: Encore Amnesty international sur le dos de l'armée 4

l’organisation de défense des droits de l’homme qui communique ce jour via communiqué de presse, informe l’opinion publique internationale, des graves accusations de violation de droits de l’homme qu’elle porte à l’endroit des forces armées camerounaises, suite à travers une vidéo publiée via les réseaux le  7 Octobre dernier. Dans cette projection vidéogramme, l’on aperçoit des hommes en tenues militaires, asséner plusieurs coups de feu sur des civils. Après authentification de la vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Amnesty internationale par ses experts, la structure appelle le gouvernement camerounais à ouvrir des enquêtes.

A titre de rappel, il est à noter que cette dernière survient,  quelque temps après une première vidéo publiée toujours à travers le canal des réseaux sociaux. Cette publication qui n’est pas très différente de la récente n’a que le Cameroun comme rapport en commun. Par ailleurs, les zones d’opérations diffèrent. Rappelons que dans cette précédente parution, des militaires abattent de sang froid, deux femmes et des enfants. Cette vidéo qui a fait le « Buzz » est contestée par le gouvernement camerounais via son porte parole Issa Tchiroma Bakary.

L’intégralité du communiqué d’Amnesty International

AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 10 août 2018
Cameroun: Une nouvelle vidéo montre d'autres meurtres brutaux commis par les forces armées

Une vidéo horrible obtenue par Amnesty International montre que les forces de sécurité camerounaises ont abattu au moins une douzaine de personnes non armées lors d'une opération militaire dans le village d'Achigaya, dans l'extrême nord du pays, a déclaré aujourd'hui l'organisation.
Grâce à des outils d’analyse numérique avancés, les experts d’Amnesty International ont pu confirmer que la vidéo, tournée à une date inconnue mais avant mai 2016, corrobore les témoignages antérieurs d’exécutions extrajudiciaires rejetées par les autorités camerounaises.
"Cette vidéo choquante montre des hommes armés alignés face contre terre ou assis contre un mur et tirant avec des armes automatiques. Un deuxième tour de tir ne garantit aucun survivant. Voici encore des preuves plus crédibles à l'appui des allégations selon lesquelles les forces armées camerounaises auraient commis de graves crimes contre des civils et nous demandons une enquête immédiate, approfondie et impartiale. 
Les personnes soupçonnées d'être responsables de ces actes odieux doivent être traduites en justice ", a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse d'Amnesty International sur le lac Tchad.
"Le mois dernier, nous avons analysé des images d’un autre endroit montrant deux femmes et deux jeunes enfants tués par des soldats qui faisaient clairement partie des forces armées camerounaises. De quelles autres preuves ont-ils besoin avant d'agir sur ces atrocités? "
Amnesty International a recueilli des informations sur plusieurs exécutions extrajudiciaires et sur l’usage généralisé de la torture par les forces de sécurité camerounaises qui luttent contre le groupe armé Boko Haram dans la région de l’extrême nord du pays.
Des chercheurs d’Amnesty International ont analysé les armes, le dialogue et les uniformes visibles dans la dernière vidéo, ainsi que des témoignages et des images satellite, afin de déterminer le moment et le lieu exacts des exécutions.
Les images montrent un groupe de soldats portant leurs uniformes de camouflage distinctifs "à lézard", qui patrouillent dans le village d'Achigachiya. Certains sont armés de fusils Zastava M21 et d'autres sont montés sur une camionnette munie d'un canon antiaérien ZPU-2.
La vidéo, apparemment enregistrée par un membre des forces de sécurité, montre des soldats en train de brûler des structures susceptibles d’être des maisons, puis se concentre sur un groupe de 12 personnes alignées contre un mur, toutes assises ou couchées. À 1h40 de la vidéo, de nombreux soldats utilisant des armes automatiques tirent sur le groupe pendant une longue période, 
à plusieurs mètres de distance. 
Un soldat avance alors et tire à nouveau à bout portant sur plusieurs personnes du groupe, vraisemblablement pour s'assurer qu'il n'y a pas de survivants.
Parlant en français, les soldats se décrivent comme effectuant une opération "kamikaze".
Les images corroborent les preuves d'exécutions extrajudiciaires documentées par Amnesty International dans un rapport de juillet 2016. Le rapport a documenté les exécutions illégales et les exécutions extrajudiciaires de plus de 30 personnes, dont plusieurs personnes âgées, à Achigachiya à la suite d'une opération des forces de sécurité visant à récupérer les corps des soldats tués par Boko Haram le 28 décembre 2014. 
la base militaire détruite par les insurgés. 
Cette opération de l'armée était également une punition collective contre la population perçue comme soutenant Boko Haram.

Le gouvernement camerounais a annoncé une enquête à la suite de la publication de la vidéo en juillet, mais leur rejet rapide de la vidéo en tant que "fausses nouvelles" jette un sérieux doute sur le caractère véritablement impartial et efficace de cette enquête.
"En ne tenant pas les auteurs présumés responsables des crimes horribles documentés par Amnesty International et d'autres, les autorités camerounaises ont créé un climat d'impunité dans lequel les forces armées règnent librement pour tuer et torturer", a déclaré Ilaria Allegrozzi.
"Il doit y avoir une responsabilité pour ces meurtres brutaux. Face à des preuves tangibles, les dénégations générales des autorités camerounaises constituent une complicité et l’approbation tacite de ces crimes. "


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page