Cameroun- Filière café : La relance sur la bonne voie

Cameroun- Filière café : La relance sur la bonne voie
Ressusciter la filière café est le défi que s’est donné Gabriel Mbaerobe. À cet effet, tous les moyens sont mis en jeu. Le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural ( MINADER) a de ce fait présidé, ce 05 janvier 2022, à Yaoundé, la cérémonie de présentation de la méthodologie d’appui à la relance de cette filière ayant fait le PIB du Cameroun dans le temps.
La faible performance actuelle du verger caféier contraste avec les nombreux atouts et potentialités que regorge le Cameroun pour l’essor de ce sous-secteur. Les causes de cette contreperformance sont d’ordre immatériel ( l’ignorance, faible structuration des acteurs ruraux), méthodologique ( plateau technique et vulgarisation obsolète, désuète), technique ( pratiques archaïques de production non optimales), technologique ( équipements de production de faible rendement). Pour ce faire, après avoir longtemps sombré dans le déni, l’heure est venu de redonner à la filière café ses lettres de noblesse jadis dont le Cameroun était si fier. Pour repositionner son pion parmi les grands producteurs de café, le gouvernement camerounais s’est fixé l’objectif stratégique de produire 160 000 tonnes de café de qualité avec un taux de transformation locale de 50 % de la matière première et 20 % de consommation des produits manufacturés localement d’ici 2030. Un challenge qui exige d’accorder toutes les cordes du violon.
Il s’agit en effet, d’évaluer le potentiel que regorge le Cameroun. Selon le document Projet d’appui à la relance de la filière café, élaboré par le MINADER avec l’appui du CICC et l’IITA, pour la relance de la filière, le Cameroun compte des atouts tels la culture du café Arabica d’origine Camerounaise, prisé sur le marché mondial. De plus, le pays regorge des marges de progrès techniques et technologiques disponibles et non valorisées à suffisance. Pour ce qui est du potentiel de production, sur 350 000 ha du verger café de la fin de décennie 80, près de 160 000 ha ( 50 % ) serait en cours d’exploitation ou en attente de régénération caféière ( réhabilitation et la replantation). La mise en œuvre des activités liées à ces deux notions peut générer inéluctablement le triplement de la production nationale.
C’est entre autre quelques éléments que propose le PARF-CAFE en vue de redonner vie au café camerounais. La cérémonie de présentation de cette nouvelle méthodologie était l’occasion de tendre la main aux bailleurs de fonds publics et privés. « Cette séance de travail permet de faire un appel de pied aux bailleurs de fonds pour que nous puissions redynamiser la production du café. Cette redynamisation se base sur un certain nombre de piliers. À savoir, le rajeunissement des producteurs et des plantations ; la diffusion des variété végétale non seulement productives mais également résiliente aux changements climatiques. La diffusion des nouvelles pratiques au traitement de café. Vous savez que l’UE est devenue de plus en plus regardant sur les produits alimentaires qui entrent dans cette zone. Et surtout, le développement de la transformation et de la consommation nationale et régionale du café parce que nous savons que c’est à travers cette consommation et cette transformation que nous pouvons donner une plus value à la chaine de production de café et permettre aux producteurs de café d’avoir un revenu décent qui leur permet de s’accrocher d’avantage à la production. » confie Minader Gabriel Mbaerobe.
La séance d’hier a permis de faire d’une pierre deux coups. Une convention cadre a été signée entre le PARF-CAFE et la Chambre Internationale du Commerce ( ITC) par l’intermédiaire du CICC. D’après le ministre Gabriel Mbaerobe, « L’acte que nous venons d’effectuer en signant avec la Conseil interprofessionnel du cacao et du Café et le projet de la relance du café. Nous avons signé une convention, qui permettra au projet café de mener des actions sur le terrain afin de redynamiser la culture du café au Cameroun. Vous savez que nous avons trois gros acteurs dans la filière du café : UCCAO, la Nord west Coopérative associations, des synergies Nord Sud dans le Littoral et d’autres coopératives, surtout les mouvements des femmes productrices du café qui sont à l’honneur aujourd’hui. »
Pour le président de la Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café Appolinaire Ngwe, « Les acteurs qui se sont engagés notamment le CICC dont je suis le président apporteront en fonction des moyens disponibles pour faire ce qu’il faut pour que le café retrouve sa splendeur d’en temps. D’ailleurs, concernant le CICC, nous n’avons pas attendu. Nous avons déjà lancé ce que nous appelons les jeunes femmes et garçons new générations. Nous sommes sur le terrain, nous avons des plantations. L’occasion viendra où nous les montrerons. »
En rappel, Une délégation de torréfacteurs français du Comité Français du Café (CFC) a séjourné au Cameroun, entre les 7 et 13 novembre, dans le cadre d’une mission d’inspection de la filière café camerounaise, à l’invitation du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (Cicc). Au cours de leur séjour en terre camerounaise, ils ont laissé entendre qu’ils sont à la conquête de nouvelles origines pour enrichir leurs variétés destinées à la consommation, et qu’ils avaient porté leur choix sur le café camerounais. Un partenaire de plus qui entend apporter sa pierre au rayonnement du café camerounais.



