5ème Forum international sur la gestion des urgences et événements de santé publique : Une solution pour les maladies tropicales négligées
5ème Forum international sur la gestion des urgences et événements de santé publique : Une solution pour les maladies tropicales négligées

5ème Forum international sur la gestion des urgences et événements de santé publique : Une solution pour les maladies tropicales négligées
Ouvert, le 30 juillet 2025 à Yaoundé, les experts ont eu droit à deux jours intenses de réflexion pour trouver des réponses au renforcement de la résilience du systèmes de santé face aux changements climatiques en Afrique.
Placé sous le thème « Urgences de santé publique et changement climatique en Afrique : défis et perspectives », ce 5ᵉ Forum international sur la gestion des urgences et événements de santé publique aura permis aux experts du secteur de la santé publique de trouver des pistes de solution face à la multiplication et l’intensification des crises sanitaires liées aux changements climatiques. En effet, plus de 56 % des urgences recensées entre 2001 et 2021 dans la région Afrique de l’OMS sont d’origine climatique. La situation est d’autant plus préoccupante que les flambées épidémiques ont connu une hausse significative, passant de 153 entre 2022-2023 à 242 en 2024, selon Africa CDC. La densité des populations dans certaines zones, les infrastructures sanitaires parfois insuffisantes, les zones enclavées difficiles d’accès et les défis sociaux économiques sont des facteurs qui plombent la résilience des populations. Les défis sont multiples : malnutrition, maladies hydriques dues aux inondations, prolifération des maladies vectorielles comme le paludisme et la dingue, infrastructures sanitaires limitées, zones enclavées, et populations vulnérables. Pour le Professeur Joseph KAMNUI, chef de département de santé publique à la faculté de médecine de Yaoundé, et directeur général de l’institut supérieur de recherche scientifique et médicale. « …Il est évident qu’un forum comme celui-ci a beaucoup d’implication sur ces maladies à transmission vectorielle. En fonction du comportement du climat, en fonction des zones bio climatique du Cameroun, on va avoir la distribution de différents vecteurs. Plus il y a de vecteur, plus il y aura la transmission de la maladie. Donc, ces maladies sont directement liées à l’environnement. Tout changement de l’environnement va impacter positivement ou négativement ces maladies tropicales négligées….» Ces maladies tropicales négligées sont de manière générale, des filaires. Dans les filaires, on compte l’onchocercose, la filariose lymphatique et la loase. L’ onchocercose ou cécité des rivières est transmise par les mouches noires qui se développent dans les cours d’eaux à débit rapide . Donc pour que ces mouches se développent il faut qu’il y ait des grands fleuves. «… La densité des simulies va dépendre du courant de l’eau. Quand l’eau va monter, ça va noyer ces simulies et elles vont moins se développer. Quand l’eau baisse, ces simulies se développent. Donc, leur développement est directement lié à l’environnement.Vous comprenez que ces journées qui parlent de l’environnement peuvent avoir un impact direct. La filariose lymphatique a le même vecteur que le palu et pour que ces mouches se développent il faut qu’il y ait des flaques d’eau. Donc lorsqu’il y a la sècheresse on ne va pas voir ces moustiques. Lorsqu’il va pleuvoir, et qu’il y a inondation, il y a plus de gique donc plus de moustiques, plus de transmission de la filariose lymphatique plus de transmission du paludisme. Donc encore là c’est directement lié. La loase quant à elle, c’est une autre maladie tropicale negligée transmise par la mouche jaune localement appelé ossoune dans le centre et le Sud du Cameroun. Donc c’est quand il y a les forêts qu’il va avoir ces mouches. Si on détruit les forêts on ne va plus avoir ces mouches. Donc toutes ces maladies sont liées à l’environnement. D’où l’intérêt des forums comme ceux-ci qui permettent de comprendre la dynamique entre les changements climatiques et la dynamique de transmission de ces différentes maladies.» explique le Professeur KAMNUI
Ce 5ème forum plaide pour donc, pour le partage des bonnes pratiques de gestion des urgences sanitaires dans la Sous-région , la formation renforcée des personnels de santé, l’amélioration des équipements et des conditions de travail, l’adoption de l’approche « Une seule santé » (humaine, animale et environnementale), une meilleure intégration de la santé communautaire, et surtout une coopération régionale et internationale accrue.
Le Ministre de la Santé, Dr MANAOUDA Malachie, en présence de son homologue de la République Fédérale du Nigéria, le Dr ISIAQ ADEKOUNLE ALAKO, et plusieurs autres invités, a appelé à une action collective et concrète, soulignant que le Cameroun s’engage à assurer un suivi rigoureux des recommandations issues du forum.



