Politique

Cameroun : Mota critique la stratégie de Libii après la présidentielle

Les débats post-électoraux continuent d’animer la classe politique camerounaise plusieurs mois après le scrutin présidentiel d’octobre 2025. Une nouvelle polémique oppose deux figures de l’opposition : Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), et Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN).

Une sortie tardive critiquée

Le 3 février 2026, Cabral Libii a effectué une déclaration publique saluant la performance électorale d’Issa Tchiroma Bakary, qu’il a présenté comme le « meilleur deuxième » d’une élection présidentielle depuis 1992, avec un score annoncé de 35,17%. Cette intervention, intervenue trois mois après la proclamation officielle des résultats confirmant la réélection de Paul Biya, a suscité une réaction immédiate.

Mamadou Mota a vivement réagi à cette prise de parole, la qualifiant de cynique. Il a reproché au président du PCRN de rompre son silence longtemps après les tensions post-électorales, évoquant un contexte où, selon ses termes, les conséquences des événements sont déjà tangibles. Le vice-président du MRC a également contesté la comparaison établie par Libii entre Issa Tchiroma et l’historique leader de l’opposition Ni John Fru Ndi, y voyant une manœuvre pour minimiser l’importance du débat sur la légitimité du scrutin.

Des accusations de manque de transparence

Le cœur de la critique de Mamadou Mota porte sur la question de la transparence électorale. Il a rappelé que Cabral Libii avait précédemment affirmé détenir environ 30 000 procès-verbaux de vote, documents qui, selon Mota, n’ont jamais été rendus publics pour permettre une vérification indépendante des chiffres officiels. Cette absence de divulgation, estime-t-il, invalide les discours sur le fair-play politique et prive l’opinion publique d’éléments cruciaux pour juger de la régularité du processus.

Mota a par ailleurs interprété la déclaration de Libii comme une tentative de se rapprocher du pouvoir en place, faute d’avoir obtenu un soutien populaire massif. Cette analyse s’inscrit dans le clivage traditionnel entre les formations qui contestent frontalement le régime et celles adoptant une posture plus conciliante.

Cet échange illustre les repositionnements et les rivalités au sein de l’opposition camerounaise en période post-électorale. Alors que le pays s’achemine vers le prochain cycle électoral, chaque acteur affine sa stratégie pour consolider sa base et affirmer sa crédibilité sur une scène politique en constante évolution.

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