Maurice Kamto et le MRC accusés de reproduire le système qu’ils dénoncent

Une critique interne, formulée par un ancien membre de la mouvance contestataire camerounaise, met en lumière des tensions au sein de l’opposition. Elle porte sur les méthodes de fonctionnement du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto.
Une critique de l’ambivalence politique
L’ancien activiste, connu sous le pseudonyme de Calibri Calibro, adresse des reproches à la formation politique. Il estime que le parti, bien qu’il se présente comme une force de renouveau, adopterait en interne des mécanismes de pouvoir similaires à ceux du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au pouvoir. Selon lui, une contradiction fondamentale existerait entre le discours de changement porté par le MRC et ses pratiques internes.
Des parallèles dans la gouvernance interne
Le cœur de l’accusation repose sur une comparaison des structures de décision. Le critique dénonce un modèle de direction perçu comme figé, caractérisé par une absence de renouvellement à sa tête et une marginalisation des voix proposant des orientations différentes. Cette centralisation du pouvoir et cette résistance au débat interne seraient le miroir des travers dénoncés chez l’adversaire politique.
Pour illustrer ce décalage, l’argumentaire utilise une métaphore : l’incapacité d’une structure organisationnelle, jugée trop rigide, à intégrer des idées nouvelles ou une base militante élargie. Selon cette analyse, cette rigidité constituerait un frein majeur à l’efficacité et à l’expansion du parti.
Le rappel d’un contexte électoral passé
La critique s’étend également à la stratégie politique du mouvement lors de cycles électoraux antérieurs, notamment en 2025. L’ancien activiste reproche au MRC d’avoir manqué, à cette période, une opportunité historique de mobilisation face à un pouvoir qu’il jugeait affaibli. Il déplore un décalage entre l’action attendue sur le terrain et des postures perçues comme trop théoriques ou déconnectées des réalités vécues par la population.
Cette lecture des événements soulève la question de la capacité de l’opposition à transformer son discours en une force de proposition et d’action concrète, capable de fédérer et de conduire un changement.
Ces déclarations, bien que provenant d’une source unique et engagée, mettent en évidence les défis de cohérence et de crédibilité auxquels sont confrontés les partis d’opposition dans leur quête d’alternance. Elles interrogent la nécessaire adéquation entre un projet politique affiché et les modalités pratiques de sa mise en œuvre au sein même de l’organisation qui le porte.



