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Cameroun-La courtisanerie de EDC pour Memve’ele: une menace à la survie de cet important projet de Paul Biya

 

  Depuis quelques mois, il se raconte sur les chaumières de la procédure de transfert de la gestion du barrage hydroélectrique de Memve’ele dans le patrimoine de la société Electricity Development Corporation (EDC). La pose de la 1ère pierre du Projet d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele a eu lieu le 15 Juin 2012 par le chef de l’Etat , Paul Biya à Nyabizan. Projet mené avec brio par l’Unité opérationnelle et ses différents partenaires parmi lesquels l’entreprise chinoise SINOHYDRO, l’une des meilleures entreprises mondiale en matière de constructions des infrastructures énergétiques ( barrages et centrales électriques). Une telle initiative menacerait la survie de cet important projet du chef de l’État au regards des insuffisances de gestion dont souffre déjà Théodore Nsangou directeur général de EDC.

Comme un trophée , certains journaux annonçaient le transfert imminent de la gestion du Projet hydroélectrique de Memve’ele d’une capacité de 211 MW d’énergie à EDC, dont les premiers mégawatts ont été mis sous tension dans le Réseau interconnecté Sud ( RIS) depuis le 14 avril 2019 , avec les retombées économiques importantes chiffrées à plus de 3 milliards de Francs Cfa .

Ce qui apparaît comme une victoire pour le clan à Théodore Nsangou. Il ne faut pas être voyant pour se rendre compte de la courtisanerie que nourrit le DG de EDC, entreprise en charge du patrimoine de l’État dans le domaine de l’électricité. Une entreprise qui connaît déjà un climat de tension sociale dû à la mauvaise gestion financière de son directeur général.
Pour certains observateurs, c’est surprenant de confier la gestion d’un tel projet à EDC qui lui-même souffre des problèmes de gestion de son manager . À la lecture de la correspondance de Gaston Eloundou Essomba ministre de l’Eau et l’Energie tutelle technique de l’EDC , l’on s’est rendu à l’évidence du climat qui prévaut au sein de cette entreprise depuis un certain temps. Au mois de mai 2018, le Minée avait servi une demande d’explication avec pour objet « Mauvaise gestion à EDC/ Barrage de Lom Pangar » . Cette demande faisait suites aux innombrables plaintes du syndicat des travailleurs du secteur de développement des ouvrages de production , de transport et de régulation de l’électricité ( Syntdoptre) . Parmi les réclamations, il a été reproché au DG du non versement des retenues sur salaire à la Caisse nationale de Prévoyance sociale ( Cnps) , soit plus de 800 millions de CFA de dette. On associe à cela le non paiement des arriérés de salaires de 24 cadres recrutés en 2010 par le conseil d’administration , soit 450 millions FCFA comme manque à gagner. En outre par sa gestion tant décriée, les caisses de l’EDC sont vides selon une source introduite à l’EDC, ce qui inquiète le personnel de cette société d’État, notamment du fait de la régularité du paiement de leurs salaires. Au regards de tous ces faits, il ne serait pas incohérent de voir en cette absorption une menace pour la survie du Projet Memve’ele par EDC qui connaît déjà des problèmes en son sein. Transférer Memve’ele à EDC serait le début d’un échec pour certains observateurs. Il faut associer à cela la non maîtrise du Projet Memve’ele par EDC . Une autre inquiétude qui plane sur ce projet avec la menace d’arrêt de la centrale par l’entreprise chinoise sinohydro dont la responsabilité court jusqu’à réception totale de la centrale, y compris la ligne d’évacuation de l’énergie en 2021 . Cette opération de fusion alambique ressemble véritablement à un hold-up dont les visées cachées donnent déjà de maux de tête au landernau politique. vivement une décision stratégique éclairée !

Paul Fils Eloundou

Journaliste camerounais et maître en droit privé fondamental à l'Université de Yaoundé 2 SOA.

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