Cameroun : Cabral Libii porte plainte contre un ex-militant

Le député et président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, a officiellement mandaté ses conseils juridiques pour engager une procédure judiciaire. Cette décision, annoncée le 26 janvier, vise un ancien membre de sa formation politique, Jacques Bertrand Mang, qui multiplie depuis plusieurs jours les accusations publiques à son encontre.
Des accusations de corruption et de trahison
Dans une série de déclarations diffusées sur les réseaux sociaux à partir du 24 janvier, l’ancien militant reproche au leader du PCRN une collusion supposée avec le pouvoir en place. Jacques Bertrand Mang, candidat aux futures élections législatives dans le département du Wouri, affirme que Cabral Libii aurait falsifié les résultats de la présidentielle d’octobre 2025. Il l’accuse d’avoir, contre une somme qu’il évalue à un milliard de francs CFA, reconnu la victoire du président sortant Paul Biya alors que, selon lui, Issa Tchiroma Bakary l’aurait emporté.
Ces allégations, qualifiées de diffamatoires par l’entourage de l’élu, s’accompagnent d’imputations plus graves, évoquant une implication dans des faits criminels. Me René Roger BEBE, avocat principal de Cabral Libii, a indiqué dans un communiqué que son client entendait faire « répondre de ses actes » son ancien militant devant les tribunaux pour ces « affirmations d’une extrême gravité ».
Une escalade verbale avant les scrutins locaux
Face à ces attaques répétées, la défense de Cabral Libii a initialement évoqué des troubles psychiatriques chez son détracteur, rappelant une ancienne affaire d’escroquerie impliquant ce dernier à l’université de Douala. Devant la persistance et la médiatisation des accusations, la stratégie a changé, conduisant au dépôt d’une plainte.
Jacques Bertrand Mang a immédiatement réagi à l’annonce des poursuites, réitérant ses accusations et se présentant comme un « homme de conviction ». Il maintient que le président du PCRN aurait trahi la confiance populaire pour des motifs financiers.
Cette crise interne au sein d’un parti d’opposition survient dans un contexte électoral tendu, à l’approche des échéances législatives et municipales prévues en 2026. Elle met en lumière les fractures et les luttes d’influence qui traversent le paysage politique camerounais en période pré-électorale.



