Cameroun- Décès de Paul Éric Kingué: Njombe-Pendja en larme

Cameroun- Décès de Paul Eric Kinguè: Njombe-Pendja en larme
Le maire de la commune de Njombe-Penja, Paul Éric Kingué a poussé son dernier souffle aux premières heures, de ce lundi à l’hôpital de la Garnison militaire de Douala.
Cette nouvelle qui réveille la commune de Njombe-Penja, l’opposition en général et les Camerounais en ce début de semaine est triste et émouvante. Paul Éric Kingué est mort.
Le maire de Njombe-Penja , Président du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau ( MPCN ) ne va plus secouer le landerneau politico-médiatique.
On se souvient qu’au cours de l’élection présidentielle en 2018, le patron du MPCN avait opéré une coalition avec le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ( MRC ). Cette coalition qui a portée le regrété Paul Éric Kingué à la tête de la direction de campagne du candidat malheureux Maurice Kamto. L’histoire révèle que cette coalition ne sera que de courte durée. Puisqu’après l’incarcération des membres du MRC dont Maurice Kamto et Paul Éric Kingué, les deux hommes politiques vont se déchirer.
Virulent pourfendeur de Maurice Kamto après leur sortie de prison, le maire de la commune de Njombe-Penja avait mis en place une chaine de télévision spécialisée dans l’éducation.
En rappel, Paul Éric Kingué n’a pas toujours milité pour son parti. En juillet 2007, il est élu maire (RDPC, parti au pouvoir). Pour certains, c’est de là que ses problèmes commencent. Paul Éric Kingué hérite d’une commune potentiellement riche, où plusieurs multinationales du secteur agricole sont implantées. Il ordonne une expertise fiscale, qui révèle que la commune devrait percevoir 2,75 milliards de F CFA annuels de recettes fiscales. Loin de collecter une telle manne, l’édile annonce, en janvier 2008, qu’il va regarder de plus près la fiscalité des entreprises qui ne paient pas à la commune ce qui lui est dû.
Le 12 février 2008, il est inquiété « pour ne s’être pas levé pendant l’exécution de l’hymne national », lors des cérémonies marquant la fête de la Jeunesse. Les images le disculpent. Le 29 février 2008, il est enlevé à son domicile et placé en détention préventive, sans aucun mandat, dans la localité voisine de Nkongsamba : désigné comme l’instigateur des émeutes de la faim. Il est condamné en janvier 2009, à 06 ans de prison ferme. Kingué fait appel. En vain : sa demande est renvoyé 37 fois. Ce qui, selon lui, tend à accréditer sa thèse du complot politico-judiciaire. Puis, une deuxième procédure est lancée, pour détournement de deniers publics. Et, bien qu’un audit réalisé en 2010, et présenté au procès, exclut qu’il y ait eu un préjudice financier pour sa commune, il est condamné à une peine de dix ans ferme. Persuadé d’être victime d’un acharnement judiciaire, dans une lettre adressée à l’ambassadeur des États-Unis, le 19 décembre, Paul Éric Kingué réclame justice et menace de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu si sa demande d’appel n’est pas prise en considération.
Selon des sources, le défunt a plusieurs fois été victime d’empoisement.
C’est donc un homme qui a tout donné pour sa commune qui s’en va vaincu par la pandémie liée à Covid-19.



