
Cameroun- Edition 2025 de la journée Internationale du lait : Valoriser le pouvoir des produits laitiers
Considéré comme un gage de sécurité alimentaire, les produits laitiers contribuent à lutter également contre la pauvreté et le sous-emploi. C’est pour rappeler tout cela que le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales(MINEPIA), Dr TAIGA, a présidé ce 3 juillet 2025 à Yaoundé, l’édition 2025 de la journée internationale du lait.
« Célébrons le pouvoir des produits laitiers. », tel est le thème retenu pour l’édition 2025 de la journée internationale du lait. Il s’agit à travers cette journée, qui se célèbre habituellement le 1er juin et donc la commémoration a été différée au Cameroun, de mettre en valeur le lait et ses produits dérivés, non seulement en tant qu’aliments, mais aussi en tant que moteurs de la nutrition, du soutien aux communautés et de la stimulation économique.
L’objectif principal étant d’informer les consommateurs sur les multiples facettes de la filière laitière notamment : les produits laitiers et leurs qualités, les modes de production et de conservation ; l’organisation de la filière et l’importance économique.
D’énormes défis à relever pour développer la filière laitière

Avec une production annuelle d’environ 180 000 tonnes de lait en 2024essentiellement faible et autoconsommée dans les bassins de production, particulièrement dans les ménages des pasteurs en zones rurales. L’insuffisance et l’irrégularité des productions obtenues ne permettent pas de ravitailler convenablement les villes à partir de ces bassins et, presque pas les principaux marchés de consommation ( que constituent les villes de Douala et Yaoundé) où l’offre en lait et en produits laitiers est essentiellement réalisées à partir du lait importé. Ces importations de lait et produits dérivés (lait poudre, crème, beurre, yaourt et lait liquides) ont été évaluées a 18 000 tonnes en 2024(selon la Douane), induisant les sorties de devises, avec un déséquilibre de la balance commerciale représentant en moyenne 30 à 35 milliards de FCFA de pertes annuelles.

Eu égard du taux d’accroissement démographique de la population qui est de 2,9% chaque année, en 2035 la population devrait dépassée les 37 millions d’habitants. Si le Cameroun ambitionne de devenir un pays émergent en 2035, il faut donc qu’il se place au moins au niveau de 42 litres de lait/habitants/an, des perspectives envisagées par la FAO pour les pays à faible revenu. Le défi est donc de satisfaire une demande en lait et produits laitiers de 1,32 millions de tonnes, soit de quintupler la production actuelle. C’est ainsi une opportunité de 135 milliards de FCFA de marché national de lait et de produits laitiers qui se présente aux acteurs de la filière laitière.
Sur le plan de la balance commerciale, le défi majeur est de s’assurer que la filière laitière camerounaise participe progressivement à la satisfaction de la demande en matière première de l’industrie laitière nationale et, croit pour atteindre un taux de contribution considérable d’au moins 50% de ce besoin sur une période de 20 ans.
Quelques actions entreprises par le gouvernement camerounais
Pour booster la filière laitière, le MINEPIA en vue de contribuer à l’amélioration durable de la productivité et satisfaire la demande a mis en place, « l’élaboration du Plan National de Développement de la Filière Laitière qui est un document de référence dont l’exécution s’attèlera sur près de 15 ans ; la mise en place de l’Interprofession Lait du Cameroun(OIP-Lait CAM) qui se veut un levier pour le développement de la filière laitière au Cameroun ; la dotation des exploitants laitiers en équipements modernes tels que des trayeuses, des tanks réfrigérées pour la conservation du lait, ainsi que des bonbonnes en inox pour le transport hygiénique du lait… Nous envisageons d’ici peu, la distribution des matériels et équipements de production( trayeuses, vêleuses) de collecte( bidons a lait) et de transformation (barrettes et écrémeuses)au profit des acteurs de la filière laitière ; l’inauguration de la première usine de production de lait UHT à partir du lait local au Cameroun a Ngaoundere et la mise en œuvre des projets d’appui à l’amélioration de la production et à la valorisation du lait local dans le cadre de l’exécution du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique(PIISAH)… », Explique Dr TAIGA.
REACTION

Amirah Ndam Njoya, secrétaire générale de l’OIP LAIT CAM
« Nous avons mis sur pied une application mobile qu’on partage avec nos producteurs, collecteurs et consommateurs dans laquelle ils peuvent insérer certaines données. Nous sommes en phase test pilote, nous l’avons distribué a une petite quantité de banque, mais je crois qu’avec le temps on va l’étendre. Au niveau de la filière, nous rencontrons encore des difficultés notamment, l’éparpillement des acteurs, c’est difficile de réunir tous les membres des pôles pour des échanges et séances perceptibles de travail. »



