Cameroun – Lutte Contre la Mortalité: Désormais prioritaire dans la stratégie sanitaire de la région du Sud
Cameroun - Lutte Contre la Mortalité: Désormais prioritaire dans la stratégie sanitaire de la région du Sud

Cameroun – Lutte Contre la Mortalité: Désormais prioritaire dans la stratégie sanitaire de la région du Sud
Du 13 au 15 novembre 2025, médecins, responsables de districts, élus locaux et partenaires techniques se sont rassemblés, à Kye Ossi, dans la Vallée du Ntem, pour la deuxième réunion régionale de coordination des services de santé du Sud. Le thème de cette rencontre était : « La surveillance des décès au service de la viabilisation du District de santé ».
L’objectif principal : convertir les données de mortalité en actions concrètes pour renforcer l’autonomie et l’efficacité des districts de santé. Charles Yopndoi, Délégué Régional de la Santé publique, a souligné que comprendre les raisons des décès est essentiel pour améliorer la santé des populations et accroître l’autonomie des districts. Les participants ont convenu que chaque établissement de santé doit être en mesure de constater un décès, de le déclarer à l’état civil, d’en déterminer médicalement la cause et de l’enregistrer dans le système national d’information sanitaire. Une meilleure collecte des données de mortalité permettra de disposer d’informations fiables pour cibler les interventions là où les décès sont les plus fréquents. Chaque District de Santé doit ainsi apprendre à analyser ses données et à élaborer un plan de développement prenant en compte les spécificités de son territoire.
Une Stratégie pour Améliorer la Surveillance des Décès
Les défis structurels de la région ont été mis en lumière : aucun district n’a atteint le niveau d’autonomie escompté, un retard dû à un manque de ressources humaines et matérielles, à des problèmes logistiques, à une coordination déficiente et à un financement irrégulier. Les données sur la mortalité demeurent fragmentaires et peu fiables, tant dans les hôpitaux que dans les communautés. Cette situation expose particulièrement les populations vulnérables, comme les enfants, les femmes enceintes, et les patients souffrant de maladies comme le VIH ou la tuberculose, à des risques accrus.
Pour corriger cette tendance inquiétante, plusieurs recommandations ont été formulées. Tout d’abord, il est crucial de renforcer la surveillance des décès en certifiant correctement les causes et en récoltant des données fiables. Cela permettra d’identifier les zones à forte mortalité pour y concentrer les interventions. L’autonomisation des districts est également essentielle : former les équipes locales à la planification et à la prise de décision basées sur des données concrètes et développer leurs capacités de gestion et de coordination.
Un autre aspect crucial est la coordination entre les divers acteurs. Les Collectivités Territoriales Décentralisées doivent jouer un rôle actif, tout comme les partenaires techniques et financiers. Le rôle de la Couverture Santé Universelle (CSU), instaurée en 2023, a été mis en avant pour sa contribution à l’accès aux soins des populations vulnérables, son efficacité étant tributaire d’une surveillance rigoureuse des décès.
Parallèlement, la région projette d’investir dans des infrastructures et programmes prioritaires : construction et rénovation d’hôpitaux, lutte contre le paludisme, vaccination, nutrition et santé mentale, en veillant à l’implication active des communautés locales. La viabilisation des districts dépend désormais d’une meilleure analyse des décès, de la compréhension des faiblesses du système et de la mobilisation des forces locales pour y remédier. Ces trois jours de discussions ont permis d’identifier les défis, de formuler des recommandations concrètes et de réaffirmer la vision d’un Sud capable d’atteindre des standards sanitaires élevés d’ici 2035.
G.A.M



