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Cameroun- Etienne Sadembouo, « Alphabétisé une jeune fille, c’est accroitre le taux d’alphabétisation au Cameroun »

CamerounSademboue Sadembouo, « Alphabétisé une jeune fille, c’est accroitre le taux d’alphabétisation au Cameroun »

Le Cameroun s’est joint au reste du monde, hier 10 septembre 2021, pour célébrer la Journée Internationale de l’Alphabétisation. Occasion pour le ministère de l’éducation de base qui s’est saisi de l’opportunité pour faire le bilan du taux d’alphabétisation sur l’étendu du territoire national. Il en ressort que beaucoup reste à faire. Comme piste de solution, le Docteur Etienne Sadembouo, linguiste, propose de s’attarder sur la jeune fille.

Selon les statistiques de l’UNESCO, malgré l’augmentation régulière du taux d’alphabétisme depuis un demi-siècle, c’est à près de 773 millions le nombre d’adultes analphabètes à travers le monde, et pour la plupart des femmes. Au Cameroun, on retrouve encore des zones où les jeunes filles ne connaissent ni lire ni écrire. Les raisons évoquées, sillonnent autour des cultures ancestrales qui stipulent que le rôle de la femme est à la cuisine et dans les champs. Chose que le Professeur Etienne Sadembouo déplore. Pour l’enseignant d’Université, la jeune fille est un élément clef pour réduire considérablement le taux d’analphabètes dans le pays. « C’est extrêmement grave. Parce qu’une seule femme analphabète entraîne au moins 06 à 10 autres personnes analphabètes. La fille étant celle qui est à la maison tous les jours avec sa progéniture, cela entraine une cascade d’analphabètes. Donc, les programmes cibles très fortement la jeune fille. La jeune fille a besoin de savoir lire et écrire. C’est la compétence de base. Ensuite, cette compétence doit être exploitée dans des activités de toutes sortes. D’abord des activités liées à sa vie, c’est-à-dire, sa personne, sa santé, son travail et à la formation de sa progéniture aussi par des connaissances qu’elle peut acquérir à travers des cours d’alphabétisation. Parce que lire et écrire permet d’avoir accès à des connaissances liées à un savoir faire. » Ainsi, selon lui, cette compétence acquise par la jeune fille est directement retransmise à la progéniture. L’homme de lettre qui est par ailleurs, directeur du Centre ANACLAC confie que dans la structure qu’il dirige l’accent est plus mis sur la jeune fille. « Lorsque nous organisons nos programmes, lorsque nous implémentons nos programmes sur le terrain, les jeunes filles sont particulièrement sollicitées par le fait que c’est elles qui doivent dès la naissance de l’enfant lui apprendre à parler la langue maternelle. Si l’enfant parle la langue maternelle, pour être complet ; soit alphabet ; il faut que l’enfant apprenne aussi à lire et à écrire la langue maternelle. Et c’est le rôle de la femme d’orienter son enfant vers une telle éducation. » explique-t-il.

Cette 55ème édition de la journée internationale de l’Alphabétisation est placée sous le thème, « l’alphabétisation pour une reprise axée sur l’humain : réduire la fracture ». Ce thème vient ici remettre au-devant de la scène les difficultés qui empêchent le décollage de l’alphabétisation en Afrique en général et au Cameroun en particulier en raison du sous financement de ce sous-secteur et de la perturbation sans précédent causée par la crise de la Covid 19. Cette dernière a bouleversée le fragile équilibre que l’on a observé dans ce domaine entre 2010 et 2019.

Il faut le souligner, la crise sanitaire de la Covid 19 a ainsi remis les questions d’alphabétisation au second plan notamment dès les premiers plans de riposte contre la pandémie ce qui a conduit bon nombre de structure d’alphabétisation à suspendre leur fonctionnement habituel touchant ainsi des jeunes et des adultes analphabètes. Elle a également causé les inégalités préexistantes dans l’accès à des possibilités d’alphabétisation significative.

Toutefois, des efforts ont été entrepris pour trouver d’autres moyens pour assurer la continuité pédagogique. Quelques cours se sont poursuivis par l’apprentissage à distance, ( par le biais de la télévision et de la radio ) et souvent en association avec un apprentissage en présentiel ou dans des espaces en plein air. Mais il est important de précisé que ces mesures ont été des initiatives parfois personnelles et seuls certains centres des zones urbaines en ont procédé ainsi.Cameroun- Etienne Sadembouo, « Alphabétisé une jeune fille, c’est accroitre le taux d’alphabétisation au Cameroun » 4

La cérémonie tenue cette année 2021, était présidée par le secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Education de Base ( MINEDUB) Asheri Kilo Fofung.

 

 

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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