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Cameroun – Félix Mbarga Mbarga : Semer pendant que d’autres dispersent le vent

Cameroun - Félix Mbarga Mbarga : Semer pendant que d'autres dispersent le vent

Cameroun – Félix Mbarga Mbarga : Semer pendant que d’autres dispersent le vent

 

 Dans le grand théâtre des promesses creuses, certains rivalisent d’éloquence pour masquer le vide, pendant que d’autres remplissent le silence d’actions concrètes. Félix Mbarga Mbarga, jeune homme d’affaires natif du groupement Mvog-Amoug 2 dans la Mefou et Afamba (région du Centre), appartient à cette rare espèce qui bâtit sans bruit et dérange, par sa seule efficacité, le confort des illusionnistes.

 

On reconnaîtra alors sans peine ces oiseaux à mille becs. Ceux qui picorent avec une gourmandise presque artistique dans le camp de l’échec, transformant chaque opportunité en festin personnel. Ils parlent fort, promettent encore plus fort, et agissent… beaucoup moins. Leur spécialité : faire du surplace en donnant l’impression de courir un marathon.

Mais à côté de ce ballet bien rodé, un autre camp existe. Plus discret, presque silencieux — ce qui, dans certains milieux, est déjà suspect. C’est le camp des projets vrais, celui où l’on construit sans tambour ni trompette, où l’on préfère les résultats aux discours et les actes aux effets d’annonce.

 

C’est précisément dans cette catégorie que s’inscrit Félix Mbarga Mbarga, avec cette élégance rare de ceux qui travaillent pendant que d’autres répètent qu’ils vont commencer demain. Chez lui, point de grands discours gonflés à l’hélium ni de promesses qui s’envolent plus vite que des ballons de fête oubliés au soleil. Non, son registre est d’une sobriété presque déroutante : agir, encore agir, et parfois même réussir — ce qui, dans certains cercles, relève presque de la provocation. Là où d’autres dressent des plans sur la comète en espérant qu’elle repasse, lui trace des sillons bien réels, les pieds ancrés dans une terre qui ne ment pas. Il avance avec la patience d’un semeur et la discrétion d’un artisan, convaincu que les racines solides font moins de bruit que les branches agitées, mais tiennent infiniment mieux face aux vents capricieux de l’actualité. Et pendant que certains s’appliquent à repeindre des façades déjà fissurées, lui préfère consolider les fondations, loin des applaudissements faciles et des projecteurs trop pressés. On pourrait presque croire qu’il a fait vœu de silence médiatique, tant il laisse ses actions parler à sa place — une stratégie audacieuse dans un monde où le bruit est souvent pris pour de la substance. Mais c’est justement dans ce contraste que réside sa singularité : une constance tranquille, presque obstinée, qui finit par imposer le respect sans jamais le réclamer. À le regarder faire, on comprend que le vrai travail n’a pas besoin de slogans, seulement de rigueur, de temps et d’un soupçon de foi en des lendemains construits plutôt que proclamés.

Il faut dire que dans un monde où l’apparence tient souvent lieu de compétence, choisir la voie de la constance revient presque à marcher à contre-courant. Et pourtant, Félix Mbarga Mbarga persiste, comme une évidence tranquille au milieu d’un vacarme organisé. Il construit sans tambour, corrige sans fanfare, et améliore sans chercher de projecteurs — ce qui, ironie délicieuse, finit toujours par attirer la lumière. Car à force de faire, il devient difficile de ne pas voir. À force de bâtir, il devient impossible d’ignorer. Et pendant que certains s’épuisent à expliquer pourquoi rien n’avance, lui démontre, avec une simplicité presque poétique, que l’action reste le plus court chemin entre l’intention et le résultat. Mieux encore, il rappelle, sans jamais donner de leçon, que l’efficacité n’a pas besoin de costume sur mesure ni de discours calibré pour exister. Elle se glisse dans les gestes répétés, dans les décisions assumées, dans cette capacité rare à transformer les idées en réalités palpables. Il y a chez lui quelque chose d’un funambule discret, avançant sans bruit sur le fil du concret, loin des acrobaties verbales qui font tant de bruit pour si peu d’équilibre. Et pendant que les spectateurs applaudissent parfois les illusions, lui continue son chemin, imperturbable, préférant la solidité du réel aux mirages flatteurs. Au fond, son parcours ressemble à ces rivières silencieuses qui, sans éclaboussures spectaculaires, finissent pourtant par tracer les plus beaux paysages.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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