
Volleyball camerounais : la Blue Volleyball League au cœur de la mue vers le professionnalisme
Face à la presse ce dimanche au Collège Johnston de Yaoundé, le président de la Fédération Camerounaise de Volleyball (Fécavolley) a dressé un état des lieux sans complaisance de la Blue Volleyball League (BVL). Entre discipline financière, offensive sur les infrastructures et stratégie de formation ciblée, Julien Serge Abouem ce 8 février 2026 affiche une ambition assumée : faire du volleyball camerounais une industrie sportive d’élite à l’horizon 2032.
Dans un contexte marqué par des tensions administratives et institutionnelles, le patron de la Fécavolley s’est montré serein et déterminé. Pour Julien Serge Abouem, la trajectoire est déjà tracée et repose sur trois axes structurants : la professionnalisation des clubs, le développement des infrastructures sportives et la montée en puissance du Beach-Volleyball comme levier de démocratisation.
« Le cap ne change pas », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main les polémiques internes qu’il qualifie de marginales.
La Blue Volleyball League, école de rigueur
Véritable laboratoire du semi-professionnalisme, la Blue Volleyball League impose désormais une nouvelle culture de gestion aux clubs. Le président de la Fécavolley a insisté sur l’exigence de transparence financière, condition indispensable à l’accès aux appuis de la fédération et des sponsors.
À ce jour, aucun des huit clubs engagés n’a encore produit de compte d’affaires. Une situation que Julien Serge Abouem juge préoccupante, rappelant que « l’argent ne dort pas » dans un championnat où les charges augmentent continuellement.
Désormais, les règles sont contractuelles : comptes bancaires fonctionnels, contrats civiques pour les joueurs et respect strict des engagements. À terme, l’objectif est d’assurer une équité salariale aux athlètes, avec une projection de salaire minimum fixée à 200 000 FCFA par mois d’ici la saison 2028-2029. La rigueur s’étend jusque dans l’organisation sportive : « Quand un match est programmé à 17 heures, c’est 17 heures », a-t-il insisté.
Infrastructures sportives : le maillon faible à corriger
La question des infrastructures reste, selon Julien Serge Abouem, le « ventre-mou » du volleyball camerounais. Si le Cameroun parvient à rivaliser ponctuellement avec des nations comme l’Égypte ou le Maroc, mieux dotées en salles couvertes, l’objectif est désormais de combler durablement ce retard.
La Fécavolley vise la construction de dix gymnases modernes d’ici 2033. Malgré des ralentissements observés sur certains chantiers, notamment à Bafia, Ngaoundéré et Bangangté, un nouveau mécanisme de financement adossé à la BVL a été mis en place pour relancer les travaux.
« On ne peut pas jouer sur la terre nue et prétendre battre le Brésil, l’Italie ou la Russie », a-t-il lancé, appelant les médias et les mécènes à s’engager aux côtés de la fédération dans ce chantier structurant.
Le Beach-Volleyball, levier de massification
Pour élargir la base des pratiquants et diversifier l’offre sportive, la Fécavolley mise fortement sur le Beach-Volleyball. Plus accessible financièrement, cette discipline nécessite un investissement d’environ deux millions de FCFA par terrain.
Des discussions sont en cours avec six communes pour la mise en place d’aires de jeux, dans le cadre de partenariats privé-privé. L’objectif est de créer un vivier élargi de licenciés et de renforcer la présence du volleyball dans l’espace urbain.
Formation et performance : la clé du retour au sommet
Sur le plan technique, la fédération concentre ses efforts sur la formation de jeunes talents répondant à des critères morphologiques précis, considérés comme indispensables au très haut niveau. Filles de plus d’1,80 mètre et garçons atteignant 2,05 mètres constituent le cœur de cette stratégie de projection.
Face aux tensions internes qui agitent la discipline, Julien Serge Abouem se veut rassurant, évoquant un simple « voile de fumée » entretenu par des intérêts individuels. Pour lui, la véritable bataille se joue sur le terrain et dans les centres de formation.
« La crème est ici. Dans deux ou trois ans, le Cameroun sera de nouveau au sommet du volleyball africain », a-t-il conclu, convaincu de la pertinence du modèle de « financing by performance », qui lie directement les ressources de la fédération aux résultats sur la scène internationale.



