Politique

Zimbabwe : une réforme constitutionnelle prolonge le mandat de Mnangagwa

Le gouvernement du Zimbabwe a donné son feu vert à un projet de loi révisant la Constitution nationale. Ce texte, présenté et adopté en conseil des ministres, introduit deux modifications majeures du cadre institutionnel.

Prolongation du mandat et nouveau mode de scrutin

La première disposition vise à allonger la durée du mandat présidentiel. Si le projet est entériné par le Parlement, le prochain mandat, qui devait s’achever en 2028, serait prolongé jusqu’en 2030. Cette initiative gouvernementale fait suite à une résolution interne du parti au pouvoir, la Zanu-PF, adoptée en octobre dernier.

La seconde modification concerne le processus électoral lui-même. Le projet propose que le président de la République ne soit plus élu au suffrage universel direct, mais par un vote des membres du Parlement.

Un contexte politique particulier

Cette réforme intervient dans un contexte où le président en exercice, Emmerson Mnangagwa, arrivé au pouvoir en 2017, est actuellement limité par la Constitution à deux mandats successifs, ce qui l’empêcherait de se représenter. Le parti Zanu-PF, qui dirige le pays sans interruption depuis l’indépendance il y a plus de quatre décennies, dispose à l’Assemblée de la majorité qualifiée des deux tiers nécessaire pour adopter une révision constitutionnelle.

Le projet de loi doit désormais être soumis au vote des députés. Son adoption potentielle marquerait un tournant significatif dans l’architecture politique zimbabwéenne, relançant nécessairement les débats sur les modalités de l’alternance et la gouvernance exécutive. Les formations d’opposition dénoncent quant à elles une manœuvre visant à assurer la pérennité du pouvoir actuel.

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