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Cameroun- formation des gendarmes de la nature : Germain Mbog, directeur de l’Enef fait de la discipline, la rigueur et la loyauté ses maitres mots

L’école nationale des eaux et forêts (Enef) de Mbalmayo est une institution de formation technique et professionnelle dans le domaine de la foresterie. Créée, le 19 juillet 1949, sous la dénomination de centre d’Apprentissage forestière (CAF), après plusieurs phases intermédiaires (1952, Ecole technique forestière, 1966, école Ecole des eaux et forêts). Le cigle devient, à partir du  09 juin 1980, Ecole nationale des eaux et forêts. Sa mission est de former un personnel technique hautement qualifié et directement opérationnel. Il y a de cela plus d’un an, Gervais Mbog est nommé à la tête de la prestigieuse école. La maison présente une fière allure.  Le directeur de l’Enef s’entretien avec votre journal.

Afrikinfo.net : Au total, 17 directeurs ont eu la charge de la conduite des affaires de l’Enef. Un an après votre nomination à la tête de cette institution, on peut dire que des choses ont été faites. Quel bilan pouvez -vous donner, rendu à ce jour ?

Directeur Enef : Je puis dire que l’administration publique fonctionne sur le principe de la continuité. Et l’école nationale des eaux et forêts comme tous les établissements publics, obéit à un certain nombre de lois, règlements et d’orientations qui sont données au niveau du pays. Mais qu’est ce que nous avons pu apporter en plus ? L’école est entrée depuis près de 05 à 06 ans  dans la modernisation des enseignements et des infrastructures. Bref de façon globale.

Nous, déjà par rapport à la situation d’éthique, il y a une devise qui a été instituée à l’école par laquelle, les apprenants devraient s’identifier. Ce qui est discipline, parce que rien ne se fait sans discipline ; le travail, car lorsqu’on vient ici, c’est pour travailler. Et puis, la loyauté, c’est-à-dire, être loyal envers les institutions.

L’image de l’école avait à un certain moment été écorchée par certains apprenants qui sont sortis du cadre de la formation. A ce  sujet, nous pouvons dire que nous avons ramené la discipline dans les rangs. Il faut aussi dire que la proximité avec la ville de Mbalmayo qui est à très forte urbanisation fait en sorte que l’école elle-même, subisse des effets de  la jeunesse, la dépravation des mœurs, la consommation des stupéfiants. Dieu merci, nous avons pu stabiliser et maintenir le cap. Ce qui fait que  les influences ne se font pas directement ressentir à l’intérieur. Car, dès lors nous  n’avons aucun élément qui ait été impliqué. Dans la poursuite des travaux de modernisation, il y a des infrastructures qui sont en cours de réhabilitation. Il ya des programmes qui sont en cours de révision et il y a aussi les autres instructions de la hiérarchie que nous avons reçu.

Afrikinfo.net : L’Enef, a pour vocation de former un personnel technique hautement qualifié pour être opérationnel sur le terrain. Quels sont les moyens mis sur pied pour améliorer les performances des enseignements et des enseignants ?

Directeur de l’Enef : Il faut déjà dire que la politique de la formation au Cameroun nous demande que nous allions dans la professionnalisation. Et la professionnalisation fait appelle au processus de métier. Faisant ainsi, appel à une  collaboration étroite avec le secteur privé. Donc, les moyens que nous utilisons aujourd’hui, c’est d’abord ce partenariat avec le secteur privé pour améliorer la qualité de la formation, offrir aux apprenants des lieux d’expérimentation. Mais il faut relever que l’Enef a à son  sein des annexes pédagogiques, qui, sont entretenues et sont utilisées par les apprenants. Ça veut dire qu’une partie de la professionnalisation, elle-même se fait ici au regard des annexes pédagogique que nous avons qui nous permettent d’avoir tous les éléments.

Maintenant au niveau de la formation des formateurs, nous essayons à travers le renforcement des capacités des enseignements, également à mettre à jours leurs compétences techniques et leurs habitudes pour qu’ils puissent mieux transmettre les connaissances. Nous restons également en veuille par rapport au développement de la technologie et tout ce qui peut se faire.

C’est dans ce sens que nous avons à travers les différents réseaux auxquels nous appartenons, notamment, celui de l’Agence forestière de la francophonie bénéficions de beaucoup d’opportunités à ce niveau. Nous continuons à nous améliorer et voir les éléments de faiblesses pour pouvoir les relever. Il faut aussi préciser que l’Etat nous apporte une subvention qui certes,  nous souhaiterons qu’elle soit améliorée, mais, nous  permet déjà tout au moins de former des apprenants avec un niveau technique très appréciable et qu’ils soient directement opérationnelle. Il y a de nombreuses opportunités. Nous avons l’AFD à travers le C2D, qui nous a offert également une subvention qui a permis d’avoir le matériel de pointe en quantité et qui nous permet également de faire des exercices pratiques.

Afrikinfo.net : La toute première cuvée rentrée sous votre égide, (70ème de l’école), vient d’entamer sa formation. Sous quel sigle la placez-vous ? Et quels sont les moyens à disposition pour que celle-ci se démarque?

Directeur de l’ Enef : Il faut dire que la 70ème promotion a été baptisée, promotion Ndédi Rose qui a été directeur de 2010 à 2012. C’est une femme qui marque une certaine rigueur, une certaine compétence et dont les faits ont été reconnus dans l’administration. C’est sous ce prisme que nous avons placé cette promotion. Par ce que n’oubliez pas, lors du discours du chef de l’Etat, il a parlé d’opportunité. Et, pour que ces jeunes puissent avoir ces opportunités, nous revenons à ce que nous avons mis comme notre emblème. C’est dire, la discipline, le travail et la loyauté. Nous pensons que si les jeunes veulent aller vers l’entreprenariat, ou dans le monde du travail, il faudrait être discipliné. Et ça, il faut l’apprendre dès la formation et apprendre qu’on ne peut rien avoir si l’on ne travaille pas. Et puis, vous ne pouvez pas être quelque part et ne pas être loyal envers ce que vous faites. Si vous travaillez dans une institution, vous devez lui en être loyal. Si vous pensez que vous ne pouvez plus l’être, vous démissionnez. C’est ce que nous essayons d’inculquer à nos apprenants. Ce qui est le reflet  de cette dame que porte le nom de cette cuvée.

Afrikinfo.net : A ce jour, l’Enef a formé plus de 2500 cadres, que ce soit dans les  formations initiales (Agents techniques  des eaux et forêts, techniciens des eaux et forêts). Depuis quelques décennies, des cadres moyens d’administration destinés aux institutions et à quelques entreprises privées.  Quels sont les projections avenir de l’Enef de Mbalmayo ?

Directeur de l’Enef : Il faut dire que le directeur ne créé. Nous avons des orientations.  Nous sommes dans la politique des opportunités pour atteindre l’émergence en 2035. Il est question dans notre secteur, concernant foret et environnement, de voir comment est ce que nous pouvons apporter notre pierre pour atteindre l’émergence. C’est dans ce sens que l’école est entrain de subir une mutation à l’heure actuelle pour mieux accompagner. A ce titre là, il y a une réorganisation total des parcourt de formation. Il y a une réorganisation totale, et même une réorganisation même du mode de formation. Cette réorganisation fait en sorte que nous  nous mettions en phase avec la politique pour produire des éléments performants. C’est ainsi qu’il y a des nouveaux cycles qui vont être ouvert. Nous allons laisser ma primeur à la hiérarchie. Nous avons des partenariats très poussés avec des institutions techniques très élevés pour que nous puissions nous arrimer. N’oubliez pas qu’aujourd’hui, la politique forestière veux que nous allions vers les plantations forestières et améliorer la gestion durable des ressources naturelles. C’est cette réorientation que nous faisons par rapport à la formation. Pour que tout ce qui est établie sur le plan politique, nous puissions les transformer en élément de transformation. C’est ce que nous somme entrain de faire. Et les nouveaux programmes seront disponibles au courant de l’année 2019-2020. Il faut voir que nous nous arrêtons par rapport à nos missions. Nous ne pouvons pas réfléchir au-delà de nos compétences.

Depuis la  fin des années 1990, l’intégration directe s’est arrêtée dans  cette institution. Au début ça été un peu difficile par ce que le modèle de formation était resté la formation des cadre de l’administration. Mais aujourd’hui,  nous formons pour le secteur privé. Ce qui a fait que, l’Enef  a pu résister au temps. Si aujourd’hui, nous avons 2000 à 3000 candidats par an alors que nous n’intégrons pas directement, cela veut dire qu’il y a un intérêt et s’il y en a, les apprenants ressentent que le secteur  privé emploie. Donc, la balance bascule beaucoup plus vers le secteur privé parce que nous formons par an environ 250 et au bout de 250,  l’Etat n’emploie même pas 100. Donc, l’Etat aujourd’hui occupe à peu près 25% du potentiel. Le reste est dans le secteur privé.

C’est vrai que tous n’ont pas un emploi décent mais il ya aussi ce facteur là. Je voudrai ajouter que dans les nouveaux programmes qui vont venir par ce qu’on s’était rendu compte de nos faiblesses. L’entreprenariat jeune c’est l’une des forces qui vont venir renforcer ceux qui n’arrivent pas à s’insérer sur le plan professionnel. Donc il y a le public, le privé et l’entreprenariat jeune qui viennent en renfort pour occuper les apprenants en fin de formation.  Il faut déjà dire que les effets, se font ressentir sur les promotions actuelles. Parce que nous avons réadapté. Mais les nouveaux vont être plus clairs.

Afrikinfo.net :  Que pensez vous de la corruption dans le monde de la protection de la forêt et de la faune ?

Directeur de l’Enef : Le rapport de la Conac commis au mois de décembre dernier, correspondant à l’année 2017, où l’administration des forêts était  en 07ème  ou 08ème rang. Ce que dire qu’il y a l’effet de corruption qui sont avérés. Mais, je ne pourrais pas le lier à la formation de l’individu. C’est le contexte social généralisé qui fait en sorte que le fonctionnaire ou l’agent qui est en contact avec les  opérateurs  qui puis y avoir des actes de corruption. qui sont fermement condamnés. Car vous voyez les actions du ministre en poste à l’heure actuel. Donc, à chaque fois qu’il a eu à être informé d’un acte de corruption, il n’a pas hésité à sanctioner.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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