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Cameroun- Formations sanitaires publiques: Plus de 4000 personnels de santé nagent dans la précarité

Cameroun- Formations sanitaires publiques: Plus de 4000 personnels de santé nagent dans la précarité

La session de suivi du dialogue social entre le Ministère de la Santé Publique et les partenaires sociaux du secteur de la santé tenue, le 07 mai à Yaoundé, aura permis de laver le linge sale qui se trouve dans la famille de la santé publique au Cameroun.

Le climat dans les hôpitaux est passé au scanner. Prise en charge des personnels malades, arriérés de paiement des salaires et des quotes-parts, recrutement par des instances inappropriées sont quelques sujets abordés.

Il ressort que, selon Jean Jacques ANDJONGO, Inspecteur des Services N° 5 au ministère de la santé publique: la majorité des Formations Sanitaires (Fosa) ne respecte pas les textes réglementaires appliqués à la gestion des quotes-parts et primes, la prise en charge des personnels dans les Fosa n’est non plus respectée. S’agissant des effectifs, l’on note un déficit criard en ressources humaines. Une rémunération faible et irrégulière, quoique certains recrutements sont effectués par des instances inappropriées avec parfois des contrats à durée déterminée (CDD) délivrés. Pour ce qui est des Comités de gestion des Fosa, certains des présidents s’octroient des charges et avantages supposés être supportés par des Formations sanitaires à l’équilibre financier le plus souvent précaire.

Face à ce tableau sombre, des recommandations ont été formulées au terme de ladite mission allant dans le sens d’améliorer les conditions des personnels de santé. Parmi celles-ci, la réactivation du Comité de suivi du dialogue social Minsanté-partenaires sociaux.

Au sujet du recrutement des personnels santé dans la fonction publique, le Dr. MANAOUDA Malachie lui-même présidant cette séance d’échange, avoue le faible taux. Il justifie cet état des choses, par le manque des disponibilités financières malgré le plaidoyer engagé auprès de la « haute hiérarchie ».

Élysée EYENGA, le Directeur des Ressources Humaines au Minsanté
Élysée EYENGA, le Directeur des Ressources Humaines au Minsanté

Dans cette mouvance, Élysée EYENGA, le Directeur des Ressources Humaines au Minsanté, en a profité pour indiquer que le recensement des personnels précaires dans les Fosa a présenté par endroit des effectifs en inadéquation avec la catégorie de l’hôpital. Le nombre total étant de 4453 personnels en situation de précarité.

Une situation que regrette les présidents du Syndicat national des personnels médico-sanitaire (Synpems) et du Syndicat national des personnels des établissements/entreprises du secteur de la santé au Cameroun (Cap/santé). Ils dénoncent ici le fait que lors de recrutement, des responsables des structures sanitaires aient renvoyé ceux régulièrement en activité au sein de leur structure pour faire enrôler de nouvelles personnes. Concernant la prise en charge des personnels de santé dans les Fosa, les syndicats évoquent une mauvaise volonté des dirigeants des hôpitaux. Cameroun- Formations sanitaires publiques: Plus de 4000 personnels de santé nagent dans la précarité 8 Cameroun- Formations sanitaires publiques: Plus de 4000 personnels de santé nagent dans la précarité 9 Cameroun- Formations sanitaires publiques: Plus de 4000 personnels de santé nagent dans la précarité 10

Par conséquent, des pistes de solutions sont évoquées. De ce fait, Malachie Manaouda a instruit la mise sur pied d’un groupe de travail pour l’examen dudit texte. L’idée d’une mutuelle a également été évoquée. Par ailleurs, en plus d’une lettre circulaire rappelant les textes qui régissent les Comités de gestion des Fosa, le Ministre demande de penser aux moyens d’encadrer la gouvernance hospitalière. Dans ce sillage, une réunion est prévue avec les syndicats et les directeurs de l’hôpital de district de Biyem-Assi, de l’hôpital régional d’Ebolowa et du Centre Hospitalier Universitaire pour examiner les solutions aux préoccupations soulevées, notamment les arriérés de salaire et de quotes-parts, les affectations jugées disciplinaires.

A titre de rappel, cette concertation avec la famille du secteur de la santé est la suite d’un combat mené depuis des lustres. En juillet 2020, dans un communiqué conjoint signé du président national des personnels des établissements/ entreprises du secteur de la santé au Cameroun ( CAP/ Santé) sylvain Nga Onana et celui du syndicat national des personnels médico-sanitaires du Cameroun (Synpems) Balla Balla, les personnels de santé exprimaient leur ras- le – bol. Dans cette sortie, ils avaient énumérés un chapelet de revendications ayant trait: aux conditions de travail des personnels de santé, le profil de carrière, les plateaux techniques, le manque de médicaments dans les hôpitaux publics et la non application de certaines conventions pour ne citer que celles- là globalement.
Ils souhaitaient que le gouvernement résolve au mois 10 points dans leurs motifs. Entre autres :
1) La non application du Décret du 06 mars accordant les primes aux personnels de l’État relevant du code du travail.
2) Le non respect du Décret Nº 2016/6447/PM du 13 décembre 2016 fixant les modalités d’attribution des quottes parts sur l’ensemble des prestations à titre onéreux aux personnels médicaux et paramédicaux exerçants dans les formations sanitaires publiques.
3) Le non respect de l’Arrêté Nº 0561/ MINSANTÉ/ CAB du 16 février 2017 fixant les modalités de prise en charge des malades non imputables au service des personnels des corps de la santé publique.
4) L’apurement des arriérés issus de la convention collective des hôpitaux de première catégorie
5) L’application entière et totale de ladite convention
6) L’harmonisation de l’âge de départ à la retraite
7) Le non paiement de l’indemnité de non logement au personnel de la première à la 6e catégorie
8) La non attribution d’une indemnité compensatrice aux autres personnels d’appui et administratif ne bénéficiant pas des primes des personnels des corps de la santé
9) La non mise à la retraite systématique des personnes atteintes par la limite d’âge, les jeunes sortis des écoles de formation vont travailler quand ?
10) L’arrêt de l’utilisation abusive des stagiaires de perfectionnement à statut précaire dans les hôpitaux.

Faut t- il le signaler, ce mouvement de grève intervenait après plusieurs réunions de concertations infructueuses entre les représentants des personnels de santé et le gouvernement initié au mois de janvier à avril 2019.

Au regard de ce qui précède, les espoirs restent tourner vers cette nouvelle tentative de dialogue social tenue avec le Minsanté.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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