Cameroun : interview exclusive du préfet de l’océan, Antoine Bisaga ressasse l’an 2019 dans son territoire de commandement

L’administrateur civil hors échelle, s’est convié à la rédaction d’Afrikinfo.net, au cours d’un entretien exclusif, où il aborde les principaux sujets de l’actualité 2019 et les perspectives de 2020 dans le département de l’océan. Du Bilan des exécutifs communaux, aux échéances électoraux à venir en passant par les faits de détournements des indemnisations des populations, touchées par les projets structurants, Antoine Bisaga dit tout sans langue de bois. Entretien mené par ANGE NOEL MBEMAM.


Ange Noel MBEMAM : Monsieur le préfet de l’océan bonjour, que retenez-vous de l’année 2019 de manière globale dans votre département ?
Antoine BISAGA : Globalement notre département a vécu dans le calme, nous n’avons pas connu d’évènements particuliers encore moins de crise particulières.
A N M : 2019 qui s’en va, a marqué la fin de mandat des exécutifs communaux, quel commentaire ?
A B : Je dois dire que globalement les maires se sont battus comme ils pouvaient, il y en a une bonne majorité qui se sont démarqués et je leur ai signifié, soit verbalement soit de manière écrite par contre il y en a aussi pour qui ça été une catastrophe, au point où on se demande bien s’ils sont réélus ce que ça donnera. Mais de toutes les façons ça émane d’une certaine opinion qui pense, qu’il n’avait pas de compte à rendre.
A N M : L’opinion observe malgré tout que le désordre urbain ne s’est jamais autant bien porté que ces derniers temps, c’est votre avis ?
Préfet : c’est le mal un peu partout, parfois l’autorité administrative je ne peux pas dire qu’elle est désarmée, elle n’a pas toujours les moyens parce que les acteurs les plus importants c’est les communes, parce que lorsque vous ne regardez pas dans la même direction, c’est un véritable problème. Vous pouvez parler, donner des instructions mais ce n’est pas vous qui exécutez. Et j’avoue aussi qu’il existe des situations où mêmes les maires sont désarmés parce qu’ils n’ont pas des moyens pour pouvoir accomplir leurs tâches, mais la plupart du temps il manque la volonté pour accompagner les directives que donnent l’autorité administrative. Les problèmes pourtant sont visibles là, les stationnements de camions en plein centre urbain, nous avons d’ailleurs tenus plusieurs réunions à propos, il s’y trouve que la communauté urbaine n’a pratiquement plus d’espace du fait de l’immatriculation des terres.
A N M : Avez-vous l’impression qu’au-delà de tous, c’est un mandat qui aura été particulièrement difficile pour les élus locaux ?
A B : Très difficile parce que vous avez vu dans l’ensemble des communes des difficultés à payer les salaires, à cause des fortes tensions de trésorerie, qui sont du faites de la situation sécuritaire et ses effets dominaux sur notre économie. Le chef de l’Etat s’est lui-même penché sur la question, dans son discours de fin d’année, en saluant la résilience du peuple camerounais et cela a impacté l’économie locale et programme de développement de nos mairies.
A N M : le Port de Kribi a signé en 2019 une convention avec la communauté urbaine, un début de solution ?
Préfet : c’est avec beaucoup de satisfaction que nous avons salué la signature de cette convention, nous l’avons souhaitées, enfin de créer une harmonie entre le port et la communauté urbaine pour le développement de la ville. Vous savez qu’il existe un projet de création d’une ville nouvelle dans l’extension du port, nous avons donc pensé qu’il ne serait pas juste de voir d’un côté une ville moderne et de l’autre une ville qui ressemble à un village. Il était donc question d’amener le port à apporter tout son concours dans la modernisation de la ville ancienne, afin qu’il y ait une continuité pour qu’on n’ait pas l’impression d’être dans une sorte de Tanga Nord et Tanga Sud.
A N M : Devra-t-on trouver des réponses aux problèmes posés par les acteurs du transport terrestre, qui viennent de saisir la direction du port sur le manque d’espace de stationnement ?
A B: nous avons tenu plusieurs réunions sur la question et un espace au niveau d’Ebome devra être aménagé à cet effet, la douane, le port et la communauté urbaine sont en pourparlers dessus. Comme je l’ai dit tantôt, plusieurs réunions se sont tenues, j’avoue que je ne peux vous dire à quel niveau ça coince pour le moment, mais je sais que la piste de solution a déjà été trouvé, pour cette question, parce qu’il faut l’avouer ça ne donne pas une très belle image de voir des camions garés un peu partout dans la ville.
A N M : A côté de celle-là, il y a la question des infrastructures sportives qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives au courant de l’année qui s’achève, elle est s’y difficile à résoudre pour l’autorité administrative ?
A B : Vraiment difficile, je vous ai dit que le véritable problème c’est que l’autorité administrative, a des idées, des propositions mais n’a pas par elle-même les moyens pour apporter une réponse. On s’est rendu compte que dans notre département, les gens ne sont pas beaucoup sensibles sur cet investissement. Et vous le voyez bien notre gymnase qui est en lambeau, mais vous ne trouverez personne ni des opérateurs économiques qui s’engagent tout autour et c’est la même situation que nous avons avec le stade municipal, nous avons toutes les peines pour qu’il soit au norme ou tout au moins qu’il s’en rapproche. Et malheureusement les collectivités elles-mêmes sont dépourvues de moyens il faudra peut-être poursuivre la sensibilisation, pour démontrer aux citoyens le bien fondé du développement des infrastructures sportives, qui est un facteur de développement socioéconomique.
A N M : Mais beaucoup pensent que c’est à l’administration de faire le pas de géant, pour que tout le monde suive, que leur répondez-vous ?
A B : Non c’est très facile de le dire, mais avec la démocratie, les temps ne sont plus comme hier, où vous pouviez aller dans une entreprise et donner des ordres et les voir exécuter en tant qu’autorité. Ce n’est plus possible, même dans nos domiciles avec nos enfants, pour qu’ils vous rendent service aujourd’hui, il faut user de beaucoup de diplomatie, et pourtant avant ce n’était pas le cas, à plus forte raison les adultes non, ce n’est pas aussi facile pour l’autorité comme on le pense. Tout doit aller selon les normes, sinon vous risquez vous attirer les problèmes dont vous ne pensez même pas, pourtant vous agissez dans l’intérêt de tous.
A N M : Ajouté à cela, il y a le problème de l’exploitation des espaces verts dont les plages où véritablement règne un désordre, toutes vos mesures prisent ont pratiquement disparu de la circulation, comment fait-on pour être autant faible devant autant de désordre ?
A B : Ce n’est pas un problème de faiblesse, vous savez, vous ne pouvez rien faire aujourd’hui, si vous êtes pas capable de convaincre les gens. L’autorité administrative ne gère pas les plages, tout ce que nous faisons c’est d’attirer l’attention de ceux qui ont cette charge. Vous voyez c’est pratiquement inadmissible de voir comment les gens exploitent le sable de mer en pleine journée, nous avons fait des descentes à plusieurs reprises avec l’état majore, et ça n’a changé en rien. Tant qu’on n’aura pas pris conscience, qu’on veut faire de Kribi une grande ville, on avancera pas. Je me souviens encore en son époque le ministre de l’administration territoriale René Emmanuel SADI, en son temps avait réuni les deux maires en leur donnant des instructions fermes sur l’extraction du sable de mer, plus tard c’est le Secrétaire Général de la présidence de la république, qui la fait, mais malheureusement personne n’a bougé le petit doigt. Quand vous n’avez pas la passion pour cette affaire et quand vous trouvez qu’il n’y a pas de sanction, ça donne malheureusement le constat actuel, jusqu’au jour où peut-être il y aura un maire passionné qui voudra mettre de l’ordre, qui voudra relever la beauté de cette ville.
A N M : Il y a peu vous avez organisé un dialogue départemental sur le vivre ensemble, quel était l’objectif ?
A B : Nous vivons une situation au Cameroun, où de plus en plus le tribalisme est assez élevé, et les politiciens se sont mêlés et ça créé un effet boomerang un environnement très difficile à gérer. Nous avons suivi ce qui s’est passé à Sangmelima après le dialogue national, et nous avons compris qu’il fallait questionner l’opinion pour savoir où est ce que nous en sommes dans le département de l’Océan ? C’est pour cela que nous avions convoqué toutes les communautés pour que nous nous disions la vérité, parce que jusqu’à preuve de contraire c’est la vérité qui affranchit. Nous pouvons nous réjouir du fait que les débat ont été très suivis.
A N M : Ne pensez-vous pas les débats nés de l’adoption du code de collectivités territoriales décentralisés, sur la question autochtone, sont en déphasage avec l’objectif du dialogue océanais ?
A B : Je crois que mon expérience en tant qu’autorité administrative, me permet d’avoir un avis contraire sur la question, parce que j’ai pratiquement sillonné tout le pays, mis à part les régions anglophones, je crois que la proposition du gouvernement a été opportune, parce qu’en fait, au-delà de ce que nous pouvons faire, il y a encore une fragilité, au niveau de la création de la nation camerounaise et qu’il faut donc encore observer un ensemble d’équilibre, sinon tout ce que nous bâtissions peu s’écrouler si cela n’est pas protégé. Il faut donc savoir que si la minorité n’est pas protégée, ce serait la bataille de demain, et cette minorité, elle peut être naturelle, comme les BAGIELIS « pygmées », nous avons déjà besoin de les protéger pour qu’ils soient dans le conseil, et nous devons protéger les autochtones qui parfois dans certaines villes sont devenues s’y minoritaires. Et comme nous sommes dans une ville où les gens n’ont pitié de personne, ils vous écrasent, si l’Etat ne protège pas cette minorité elle sera absente de la gestion même de leur propre territoire. Et si vous voyez bien cette loi, elle ne s’applique qu’aux communes urbaines, pour qu’il reste quand même la pensé que dans cette terre, des autochtones y ont vécus.
A N M : Pourtant pendant les assises on a bien attendu les communautés allogènes prendre la parole et réclamer des postes politiques, ce qui légalement est légitime ?
A B : Vous savez on peut être adopté autochtone, c’est-à-dire vous avez passé toute votre vie, si votre parent meurt on l’enterre là, et non ailleurs, à ce niveau je pense on devrait avoir tous les droits. Mais si votre principale résidence même est ailleurs, en réalité vous n’êtes que là comme un travailleur, et que tout se joue dans votre propre village, ca veut dire qu’on ne peut pas vous donner toute la plénitude de l’idée d’être véritablement un autochtone. Par contre on peut être allogène et être maire parce qu’on y a développé des activités et qu’on a intérêt à les voir prospérer dans l’arrondissement où se trouve ledit investissement. Vous savez j’ai lu dans un post sur les réseaux sociaux qu’un Sénateur dans une région, lors du grand dialogue national convoqué par le chef de l’Etat représentait les intérêts de sa région d’origine, qui n’est pas la région où il a été élu, vous voyez un peu dans quelle situation on est, je pense qu’il faut aborder cette question avec beaucoup d’honnêteté.
A N M : l’année 2019 qui s’achève dans l’océan a été marqué par un accueil massif des populations venant des régions en guerre du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et tout ce que cela comporte comme impact socioéconomique, quelles mesures sont prises pour ces dernières ?
A B : Bien, merci d’évoquer cette question, je veux dire que nous ne créons rien dans l’océan, nous nous inspirons simplement de ce qui se fait ailleurs, nous avons demandé aux communautés locales de leur accorder un accueil d’abord humain, tel qu’elles se sentent chez elles, qu’il n’ait pas des propos discriminant, qui porteraient atteinte à l’intégrité morale de ces compatriotes déjà assez meurtris et vous me donnez l’occasion de féliciter les chefs de quartiers, et des communautés qui abattent un travail remarquable la dessus, pour justement s’assurer de l’intégration parfaite de nos compatriotes, je crois c’est vraiment à féliciter, malgré que nous ne disposions pas des moyens particuliers pour cela, encore moins d’un budget pour dire que nous allons aller au-delà. Tout ce que nous pouvons encore faire, c’est de sensibiliser ceux qui en ont, les moyens financiers ou matériels, afin d’y apporter une solidarité par divers dons et vous avez vu, certaines élites venir au secours de ces derniers pour un certain nombre de besoin, pouvant permettre un séjour plus ou moins agréable de ces compatriotes. Nous sommes allés plus loin, jusque dans les établissements scolaires, afin de veiller au strict respect de l’application des directives de la haute hiérarchie pour les enfants déplacés dans le processus de recrutement.
A N M : Est-ce qu’on a, à ce jour un chiffre sur le nombre de déplacés dans l’océan ?
A B : C’est difficile d’avoir des chiffres exacts, mais les sous-préfets sont informés, de la question et le travail est en train d’être fait, je peux vous assurer que d’ici peu, nous aurons des chiffres.
A N M : Quel est le retour que vous avez sur le terrain ?
A B : Je dois avouer qu’il est plutôt satisfaisant, ça marche. Je reçois régulièrement la communauté anglophone qui me l’exprime, ils ont même d’ailleurs écrit plusieurs fois, qu’ils se sentent chez eux qu’ils n’auraient pas crus que cela se ferait aussi bien. Il y a une grande satisfaction dessus vous pouvez l le vérifier par vous-même.
A N M : Une chance de voir ces derniers bénéficier de l’attention de la haute hiérarchie en 2020 ?
A B : c’est le souhait, je ne connais pas le calendrier du ministre de l’administration territoriale, mais je sais quand même, que nos populations ont revendiqués, elles ont mêmes écrit pour demander si ce bonheur ne peut pas leur être donné aussi ? Il est fort possible que le ministre s’y penche, mais encore une fois, c’est lui seul qui sait, c’est à lui qu’il faudrait poser la question du quand ?
A N M : Autre sujet d’actualité de 2019, vous avez été pris à partie dans les médias sociaux sur des faits de détournement de fond public de plus de 100 millions de francs, liés aux indemnisations des populations du projet de construction de l’autoroute Kribi-Lolabe, peut-on avoir monsieur le préfet votre version des faits sur la question ?
A B : Je crois certains parmi vous, qui au lieu de faire du journalisme sont devenus des sorciers, pure et simple, parce que je ne peux pas comprendre que quelqu’un soit quelque part, crée un mensonge et le propage dans la conviction de faire son travail ; c’est pourquoi quand j’écoute cette histoire pour moi, elle n’a ni tête, ni queue. Si je peux vous dire que ce monsieur dont il est question, même un merci verbal, je n’ai pas reçu de lui, je ne peux même pas le reconnaître si je le rencontrais dans la rue, depuis son départ de la commission départementale je ne l’ai plus jamais rencontré comment pourrait-il se faire qu’il soit revenu vers moi me donner de l’argent, c’est à couper le souffle quand j’écoute cette histoire… Rire. Certainement que les gens sont allés le voir, c’est-à-dire ceux qui ont perdu la partie, pensant faire du mal au préfet, mais la vérité finit toujours par triompher. C’est un faux problème, qu’il a inventé, c’est lui seul qui peut dire qu’est ce qu’il est en train de chercher.
A N M : sur le processus en lui-même ?
A B : Le processus se passe à Yaoundé, je voudrais vous dire que lorsqu’on a réalisé ce premier payement, j’ai été aussi informé comme vous, sur tant nombre de personnes que nous voulons désintéresser, et voici la liste, je n’ai pas contribué, ni à établir la liste, dans ce processus nous suivons à la lettre, les instructions de la caisse autonome d’amortissement, même pour les prochaines fois, c’est eux qui choisissent.
A N M : A un moment est ce que vous ne comprenez pas un peu, les cris des populations qui doivent attendre des décennies après être expropriées comme c’est le cas actuellement dans le projet de la route Kribi Grand-Zambi ?
A N : je les comprends parfaitement, parce que je vis avec elle, parce que c’est compliqué, c’est difficile, mais nous passons par des moments difficiles, qui peuvent justifier un certains nombres de retard dans le payement des indemnisations, des populations. Mais je puis vous assurer, que dès la situation se normalise l’Etat s’acquittera de ses obligations, parce que l’Etat paye toujours, peu importe le temps, l’Etat paye toujours. La Situation socio économique du pays avec les différentes crises que nous traversons, a fait en sorte qu’à un moment l’argent s’est fait rare, et ça s’est vu même au niveau de l’exécution du budget d’investissement public où ça été catastrophique, où les gens abandonnent les projets, parce que c’est difficile de payer les décomptes, parce qu’il n’y a pas d’argent, et ce n’est pas que nous ici dans l’océan qui avons ce problème c’est dans tout le pays. Et je voudrais encore profiter de la tribune que vous m’offrez pour rendre hommage à ces populations pour leur sens du patriotisme, c’est vraiment là, où on voit le patriotisme. Si on pouvait donner une médaille à toute une population je vous assure le ferrai pour toute ces populations.
A N M : 2019 aura été, sur le plan personnel pour vous, une année particulière, la médaille du chef de l’Etat et autres…
A B : Oui ça c’est un grand honneur de se voir décerner une médaille par le chef de l’Etat, et surtout d’être commandeur de l’ordre nationale de la valeur, je rends grâce à Dieu et je voudrais une fois de plus témoigner toute ma gratitude au chef de l’Etat pour cet honneur. Mais l’année n’a pas été que cela, on a connu des évènements très difficile, on a raté la mort sur des accidents de circulations, mais tout ça concoure effectivement à rendre grâce au bon Dieu.
A N M : L’année 2020, commence très fort sur le plan politique par les élections du 9 Février prochain, où en est –on justement avec le dispositif préparatoire dans l’océan ?
A B : Bien Que je sache en grande partie ce qui se passe parce qu’on me rend compte, mais concernant Election Cameroun, je ne peux pas en parler, mais sur le domaine sécuritaire je puis vous assurer qu’à notre niveau, toutes les dispositions sont déjà prises pour assurer un bon déroulement de ces élections sur l’ensemble du territoire du département de l’océan. J’ai déjà la liste de mes représentants pour vous dire que les choses avancent pour être prêtes le jour j.
A N M : Sur l’enjeu politique, on a le retour des partis d’oppositions dans la course en ce qui concerne les municipalités dans les arrondissements de Kribi premier et deuxième, quel commentaire et quelles sont vos attentes pour cette nouvelle mandature ?
A B : Ceux qui prennent la charge pour cette nouvelle mandature, je voudrais qu’ils soient des véritables patriotes. Qu’ils aiment leurs villes, qu’ils soient habités par la pensé que l’histoire retienne qu’ils sont passés dans ces communes comme étant les précurseurs du développement de la ville. Et si ce n’est pas cela rien ne suivra parce que, je le dis je suis là depuis quand même assez longtemps, parce que quand je regarde, on a souvent l’impression que les gens ont d’autres intérêts quand ils occupent des postes, quand vous suivez les actions, et parfois lorsque vous voulez leur parler du patriotisme, ils trouvent que vous rêvez, d’autres pensent même que vous êtes fous. Et donc il faudrait pour ces villes vraiment des gens passionnés pour le développement. Ce n’est pas un problème de moyens, d’abord, si on pouvait trouver deux passionnés, des amoureux, à la limité des fanatiques de la ville, et que ce soient eux qui vont constituer la tête de l’exécutif communal, je crois que Kribi va respirer, lais nous en sommes pas encore là, malheureusement parfois les gens qui choisissent ont d’autres intérêts, mais je voudrais pour la ville de Kribi qu’il n’y ait pas cette erreur parce que la ville a besoin, des hommes passionnés pour enfin décoller.
A N M : Cette mandature connaîtra de nouvelles lois, qu’est ce qui va changer dans la pratique ?
A B : Je crois qu’on n’a pas voulu changer de nom, mais en réalité, ils devraient être appelés les ministres locaux et ceux de Yaoundé, les ministres nationaux. Parce qu’ils vont avoir effectivement la gestion de leurs communes, avec un transfert de moyens et des compétences, et vous allez la magie, c’est comme quelqu’un qui avait un salaire de 300 milles et puis un matin il se retrouve avec 3 millions, il peut devenir fous. Il faut des gens qui ont de la tête sur les épaules pour pouvoir tenir dans les municipalités. Et vous comprenez que le développement de Kribi va désormais reposer sur les maires. Le reproche que l’on avait sur les ministres, seront sur les maires, et il faudra être des personnes tellement ouvertes, parce que désormais le texte les oblige, à publier leur décision, à ouvrir un site ou tout le monde peut entrer, poser des questions et exiger des comptes, on peut comprendre que ce n’est pas du maire qu’il s’agisse mais d’un autre. Et le corolaire c’est que le danger guette les maires de cette nouvelle législature, et vous allez voir que les uns et les autres vont penser que c’est beaucoup d’argent qui arrivent, beaucoup de compétence, vous verrez je ne veux pas prononcer le mot, mais si ce n’est pas des patriotes, je vous assure ce sera un malheur, donc c’est qui va changer. Ils doivent vraiment tout changer.
A N M : vous avez l’impression que dans l’océan il existe des hommes capables de répondre au profil des nouveaux maires ?
A B : Dans l’océan il ne manque pas de personne pour cela, il y a bien de gens dans ce département pour assurer cette mission, mais le plus souvent on assiste à des situations où on secoue la tête quand on voit celui qui a gagné. On se demande bien s’il a fait la magie, pour se retrouver là, mais bon, je crois qu’il existe vraiment des hommes compétents capable relever le défi.
A N M : OFTA est également un défi majeur, une attente pour tout un peuple monsieur le préfet ?
A B : Oui la première c’est la montée en première division, je pense qu’elle a les moyens pour cela, maintenant l’autre attente est de pouvoir inspirer les autres, c’est-à-dire qu’au niveau comportemental, au niveau de la gestion de l’équipe qu’on puisse fasciner les esprits et ça c’est aux dirigeants d’y veiller. Il faut une rigueur qui intéresse tout le monde.
A N M : Monsieur le préfet merci !
A N : C’est moi qui vous remercie, tout en vous souhaitant une joyeuse année dans votre carrière de journaliste et surtout du vrai journaliste ; qui vous est connu c’est-à-dire celui de l’investigation et qui dit la vérité sans crainte.



