Politique

Cameroun : la crise du scanning au port de Douala interroge la gouvernance

Une crise contractuelle majeure secoue le Port Autonome de Douala (PAD), révélant des divergences institutionnelles et des conséquences économiques directes pour les opérateurs. Le conflit, qui porte sur l’attribution du service de scanning des conteneurs, oppose la direction du port, le ministère des Finances (MINFI) et l’opérateur historique suisse Société Générale de Surveillance (SGS).

Une situation de cohabitation conflictuelle

Depuis janvier 2026, le PAD a attribué la concession du scanning à la société camerounaise Transatlantic D SA, estimant que le contrat de SGS était arrivé à son terme. Cette décision contredit la position du gouvernement, représenté par le MINFI et la Primature, qui soutient que le contrat avec SGS a été prorogé jusqu’en 2032. Cette dualité de positions officielles a créé une situation inédite où deux sociétés revendiquent le droit d’effectuer et de facturer le même service de contrôle.

Cette cohabitation forcée génère une confusion préjudiciable pour les usagers du port. Des industriels et importateurs se voient réclamer un paiement par les deux entités, SGS et Transatlantic D SA, pour un service unique. Cette incertitude contractuelle et administrative alourdit les procédures et les coûts pour les opérateurs économiques.

Un blocage institutionnel aux répercussions économiques

Les tentatives de résolution semblent buter sur des positions figées. Selon des observateurs, SGS Cameroun SA rejette l’initiative du directeur général du PAD d’engager des discussions sur son mandat. L’opérateur estime que seul le gouvernement, partie contractante initiale, est habilité à négocier. Ce rejet maintient un statu quo qui empêche toute clarification nécessaire.

Les conséquences de cette impasse dépassent le cadre administratif. Les perturbations dans la chaîne logistique du principal port du pays risquent d’entraîner des délais supplémentaires et des surcoûts. In fine, ces difficultés pourraient se répercuter sur les prix des produits importés pour les consommateurs camerounais, dans un contexte économique déjà marqué par des pressions inflationnistes.

Cette crise met en lumière des questions de gouvernance et de coordination entre les différentes entités publiques impliquées dans la gestion d’une infrastructure stratégique. L’incapacité à trancher rapidement un différend contractuel d’une telle ampleur et à imposer une ligne claire interroge sur les mécanismes de décision et d’arbitrage au plus haut niveau de l’État, dans un dossier aux implications économiques directes.

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