Cameroun : la gestion financière du championnat mise en cause

Le football professionnel camerounais traverse une crise de confiance quant à la gestion de ses ressources financières. Cette inquiétude survient alors que des clubs performants, à l’instar de la Colombe Sportive du Dja et Lobo, continuent de faire état de difficultés économiques majeures, en dépit de l’existence de plusieurs sources de financement.
Des ressources officielles mais un impact limité
Le championnat local bénéficie théoriquement d’un soutien financier combinant des subventions gouvernementales et un partenariat de sponsoring historique avec l’opérateur télécoms MTN. Ces fonds sont destinés à soutenir l’organisation des compétitions, la logistique et le développement structurel des clubs. Sur le terrain, la réalité contraste pourtant fortement avec ces engagements. De nombreuses équipes signalent des retards récurrents dans le versement des primes, des difficultés à honorer les salaires des joueurs et une incapacité à assumer les coûts opérationnels de base, tels que les déplacements.
L’appel à la transparence de la Fédération
Les récentes déclarations des dirigeants de la Colombe du Sud, un club pourtant cité en exemple pour ses résultats sportifs et sa stabilité administrative, ont relancé le débat. Elles constituent une interpellation directe adressée à la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot). En tant qu’instance gestionnaire principale, la Fecafoot est attendue sur une communication claire concernant les montants perçus, les critères de leur redistribution et l’identification des bénéficiaires finaux. La demande porte sur une reddition de comptes précise, considérée comme une étape indispensable pour restaurer la crédibilité du championnat.
Cette situation place l’élite du football camerounais à un carrefour décisif. La persistance d’un décalage entre les annonces de financement et la précarité vécue par les clubs risque d’affaiblir durablement l’attractivité et la compétitivité de la compétition nationale. L’exigence de transparence dans la gestion des fonds, qu’ils proviennent du secteur public ou privé, est désormais perçue comme une condition sine qua non pour assurer l’avenir du football professionnel au Cameroun.



