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Pr. Christopher Nsoh, « Le CEDIC plaide pour une intelligence artificielle au service de l’humain »

Pr. Christopher Nsoh, « Le CEDIC plaide pour une intelligence artificielle au service de l’humain »

Pr. Christopher Nsoh, « Le CEDIC plaide pour une intelligence artificielle au service de l’humain »

Le professeur des Universités et Directeur du CEDIC, s’exprime à l’occasion du colloque scientifique international sur le Droit international humanitaire (DIH) et l’intelligence artificielle (IA), organisé à Yaoundé. Il plaide pour un usage responsable de l’IA afin de protéger l’humanité face aux dangers que posent ces technologies.

L’intelligence artificielle transforme profondément la manière dont les conflits sont conduits. Lors du colloque, on a insisté sur l’importance d’articuler le Droit international humanitaire et l’IA. Dans ce contexte, quel rôle joue le CEDIC que vous nous présentez d’ailleurs ?

Le CEDIC est un centre d’études et de recherches en droit international et communautaire, avec un accent particulier sur le Droit international humanitaire. Notre objectif est d’étudier comment humaniser les conflits et réduire leurs conséquences pour les populations. L’intelligence artificielle représente aujourd’hui un défi supplémentaire. La guerre, dans sa logique, ne vise pas à tuer aveuglément mais à neutraliser un adversaire. Avec les systèmes autonomes, les dommages collatéraux deviennent plus difficiles à contrôler et à attribuer. Nous posons donc des questions fondamentales : qui est responsable si une IA cause des dommages pendant un conflit ? Est-ce le fabricant, l’utilisateur ou l’État qui l’emploie ? Comment protéger les victimes, souvent en situation de grande vulnérabilité ? Comment gérer le fait que l’on interagit désormais avec des machines capables de prendre des décisions autonomes ? Notre mission au CEDIC est de promouvoir l’humanité, protéger les civils et réfléchir à des mécanismes pour limiter les conséquences négatives des conflits armés. C’est pour cela que notre participation au colloque sur l’IA et la guerre est essentielle.

Avec la montée des systèmes d’IA dans les conflits, quelles solutions concrètes le CEDIC propose-t-il pour défendre l’humanité et encadrer ces technologies ?

Nous nous appuyons sur le Droit international humanitaire, qui reste la référence pour encadrer la conduite des conflits. Mais il est également crucial que l’Afrique prenne la parole. Nous ne pouvons pas laisser d’autres pays décider seuls des règles qui s’appliqueront sur notre continent. Il s’agit de réfléchir à notre contribution et à la manière dont nous pourrions adopter des cadres législatifs africains adaptés à nos réalités. Depuis sa création, le CEDIC œuvre à l’encadrement et à la promotion de la recherche, en organisant des activités qui permettent aux étudiants, chercheurs et professionnels de développer leurs compétences et d’approfondir leur compréhension du droit international. Nous veillons à ce que les discussions autour de l’IA et du DIH soient éclairées par la voix et les valeurs africaines.

Pour former les acteurs et décideurs aux enjeux de l’IA et du Droit humanitaire, quels dispositifs concrets le CEDIC met-il en place et comment contribuent-ils à la protection des populations ?

Le CEDIC propose une large palette de programmes destinés à la sensibilisation et à la formation. Nous organisons des séminaires sur la cybersécurité, la cybercriminalité et l’usage responsable de l’IA. Nous travaillons également sur un projet de texte visant à moderniser la réglementation africaine concernant l’intelligence artificielle. Au niveau académique, nous proposons des Masters en humanité, paix, sécurité et développement, ainsi que des cours certifiés de trois mois. Les “lundis cafés”, nos séminaires hebdomadaires, permettent d’aborder des thèmes comme le Droit international humanitaire et la protection de l’humanité. À ce jour, le CEDIC a déjà formé plusieurs milliers de personnes et continue de soutenir la recherche collective et individuelle, tout en organisant des manifestations scientifiques pour promouvoir l’excellence dans le domaine.

Le Droit international humanitaire est-il respecté en Afrique dans les conflits récents, et que faudrait-il changer pour que le continent prenne pleinement sa responsabilité ?

Le respect du DIH commence par l’adoption et la promotion de ces normes par nous-mêmes. Il est crucial que l’Afrique fasse entendre sa voix. Si nous ne participons pas activement, d’autres imposeront leurs règles, souvent sans tenir compte de nos réalités locales. Nous devons éviter que le continent soit utilisé comme terrain d’expérimentation ou de jeux stratégiques. Les États africains ont la responsabilité d’élaborer des lois éthiques et légales pour protéger les populations et encadrer l’usage des technologies dans les conflits. L’Afrique doit agir, proposer et décider pour elle-même, et non subir.

Propos recueillis par Guillaume Aimée METE

 

 

 

 

 

 

 

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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