
Cameroun-Deuxième conférence semestrielle des gouverneurs : clap de fin sous le signe de la vigilance et de la discipline républicaine
La deuxième conférence semestrielle des gouverneurs de régions pour le compte de l’année 2025 s’est achevée ce 26 novembre 2025 à l’Hôtel de Ville de Yaoundé, sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Placée sous le thème : « Autorités administratives et maintien de l’ordre en période postélectorale », la rencontre s’est déroulée dans un contexte encore marqué par les tensions ayant suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Un rappel à la fermeté face aux troubles postélectoraux
Dans son discours de clôture, le ministre Atanga Nji Paul a invité les dix gouverneurs à faire preuve de fermeté, de vigilance et de discipline républicaine. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la quiétude dans les localités où des troubles ont été observés dans les jours suivant le scrutin.
Le MINAT a déclaré que ces tensions avaient permis de mettre en lumière ce qu’il qualifie de « vaste complot insurrectionnel contre la République », impliquant des acteurs politiques qu’il décrit comme « mauvais perdants ». Il a réaffirmé que tous les instigateurs et participants devront répondre de leurs actes devant la justice, rappelant que l’agrément accordé aux partis politiques n’est pas une licence pour « saboter les institutions républicaines ».
Il a également dénoncé l’attitude de certaines formations politiques qui, au lieu de contribuer à l’édification nationale, se sont « égarées dans des dérives contraires à la vision de paix, de stabilité et de démocratie du chef de l’État, Son Excellence Paul Biya ». Atanga Nji a rappelé les propos du Président de la République, tenus lors de son discours du 6 novembre 2025, selon lesquels « le Cameroun est notre patrimoine commun… Nous devons le construire, le solidifier, le moderniser, et non le détruire ».
Des recommandations fermes pour la sécurité nationale

Le ministre a décliné une série d’instructions précises, réparties en deux volets.
1. Sur le plan sécuritaire :
renforcement du renseignement prévisionnel ;sécurisation accrue des axes routiers ;quadrillage des centres urbains, zones rurales et frontalières ;intensification de la lutte contre le terrorisme, le grand banditisme, le trafic de drogues et autres formes de criminalité.
2. Sur le plan administratif et politique :
surveillance renforcée des activités des partis politiques, ONG et associations ;suivi du secteur des motos-taxis, souvent au cœur de désordres urbains ;obligation de rendre compte sans délai de tout dysfonctionnement dans la mise en œuvre des grands projets de développement, essentiels à la vision des « grandes espérances » portée par le chef de l’État.
Un bilan des travaux axé sur sécurité, désinformation et cohésion
Avant la clôture, le secrétaire général du MINAT, Yves Christian Edoa Effa, a présenté le rapport général des travaux. Il est revenu sur les contributions du secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie, Galax Etoga, et du secrétaire général de la DGSN, le commissaire divisionnaire Dominique Baya.
Les échanges ont permis d’évaluer :
la situation sécuritaire nationale ;le phénomène du grand banditisme ;la recrudescence des accidents de la circulation et la montée de la désinformation sur les réseaux sociaux, identifiée comme un facteur aggravant des tensions postélectorales.
MINAT appelle au civisme et salue les forces de défense

En clôturant les travaux, le ministre Atanga Nji a appelé les gouverneurs à une mise en œuvre rigoureuse des recommandations, pour garantir la stabilité nationale conformément aux « très hautes prescriptions » du Chef de l’État. Il a salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité dans la gestion des troubles postélectoraux.
Il a également prescrit la sécurisation des prochaines élections régionales du 30 novembre, la lutte renforcée contre la drogue, le terrorisme et le désordre urbain, ainsi que l’intensification de la communication avec les populations.
Un geste du Chef de l’État pour une administratrice éprouvée
La cérémonie s’est achevée par un moment hautement symbolique : la remise du don spécial du Chef de l’État à Annie Barbara Wanko Wankam, épouse Sangon Lecco, sous-préfet de l’arrondissement de Bandja (Haut-Nkam). Ses bureaux et son véhicule avaient été incendiés par des assaillants durant les heurts postélectoraux. Ce geste vise à exprimer le soutien de la plus haute autorité de l’État aux serviteurs de la République victimes d’actes de violences.



