Politique

Cameroun : les Zomlo’o interpellent la justice après un assassinat

Les autorités traditionnelles du peuple Ekang Beti Benanga, connues sous le nom de Zomlo’o, ont officiellement saisi le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Laurent Esso. Cette démarche fait suite à l’assassinat, début janvier 2026, de Marie Louise Mballa Ntsama, une ressortissante franco-camerounaise.

Une enquête sous le feu des critiques

Dans leur correspondance, les dignitaires expriment une vive inquiétude quant à l’avancement des investigations. Ils déplorent un manque d’informations de la part des autorités judiciaires et policières sur la progression du dossier. Pour les Zomlo’o, ce silence institutionnel contraste avec la médiatisation et les développements judiciaires observés dans d’autres affaires criminelles récentes, ce qui crée un sentiment d’inégalité de traitement.

Ils soulignent des similitudes dans le mode opératoire avec d’autres crimes violents non élucidés, ce qui, selon eux, devrait accélérer la procédure. L’absence d’interpellations de présumés responsables, à ce stade de l’enquête, est vivement dénoncée.

La menace de recours aux rites traditionnels

Face à ce qu’ils perçoivent comme une inertie des autorités, les guides traditionnels ont évoqué la possibilité de recourir à des rites coutumiers. Ces pratiques spirituelles, propres à leur culture, viseraient à identifier et à sanctionner symboliquement les auteurs du crime. Ils invoquent l’exemple d’actions similaires menées par le passé, qui auraient, selon eux, conduit à des avancées dans d’autres dossiers.

Les faits remontent à la nuit du 6 au 7 janvier 2026. Marie Louise Mballa Ntsama, de retour au Cameroun depuis deux jours pour des vacances, a été retrouvée morte à son domicile du quartier Mvan, à Yaoundé. Les premières constatations indiquent une intrusion et un décès par arme blanche. Les forces de l’ordre ont ouvert une enquête et placé en garde à vue le gardien de la résidence, considéré comme un premier suspect. Un avis de recherche national a également été émis concernant un individu nommé Mamadou Baba, soupçonné d’être impliqué dans ce meurtre.

Cette affaire place une nouvelle fois les institutions judiciaires camerounaises sous le regard attentif de la société civile et des autorités traditionnelles, qui réclament transparence et célérité dans la recherche de la vérité.

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